Cinéma/TV

Cinéma/TV


De Jean-Jacques Ondoa

Trois ans auparavant, Julie Dossavi, danseuse renommée qui anime à Poitiers avec son mari Gérard Gourdot la compagnie « Les Géographes », rencontre Elise Mbala, responsable de l’association camerounaise Meka qui œuvre pour la visibilité de la danse contemporaine, notamment en organisant le festival Abok i Ngoma. C’est le déclic. La danseuse d’origine béninoise comprend qu’il lui faut davantage travailler en Afrique. La résidence chorégraphique de septembre-octobre 2003 à Yaoundé en sera la concrétisation : « ça me donne de la force ! » La qualité de ce documentaire est de faire sentir cette force. Et cela dès l’impro de départ. Des images de…

De Spike Lee

Spike Lee n’a pas son pareil pour fabriquer des outsiders modernes à coups de références éthiques et cinématographiques. Tout cela sent la glue sentimentale mais la mayonnaise prend à force de décalages, d’inscription dans le vécu africain-américain, de musique et d’esbroufe. Ce businessman bien bâti qui perd son boulot par son intégrité se retrouve à engrosser des lesbiennes en désir d’enfant pour survivre. C’est parfaitement improbable et inénarrable mais ça fonctionne ! Le Noir bombe sexuelle et force morale s’en trouvent renforcés : Lee aime jouer avec les clichés et en profite, à l’heure du scandale Enron, pour épingler au…

De Hassan Legzouli

Cela commence comme des ablutions avant le rituel : c’est en lavant sa voiture que Nordine (Roschdy Zem, excellent) apprend la mort de son père. Cette voiture estampillée du nom de son garage restera le lieu d’un huis-clos entre lui et son père qu’il ramène dans son cercueil au Maroc pour respecter sa dernière volonté : être enterré dans son village natal. Même, dans une scène d’une étonnante justesse, un dialogue direct s’instaure entre le père et le fils. Car ce film ose beaucoup mais ne force jamais. Son rythme est à la mesure des petites touches qu’il pose peu…

De Mokhtar Ladjimi

Une grand-mère dit un conte sur un toit, au milieu des paraboles. Mais le charme ne tient pas : un gamin lui lance qu’on ne lui a pas demandé la météo et le groupe s’égaye en tous sens lorsqu’un autre arrive déguisé en Spiderman. La communication moderne s’immisce ainsi dans la sphère traditionnelle mais elle a ses limites. Car sur cette terrasse encombrée de paraboles, ce ne sont que les messages d’ailleurs qui passent. Les magouilles sur un chantier n’y seront pas dénoncées, par exemple. Et les enquêtes du journaliste Hamid seront systématiquement amputées. C’est ainsi dans la dénonciation de…

De Moez Kamoun

Cela commence dès le jeune âge par l’école coranique et la fascination pour la Mercedes venant de Tunis. Abbes, Sassi et Saad : trois garçons, à la fois unis et tendus dans la concurrence. Après s’être étripés en bas des dunes, Abbes promet de ne pas toucher à Khadija, parole d’homme… Devenus adultes, la parole est loin d’être tenue et que sont les hommes devenus ! Entre Abbes, l’éditeur fauché, Sassi, universitaire radié, et Saad, le boutiquier trompé, se met en place un jeu fait d’hypocrisies et de manipulations dont on sent bien qu’il est la traduction intime de la…

Les images de l'article




D'Oussama Fawzi

J’aime le cinéma sonne comme son titre comme un manifeste. Un enfant d’une famille orthodoxe de Choubra, en 1966, dialogue avec son père sur l’enfer et se rend vite compte que cette façon de terroriser sa famille ne conduit qu’à un mensonge généralisé. La naïveté enfantine se transforme vite en espièglerie et en ruse pour réaliser son principal dessein : aller contre l’interdiction du père d’aller au cinéma. Le film, très drôle, est une série de scènes parfois épiques, de quiproquos vaudevillesques, mais ne sombre jamais dans la caricature malgré des caractères extrêmes. Cela tient sans doute au permanent décalage…

De Mohamed Zran

Il y a dans Le Prince la volonté bien sympathique de suggérer par la fiction le vide béant face auquel se trouve la jeunesse tunisienne : chômage des diplômés, crispations dans les relations familiales, société à deux vitesses sans pont d’accès aux sphères plus aisées, formatage de la pensée, corruption et répression. Le décor de cet amour passionné d’un jeune apprenti fleuriste pour une directrice de banque est ainsi chargé de désespérance vécue au quotidien, tant et si bien que le sujet du film, les essais fleuris d’un amoureux transis pour exprimer son amour à une femme inatteignable, laisse peu…

Le palmarès des JCC 2004 témoigne de la renaissance et du renouveau de certaines cinématographies africaines.

Les images de l'article
Suleman Ramadan reçoit le Tanit d'argent © O.B.
Zézé Gamboa reçoit le prix COE des mains d'Alessandra Speziale © O.B.
Omar Khlifi, premier réalisateur tunisien avec L'Aube (1966) reçoit un hommage du festival des mains du ministre de la Culture © O.B.
Ibrahim Letaïef entre le ministre de la Culture et Tarek Ben Ammar © O.B.
Mustapha Adouani, acteur tunisien, reçoit un hommage du festival des mains du ministre de la Culture © O.B.
Les critiques rassemblés pour le débat sur la critique ! © O.B.
Les critiques délégués du réseau Africiné se réunissent au siège de la Fédération tunisienne des ciné-clubs © O.B.
Le bureau élu de la Fédération africaine de la critique cinématographique © O.B.
La sortie du Colisée © O.B.
Mouna Noureddine, actrice tunisienne, directrice de la troupe municipale de Tunis, reçoit un hommage du festival © O.B.
Rokhaya Niang reçoit son prix © O.B.




De Ridley Scott

« Seuls les morts ont vu la fin de la guerre ». Le dernier film de l’auteur de Blade Runner commence par cette phrase de Platon et l’on se dit qu’il pourrait être une méditation sur la mort ou la guerre. Que nenni… L’attaque commando de l’armée américaine du 3 octobre 1993 à Mogadiscio pour capturer deux chefs de guerre et mettre fin aux affrontements en Somalie s’est soldée par un sanglant carnage et une misérable débâcle : elle réveille un nids de frelons, comme le fait remarquer le général interprété par Sam Shepard – c’est tout un quartier de Mogadiscio qui…

De Ramadan Suleman

Le film commence sur la déclaration de l’Etat d’urgence et des images saccadées. Il n’y a là aucune esthétisation gratuite : c’est bien d’une période d’accélération de l’Histoire qu’il s’agit, d’un temps difficile à saisir où les faits sont si lourds en affects qu’ils se chargent d’imaginaire, où la vérité est volontairement masquée. Zulu Love Letter dévoile une mémoire complexe, chargée de douleur et de colère. Situé en 1996, deux ans après les élections de 94 qui ont amené Mandela au pouvoir, faisant référence à un assassinat perpétré dix ans auparavant, il est en fait d’une brûlante actualité pour signifier…

Les images de l'article
Mangi dans le couloir
Mangi et Thandeka
Ramadan Suleman et ses actrices
Thandeka et Me'Tau
Thandeka au mariage zoulou




Entretien d'Olivier Barlet et Mohammed Bakrim avec Ramadan Suleman à propos de Lettre d'amour zoulou

Tunis, octobre 2004

Olivier Barlet :Pourquoi revenir à la période qui suit immédiatement l’apartheid, un moment où les gens sont encore fortement traumatisés et où la Commission Vérité et Réconciliation n’a pas encore fait son travail ? Le gouvernement avait déjà annoncé les grands projets publics mais en tant que cinéaste, ce qui m’intéressait était le privé : comment réagissent les personnes ? Je me sens concerné par la grand mère qui marche en solitaire dans les rues du township et qui porte des émotions indescriptibles. Votre film n’est pas isolé : « Highjack Stories » d’Oliver Schmitz insistait aussi sur le décalage entre le…

Entretien d'Olivier Barlet avec Hassen Daldoul, producteur tunisien

Rabat-Salé, septembre 2004

Après des dizaines d’années d’expérience de producteur tunisien, quel bilan ? C’est désolant à dire, mais en Tunisie nous sommes entrés dans une crise qui va, à mon avis, s’amplifier, et qui s’étend à toute l’Afrique du Nord. Et cela alors même que les aides du ministère de la Culture financent maintenant jusqu’à 500 000 dinars et que la télévision participe pour 100 000 dinars, obligation de coproduction décidée par le Chef de l’Etat, soit un total de 600 000 dinars (420 000 euros), ce qui représente de 20% à 80% du budget d’un film. La crise tient au fait que…

Entretien d'Olivier Barlet avec Mata Gabin

Paris, septembre 2004

Elle tourne avec Lucas Silvas, cinéaste colombien, un film intitulé Colombiafrica Queen of heart (Colombafrique, reine du cœur) puis sera dans My body’s my home (mon corps est mon pays) de Stéfan Sao Nelet. En parallèle, elle joue au théâtre dans La femme d’un autre de Caroline Cohen, prépare un One Woman Show, est choriste dans le groupe Charles Najman and the band… A la fois actrice, comédienne, danseuse, chanteuse et dramaturge, Mata Gabin est l’étoile montante qui réussit à sortir des rôles stéréotypés dévolus aux Noirs.

Le 1er festival international du film de Salé au Maroc (7-11 sept. 2004) a sélectionné pour sa compétition treize films de treize pays différents sur le thème « Ecrans de femmes » et se place ainsi comme le premier festival africain à prendre la thématique féminine comme ligne éditoriale. Mais de quel écrans de femmes parlait-on ?

Les images de l'article
La cérémonie de clôture © O.B.
L'entrée des salles © O.B.
Un hommage a été prononcé lors de la cérémonie de clôture à l'actrice égyptienne Faten Hamama © O.B.
L'infrastructure de projection en plein air près des remparts de la vieille ville de Salé © O.B.
L'intervention d'Abdelkader Lagtaâ lors de la table-ronde © O.B.




Réaliser un film au Maroc a toujours été une entreprise à risque qui induit une responsabilité plus ou moins lourde et qui se transforme parfois, pour ne pas dire souvent, en une frustration plus ou moins douloureuse.

Un documentaire sur le Joola

L'orchestre Diamoraye : une autre vie après la tragédie

Alors que Moussa Touré monte son documentaire enquête qui fait déjà couler de l’encre à Dakar, un autre film coproduit par le Media-Centre de Dakar s’attache à un orchestre décimé par la catastrophe. L’article d’Omar Diouf paru dans le quotidien Le Soleil de Dakar.

De Gordon Parks

Détective de choc

John Shaft est le détective privé le plus cool de Harlem. Il ne roule pas en Aston Martin, ne possède pas de stylo explosif et ne finit pas ses aventures sous les palmiers d’une île tropicale. Rien de tout ça ne l’empêche d’être un véritable tombeur qui résout ses enquêtes sans sourciller face au danger. Sa mission : retrouver la fille de Bumpy Jonas, baron de la drogue sur lequel la mafia blanche fait pression. Il va réussir en s’associant à un groupe de militants noirs qui a le plus grand besoin de l’argent de Bumpy pour… lutter contre lui. Shaft…

Du 27 février au 4 mars 2004, ArtMattan Productions (1) présentait à l’Anthology Film Archives de New York « Music and Soul in the African Diaspora », une série de 9 films en provenance d’Afrique, d’Amérique du Sud, de la Caraïbe, des États-Unis et d’Europe. Deux courts métrages sud-américains programmés en tandem ont fait sensation : il s’agit de Candombe, un docu-drama de Rafael Deugenio (1993) et de Susana Baca : Memoria Viva, un documentaire de Marc Dixon (2002). Leur succès tient certainement à la qualité de la narration et des images, mais peut-être plus encore à l’originalité des sujets traités. Car il faut bien…

Les images de l'article
© Artmattan Productions




1 98 99 100 101 102 144