Cinéma/TV

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De Jean-Marie Teno

J’ai vu Vacances au pays à Berlin, lors d’une semaine de cinéma africain organisée par la Maison des Cultures du Monde. Une délégation de dirigeants camerounais se trouvait justement en visite officielle dans la ville. Ils se rendirent à la projection du film de leur compatriote, prononcèrent des discours convenus avant et s’éclipsèrent prudemment après, sauf quelques députés restés pour participer au débat. Après les images implacables, leurs essais de justification firent rire la salle aux éclats. Même si leur naïveté accusait leur incompétence, on assistait une fois de plus à la vieille projection sur le bon sauvage peu évolué…

De Kamel Cherif

Azouz Begag et Calixthe Beyala ont déjà pillé le thème : comment les enfants de l’immigration vivent le déphasage des pratiques culturelles communes en France. Premier Noël y ajoute le burlesque à l’image, sans tomber dans le cliché naïf. Un enfant tunisien de 7 ans apprend à l’école l’existence du Père Noël et y fait croire sa famille, ce qui ne va pas sans drames… Une comédie bien enlevée.

De Jean-Philippe Gaud

Un restaurant à couscous : le cuisinier veut vider le plongeur noir. Une cliente arrive, son charme détonnant transporte le patron. Elle veut un bœuf bourguignon, bien sûr absent de la carte. Seul le Noir sait le faire et le patron fait la plonge… le temps d’un plat. Une idée somme toute banale de court métrage qui devient une vraie réussite par le primat de l’image sur le texte et un scénario de situation bien agencé. Ou l’art d’en dire beaucoup avec humour en quelques images et quelque minutes.

De Balufu Bakupa-Kanyinda

Trois soldats désabusés papotent en montant une garde décontractée devant la résidence d’un général. L’état du pays est dressé avec humour, en quelques phrases assassines, un état de dépendance et non d’indépendance. Un 15ème article est trouvé à la Constitution :  » Citoyens, débrouillez-vous !  » Illustration : un citoyen urine là où un panneau l’interdit et les soldats s’empressent d’appliquer l’article 15. Mais  » les chemins de la forêt sont très compliqués « , dira un soldat et c’est l’article 15bis qui s’appliquera : le rire triomphateur du vaincu. Balufu renoue ainsi avec la verve sarcastique et dénonciatrice qui faisait merveille dans Le Damier. Même s’il reste dans…

De Balufu Bakupa-Kanyinda

L’idée est d’enfer : l’amour survolté de Blasty pour Céli ne passe que par de nouvelles piles pour son poste radio. Mais le courant ne passe pas : la bête de scène qu’est Bomou Mamadou dans les tous les spectacles du Ki-Yi M’bock de Were Were Liking apparaît figé à l’écran. Le montage peine à restaurer du rythme et le spectateur perd le fil. Décevant.

De Dominique Deluze (France)

D’octobre 97 à mars 98, le Royal de luxe se rend au Cameroun et revient avec deux créations. Un spectacle de rue monumental avec 55 musiciens du Burkina Faso et un  » petit géant  » noir de 6,5 mètres et un spectacle de marionnettes en matériaux de récupération : Petits contes nègres titres provisoires, créé à Nantes en juin 99, et repris en Avignon en juillet. Le film – chronique du voyage du Royal de Luxe dans une Afrique où, selon le dossier de presse,  » le théâtre, qu’il soit indigène ou d’importation, n’existe pas  » – souffre d’un dangereux postulat qui ne cesse de…

Entretien d'Olivier Barlet avec Sotigui Kouyaté

Après avoir joué en Afrique dans des pièces de théâtre et dans des films comme FVVA : Femme, villa, voiture, argent et Toula ou le génie des eaux (Mustapha Alassane, 1972 et 1973) et Le Médecin de Gafiré (Mustapha Diop, 1983), le Burkinabè Sotigui Kouyaté arrive en France en 1984 à la demande de Peter Brook. Il travaillera avec lui plusieurs années, du Mahabharata à L’Homme qui prenait sa femme pour un chapeau ou fin 1999 Le Costume. Parallèlement au théâtre, il jouera dans des films aussi bien français qu’africains : Black mic-mac (Thomas Gilou, 1987), Y’a bon les Blancs (Marco Ferreri, 1988),…

Entretien d'Olivier Barlet avec Sidiki Bakaba

En 1972, C’est quoi même, un spectacle fait de débris de mémoire, sans intrigue ni suspense, bouleverse les bases ronronnantes de la mise en scène ivoirienne. Le metteur en scène en est Sidiki Bakaba. Depuis, les prix et les distinctions honorifiques jalonnent une carrière qu’il partage entre le théâtre et le cinéma, entre l’Afrique et l’Europe. Au cinéma, il reste inoubliable dans Bako, l’autre rive de Jacques Champreux (1979) et, en 1987 dans Le Médecin de Gafiré de Moustapha Diop. Sans oublier ses rôles dans Visages de femmes (1972) de Désiré Ecaré, Mamy Wata (1990) de Moustapha Diop, Le Camp…

Historienne, et ancienne élève de l’Institut Français de Presse, Marie-France Malonga, jeune métisse de 26 ans, a consacré un mémoire de recherche au problème de la représentation des minorités dans le paysage audiovisuel français : Télévision française et société multiraciale : présence et représentation des personnes d’origine étrangère. Elle est aujourd’hui chargée par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel de diriger une étude afin d’analyser ces problèmes de  » sous-représentativité  » intitulée :  » Présence et représentation des minorités visibles à la télévision française : analyse d’une semaine de programme. « 

Entretien d'Ayoko Mensah avec Félicité Wouassi

Découverte par le grand public dans le film « Black Mic Mac » de Thomas Gilou, Félicité Wouassi, 38 ans, d’origine camerounaise, incarne une génération de comédiens au carrefour de deux continents, deux cultures, deux cinémas. Son talent, qui déborde d’énergie, explose à l’écran comme sur les planches des théâtres.

Figures de Noirs dans les films de Claire Denis

A partir du milieu des années 80, le Noir prend une importance croissante dans la société française, en nombre mais aussi en image, à travers la publicité, le sport ou la musique. Dès lors, il commence tout doucement à trouver des premiers rôles dans quelques films français réalisés par des cinéastes blancs. Au milieu d’un ensemble dominé par les comédies (Black mic mac de Thomas Gilou, Les Keufs de Josiane Balasko, Romuald et Juliette de Coline Serreau, Vanille fraise de Gérard Oury, Métisse de Mathieu Kassovitz…) se distinguent trois films signés Claire Denis : Chocolat (1988), chronique coloniale située au Cameroun ;…

Entretien de Frédéric Darot avec Aïssa Maïga

Paris, 31 janvier 2000

Quel a été ton parcours jusqu’à aujourd’hui ? Je suis née au Sénégal en 1975, d’une mère sénégalaise et d’un père malien, mais je vis en France depuis l’âge de cinq ans. Deux choses m’ont donné le goût d’être actrice : d’une part, une comédie musicale « amateur » que j’ai jouée sur scène entre quinze et dix-huit ans ; d’autre part, un téléfilm que j’ai tourné à dix-huit ans : Le Royaume du passage, d’Eric Cloué. J’ai pris deux ans de cours de comédie. En 1996, j’ai décroché sur casting un des rôles principaux de Saraka Bô, de Denis Amar, où j’incarne une jeune fille…

Les images de l'article
Jonas et Lila à demain © Jacques Berthet




Entretien d'Ayoko Mensah avec Maka Kotto

Il a été Bouba dans le fameux  » Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer  » que réalise Jacques Benoît en 1988. Il a tourné avec Claude Lelouch, Christian Lara, Cheick Doukouré, Edouard Molinaro, Pierre Jolivet, Christian Allen, Michel Blanc, Bernard Uzan… Il vient de terminer un film avec Raoul Peck : Lumumba, retour au Congo. Excellent acteur au théâtre comme au cinéma, metteur en scène à ses heures, Maka Kotto, 39 ans, d’origine camerounaise, s’est taillé une renommée internationale. Aujourd’hui, il poursuit sa carrière entre Montréal et Paris.

de Clint Eastwood (1987)

Du bleu, entre le blanc et le noir

Pour Gilles Mouëllic, Bird est sans doute le premier film américain à rendre hommage aux acteurs noirs de l’Amérique. Premier film hollywoodien à redonner sa place au jazz, mais aussi le premier film hollywoodien à filmer un acteur noir en échappant à tous les stéréotypes qui prévalent quand il s’agit de mettre un Noir à l’image, autrement dit premier film à filmer d’abord un acteur : Forest Whitaker.

L'invention d'un bouffon ?

Eddie Murphy a vingt et un ans lorsque, après être devenu une vedette dans l’émission phare de NBC, Saturday Night Live, il fait son entrée au cinéma dans 48 heures (1982, Walter Hill). Son avènement, simultané avec celui de Michael Jackson, correspond à un réel changement de statut pour les célébrités noires, à une époque où la tendance  » Black is beautiful  » envahit la culture de masse. La réussite d’Eddie Murphy a fait l’objet d’interprétations contradictoires. Certains y voient, peut-être naïvement, la preuve qu’un Noir peut désormais devenir aussi célèbre et aimé que les vedettes blanches. D’autres l’accusent d’avoir abandonné la…

Communautés Européennes DG8

– Le nouveau système de sélection par commissions annoncé par la conférence de presse du Fespaco semble avoir été finalement abandonné. Pourquoi et par quoi est-il remplacé ? Il n’a pas été abandonné, mais différé de quelques mois. Pour la Commission Européenne, 1999 a été une année de remise à plat des priorités, à la Direction Générale du Développement comme ailleurs. La question a été posée de la place de la culture dans la politique de soutien au développement des pays du Sud. Les dossiers culturels sont relativement complexes à mettre en œuvre et à suivre, ils exigent du temps,…

Entretien d'Ayoko Mensah avec Sanvi Panou (Bénin, vit en France)

Depuis 1990, ce cinéma parisien s’est forgé une identité propre dans sa catégorie art et essai : la promotion des oeuvres issues des cultures noires et d’autres cultures en état de  » sous-représentation « . L’initiateur du projet a, entre-temps, étendu ses activités à la réalisation, la production et la distribution de films. A l’approche de la dixième édition de son festival du film, il fait le point sur le chemin du militantisme parcouru.

Au Fespaco, Ouagadougou, février 1997

Quelle est la situation du cinéma en Angola ? Le cinéma pour nous est extrêmement important : c’est la façon la plus simple de communiquer entre nous ! J’ai participé aux tout-débuts de ce cinéma, en 1975 : nous avions bien étudié les potentialités, l’importance du cinéma pour le développement national, mais nous avons vite été confronté à la difficulté de financer nos films. Pourtant, nous avons un fond de développement, l’Institut national du Cinéma, comme le CNC français, afin de définir un cinéma national, nous avons une cinémathèque nationale, et nous avons une maison de production. Mais les difficultés propres au cinéma africain…

Malgré l’ampleur des problèmes économiques et sociaux, des initiatives récentes prouvent que l’intérêt pour le septième art existe dans ce pays. On l’a constaté à l’occasion des Premières Rencontres Internationales Cinématographiques qui eurent lieu simultanément dans trois îles de l’Archipel (Santiago, São Vicente e Sal), du 29 mai au 8 juin 1999. Bien sûr, ce n’était pas le festival de Cannes et il n’y avait ni concours, ni starlettes. L’objectif était bien plus modeste, mais non moins louable : faire venir le cinéma au Cap-Vert et offrir de bons films au public. En ce sens, le succès fut complet car à…

Entretien d'Olivier Barlet avec Flora Gomes, cinéaste

1997

Auteur de Mortu nega (ceux dont la mort n’a pas voulu, 1988)- devenu un des grands classiques des cinémas d’Afrique – et de Les Yeux bleus de Yonta (1992), Flora Gomes était en sélection officielle à Cannes en 1996 avec Po di Sangui.

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