“Publier peut être une provocation, mais pas écrire”

Entretien de Virginie Andriamirado avec Raharimanana

Za, magnifique dernier roman de Raharimanana aura laissé plus d’un lecteur – public ou critique – sans voix. Parce qu’il entraîne ses lecteurs sur d’autres sentiers, Za étonne, perturbe, fascine, rebute parfois. De passage à Bordeaux le 9 février dernier (1) pour présenter son roman, Raharimanana a raconté la naissance de Za et en quoi son écriture répondait à une nécessité d’investir une langue personnelle.

Za, pourquoi ? Kangni Alem (2), lance un jour l’idée d’un recueil collectif autour du huitième péché en référence aux sept péchés capitaux. Je ne savais pas trop ce que cela signifiait mais pour lui faire plaisir, j’ai décidé de me mettre à écrire. J’ai réfléchi à ce que pouvait bien être le huitième péché et je me suis dit que ça pouvait être le Za vous emmerde. J’ai donné la nouvelle à Kangni et j’ai eu envie de prolonger ma réflexion. On nous parle tout le temps de la question de la langue française et je me suis dit qu’il fallait que j’emmerde aussi la langue française. Mais ces explications en cachent peut-être d’autres. Le véritable point de départ, c’est ce personnage de Za qui se trouve dans une misère pas possible mais aussi dans une situation identitaire figée. Je ne parlerais pas d’une double identité mais d’une identité figée entre l’identité “française” et “malgache”. L’utilisation de cette langue qui est à la fois ici et...

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