Cinéma/TV

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Entretien d'Yvette Mbogo avec Mérimé Padja, directeur du festival Yaoundé-tout-court

Sans subvention véritable, Mérimé Padja a fait d’un coup d’essai un coup de maître. La première édition du festival Yaoundé tout court, consacré à de jeunes réalisateurs, s’est tenue en septembre 2003 au Centre culturel français François Villon à Yaoundé et a fait salle comble.

Social et politique : le festival de Cannes 2004 l’aura été jusque dans sa palme d’or, attribuée à malgré sa faible valeur cinématographique à Michael Moore pour son brûlot anti-Bush. Des manifestations des intermittents du spectacle aux grévistes de l’hôtel Carlton, il n’y avait pas que le soleil et les stars américaines (de retour après le froid de l’année dernière) pour chauffer la Croisette. Les intermittents luttent pour défendre leur statut, il est vrai tout à fait privilégié dans le contexte mondial puisqu’il sert la création culturelle en lui permettant de vivre en dehors des moments de création proprement dits.…

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Palais du festival © OB
Manifestation d'Intermittents © OB
Manifestation d'Intermittents © OB
Le succés de Youssef Chanine © OB
La Croisette © OB




De Belkacem Hadjadj

Trois jeunes partagent un appartement à la Jules et Jim. Quand on lui demande lequel de Fawzi et de Ramdane elle aime le plus, Asma répond qu’elle en aime un troisième : Ramzi. Cette amitié presque fusionnelle va éclater avec la plongée de l’Algérie dans le drame qui se précise avec les événements d’octobre 1988. Le film se fait volontiers documentaire, ponctuant par des encarts et des images d’archive l’enchaînement qui conduira à la victoire du FIS aux élections et l’interruption du processus électoral. Alors que le journaliste Fawzi et l’étudiante Asma défendent ardemment la démocratie, Ramdane vire vers l’intégrisme.…

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El Manara




Entretien de Sophie Berdah et Benjamin Bibas avec Simone Biton

L’armée russe en Tchétchénie, l’ancienne société est-allemande, la « clôture de sécurité » israélienne empiétant sur les territoires occupés, le Rwanda dix ans après le génocide. Autant de contextes où l’acte de filmer se heurte à un ordre politique ou social maintenu par la force. Pour les réalisateurs concernés, cela suppose de se confronter à des contraintes susceptibles d’entraver le développement de leur propos cinématographique. Dans une série d’entretiens, des cinéastes présents à Lussas proposent leurs solutions.

De Simone Bitton

Particules inséparables

Comment ne pas condamner le gouvernement israélien ? Comment ne pas soupçonner le transfert forcé de population ­ modalité internationalement reconnue de crime contre l’humanité ­ lorsqu’un village entier est coupé de ses terres fertiles ? Comment même ne pas craindre une forme de génocide, dès lors que la malnutrition infantile fait son apparition dans les territoires occupés les plus isolés ? (1) Ces préoccupations, prégnantes depuis l’accession d’Ariel Sharon au poste de Premier ministre en février 2001, ont été avivées par la construction dès juin 2002 de la « clôture de sécurité » par laquelle Israël entend se séparer des Palestiniens…

Entretien de Sylvain Baldus et Benjamin Bibas avec Denis Gheerbrant à propos de Après (Un voyage dans le Rwanda)

Dans le processus d’élaboration et de distribution de votre film, quelles contraintes avez-vous rencontrées ? Même s’il a été tourné dans un pays de gouvernement totalitaire, Après est un film que j’ai fait dans la plus grande liberté qui m’ait jamais été donnée. Je n’avais pas de diffuseur, je travaillais seul, j’ai monté pendant un an, je me suis donné une simple et unique règle – aller comprendre et filmer le fait d’aller comprendre –, et rien ne m’a empêché de la tenir. Mais certaines contraintes idéologiques ont été extrêmement pesantes. Faire un film sur le génocide rwandais, c’est ajouter une pierre dans…

De Khalo Matabane

Le film est bâti sur un dispositif contraignant : ne pas sortir la caméra de la camionnette duquel il est tourné. Les personnages visités (le réalisateur va voir ses vieilles connaissances) acceptent tous de parler à proximité ou dans cet espace clos tandis que la camionnette poursuit sa route, offrant le défilement des décors. Cet enfermement qui finit par peser évoque le vécu d’un pays opprimé, encore confiné dans son propre espace. Il entre en résonance avec les limites encore vives entre Blancs et Noirs évoquées tour à tour par un habitant de Soweto disant qu’il est difficile de mettre…

De Teboho Edkins

Ce qui réjouit dans Si tu veux savoir, je suis positif, c’est l’âge du réalisateur ! A 23 ans, Teboho a le même âge que ses sujets, trois Noirs qui s’enfoncent dans le Lesotho avec un cinéma mobile pour prévenir une population déjà à 30 % positive. Ayant grandi au Lesotho avant de partir aux Etats-Unis puis en Allemagne, il partage leur langue aussi bien que leur souci de ne pas voir l’Afrique australe submergée par l’épidémie. Les films de la série Steps for the future sont là comme outils de prévention, avec leur beau slogan : « Actually, life is…

De Nedia Touijer

En introduction, le chaos d’une caméra empêchée de filmer : pieds, mains, mouvements, et une cinéaste qui défend son travail face à des hommes qui veulent la cassette ou sinon la caméra. L’image les met en danger : leur activité n’a pas de statut légal et ils craignent que des images dans les journaux ne les mettent à jour. La cinéaste respectera cet interdit : nous ne verrons jamais l’homme qui parle, parfois son ombre furtive, pourtant la seule voix du film. Mais cet interdit d’image, dont on connaît la résonance en terre d’islam, servira de point de vue :…

De Brahim Fritah

Pour la faire entrer en France, ce couple qu’elle appelle ses « protecteurs » fait passer cette femme togolaise de 32 ans pour leur fille de 16 ans. A son arrivée, il lui prennent son passeport et l’exploitation commence : un service permanent, sans salaire ni sortie. Et pour la retenir, la menace de ne plus aider la famille. L’enfermement de l’esclavage moderne. Une porte fermée, une serrure suffisent à l’exprimer. De même que de cette femme « non présentable », dont nous entendons l’émouvant récit, nous ne verrons que des bribes de photos, avant qu’elle n’accède finalement à l’image, après le procès et…

Il pleuvait beaucoup aux Etats généraux du film documentaire de Lussas (Ardêche) cette année, au grand dam des nombreux campeurs de ce festival rural mais aussi des organisateurs devant affronter les coupures de courant et le danger des éclairs pour les lampes des vidéo-projecteurs. Les éléments accompagnaient ainsi en ce mois d’août la gravité du propos, tant les films projetés reflétaient les menaces qui pèsent sur le monde. Le Rwanda était au cœur de la programmation, mais aussi de la réflexion du festival sur les limites de la représentation, lequel présentait une quinzaine de films d’Afrique ou sur l’Afrique.

By Joël & Ethan Coen

That good old mix of killer stereotypes

[Cet article est pour le moment disponible exclusivement en anglais]

De Taïeb Louhichi

Lorsqu’il avait fait L’Ombre de la terre en 1982, son premier long métrage novateur et magnifique sur l’acculturation forcée des populations du désert, Taïeb Louhichi avait amorcé un défi qui ne le quittera pas : exprimer par le cinéma un imaginaire prophétique ancré dans les réalités du monde, et notamment du Sud tunisien dont il est issu. Dans Laylâ ma raison, il explorait l’idéalisation mortifère de la femme à partir du texte du poète Qais-Mejnoun (7ème siècle). Avec Noces de lune, il tentait une approche symbolique des devenirs adolescents. Mais ce dernier film fut mal reçu et ses nouveaux projets…

De Christiane Succab-Goldman

Toutes les personnes qui seront interviewées dans le film défilent au début en une longue litanie indiquant leurs origines multiples : ces 200 000 habitants qui peuplent une Guyane essentiellement concentrée dans les villes forment une étonnante mosaïque. Qu’est-ce qui fait donc ce « nous », l’unité d’un pays dont la population a quadruplé en peu de temps par apports successifs de la planète entière ? Et si c’était l’aberration dénoncée par la députée Christiane Taubira de 30 % de taux de chômage malgré l’extrême richesse du sol et du sous-sol ? Une société hors-champ, laissée pour compte, qui a du mal…

De Dahmane Bouaziz

Un animateur de quartier à St Etienne cherche à comprendre comment Le Pen a pu se retrouver au deuxième tour de la présidentielle. Il se penche sur le mouvement immigré et constate à quel point son Histoire est mal connue. « Il était une fois » : il entreprend de la rappeler. Lorsqu’en 1981, Giscard et Mitterrand s’affrontent lors de leur célèbre débat télévisé, il n’est pas une fois question des immigrés. En 2002, ils sont au centre du débat, avec la question de la sécurité. L’arrivée des socialistes au pouvoir en 81 signifie l’arrêt des expulsions mais pas de la violence…

Valério Truffa est directeur de la photographie et réalisateur. Depuis janvier 1999, il est engagé dans la création d’une école de cinéma et télévision au Bénin, L’Atelier Fiwe, qui doit démarrer en octobre 2004.

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De Khaled El Hagar

Ainsi donc, ce père qui n’était pas un modèle oblige après sa mort ses trois filles de mères différentes et qui ne se connaissent pas à vivre ensemble un an dans son appartement pour toucher son confortable héritage. Bien sûr, les trois sœurs sont très typées, du maternel au renfrogné, de vrais masques de la comedia del arte. Il ne manquait plus qu’un homme pour les faire bouger. Voilà justement qu’un psychiatre vient de s’installer dans l’appartement d’à côté. Le jeu d’observation va dans tous les sens : les sœurs entre elles, le psychiatre qui s’intéresse aux femmes, et les…

D'Isabelle Boni-Claverie

Pour la nuit, c’est déjà un manifeste en soi, une invitation à plonger dans ce moment d’entre deux où les ombres prennent le dessus mais où les corps et les êtres se révèlent. Avec des éclairages de côté sur les visages et une caméra privilégiant le gros plan, tout le film baigne dans un noir et blanc de contraste. Le noir et blanc permet de se concentrer sur des détails, de mettre les corps en exergue, de recentrer la relation au spectateur sur l’essentiel, de l’ouvrir à l’intime des personnages, de faire d’eux des caractères avant même qu’ils ne parlent,…

Face à l’émergence d’une riche création documentaire dans le monde arabe, la Biennale des cinémas arabes 2004 lui a consacré une compétition spéciale et une table-ronde (cf. « Le documentaire dans le paysage audiovisuel arabe » également sur notre site africultures.com). La sélection fiction était elle aussi très riche.

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De gauche à droite : un acteur de "Nuits blanches", Jean-Pierre Lledo (Algérie mes fantômes), Mirna Maakaron (mention pour BerlinBeirut), Danielle Arbid (Dans les champs de bataille), un acteur et une actrice de "Nuits blanches", Mohamed Asli (A Casablanca, les anges ne volent pas), Hichem Ben Ammar (ô Capitaines des mers), Nizar Hassan (Invasion), Annemarie Jacir (Comme vingt impossibles, prix IMA du court métrage de fiction, Palestine/USA).




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