Cinéma/TV

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Entretien de Sylvie Chalaye avec Ruth de Souza

Rio de Janeiro, février 1999

Quel est votre itinéraire dans le cinéma brésilien ? Depuis toute petite, j’ai toujours été passionnée par le cinéma. Je me souviens de la joie que j’ai eu lorsque j’ai vu pour la première fois un film avec Grande Otelo – O Moleque Tiao. Puis, j’ai vu le film Aves Sem Ninho de Raul Julian ; une jeune Noire y jouait un rôle très fort et dramatique. Plus tard, après avoir fondé le Théatre Experimental du Noir, j’ai joué dans Somos Todos Irmaos, une production Atlantida, avec Grande Otelo et Aguinaldo Camargo qui était lui aussi un comédien du T.E.N. J’ai…

Mário Gusmão fut le plus grand acteur noir contemporain de Bahia. Itinéraire d’un homme exceptionnel acquis à la cause afro-brésilienne.

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Mário Gusmão © DR




D'Imunga Ivanga

« Dôlè » s’adresse clairement à un public jeune, qui vibre au Sud comme au Nord à cette chronique sans misérabilisme de cette bande des quatre des matitis, les quartiers pauvres de Libreville, qui font les 400 coups pour réaliser leurs rêves ou régler leurs problèmes. Leurs rêves ? Devenir rapeur professionnel, capitaine au long cours, boxeur etc. Leur problème ? L’argent ! Tous rêvent de devenir millionnaires grâce au Dôlè, le jeu où l’on gratte et l’on gagne si on a trois perroquets alignés. Mais Mougler doit aussi trouver de quoi acheter les médicaments nécessaires à la survie de sa mère…

Quel était ton désir pour ce film ? Mon désir était de parler de l’adolescence dans un contexte urbain, mais aussi dans le cadre de Libreville qui concentre un certain nombre de passions et de désirs. C’est à travers elle qu’on suit l’évolution du pays. Bien sûr, cette jeunesse n’est pas représentative de toute la population, mais d’une bonne partie qui vit dans des quartiers déshérités. J’ai cherché à saisir leur destin au quotidien. C’est pour cela que ce film est une chronique plutôt qu’une histoire construite autour d’une bande. Ce lien avec l’actualité te semblait important pour le premier long…

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Dôlè (l'argent), d'Imunga Ivanga




De Pascal Légitimus

Il y a deux caricatures de nègres qui reviennent régulièrement à l’écran. La première est paternaliste, la seconde exagérée. L’une est fabriquée à base d’a priori dépassés, la seconde à base de compassion déplacée. L’une est en général d’origine blanche, l’autre noire. Mais il y a pire… C’est la caricature du nègre par lui-même, sous couvert de bons sentiments. Elle tend à transformer l’imagerie populaire en construisant de nouveaux stéréotypes dits à tendance positive. C’est ce que Légitimus a réussi à faire : basculer les présupposés français sur les Antillais. Un véritable exercice de style, qui se termine malheureusement en épisode…

De Fabrice Génestal

Un western urbain pour orchestrer la vengeance des femmes… Tourné dans des cités de la banlieue parisienne, la Squale aligne les murs sans concessions : les murs de béton et les murs entre les jeunes, car le machisme et la violence dominent. De l’agression verbale à l’acte lui-même perpétré à la « tournante », le viol est permanent. Désirée, une jeune noire, se rebelle contre tout et contre tous : sa mère, l’école, les autres jeunes – ce qui ne l’empêchera pas de vouloir séduire le caïd local. Mais pour se venger de sa barbarie, elle attisera la haine des mâles entre…

De James Toback

Rich, un petit caïd new-yorkais, décide de laisser tomber ses activités illicites pour soutenir la musique rap d’un de ses amis. Autour d’eux, gravitent de jeunes Blancs fascinés par l’univers hip-hop et d’autres qui réalisent un documentaire. Un ami de Rich accepte un pot-de-vin pour perdre un match de basket, piégé par un inspecteur qui veut coincer Rich… La trame de Black and White est touffue, et passe comme un clip d’un sujet à l’autre, sorte de coktail étonnant assez bienvenu alliant improvisations et scènes plutôt thriller, mais son intérêt est dans l’étude qu’il fait de cette fascination. White boys…

De Mehdi Charef

Portrait de femme, mené de main de maître, ce film est une véritable analyse de la France moyenne – celle qui est résignée et médiocre par dépit. Marie-Line, incarnée à merveille par Muriel Robin, est un personnage entre deux eaux. Sa destinée lui échappe. Sa vie est sur un fil. Elle manque de péter un plomb à tout moment. Mais elle aime son travail, traque le bonheur à l’eau de rose et espère des lendemains meilleurs pour elle et les siens. Obsédée par le travail bien fait, elle est responsable d’une équipe de nettoyage, à qui elle mène la vie…

D'Eliane de Latour

L’anthropologue Eliane de Latour, dont c’est le premier long métrage après une série de documentaires, a longuement préparé son film sur le terrain, avec les jeunes de ces ghettos d’Abidjan qui prennent le nom de Bronx ou Barbès, et ça se voit : de la langue, le nushi des ghettos, aux comportements, tout colle et tend à donner à cette histoire purement fictionnelle de braquages, d’amitié trahie et de réconciliation un véritable intérêt sociologique. Pourtant, une gêne s’installe qui n’est pas dans le sujet mais dans son traitement cinéma, sans doute parce que le film théâtralise tant ces guerriers nommés…

De Moufida Tlatli

Les Silences du Palais avaient résonné très fort en chacun et trouvé plus de 200 000 spectateurs en France. Ce deuxième film, guidé par les doutes et les interrogations de sa propre fille devenue adolescente, développe cette réflexion autobiographique. Il est traversé de scènes magnifiques et émouvantes, comme celle de ces femmes lavant leur henné dans la mer et qui parlent de ces hommes qu’elles attendent onze mois de l’année. Eux sont à Tunis à tenir leur boutique, elles sont à Djerba à attendre ce mois de vacances, la saison des hommes… Mais leur venue ne sera que déception. « Les…

Entretien d'Olivier Barlet avec Moufida Tlatli

Cannes, mai 2000

La « Saison des hommes », c’est donc le retour des hommes de leur lieu de travail, Tunis, vers les femmes qui les attendent à Djerba. Très attendu, ce retour est bien mal vécu… On se rend compte que les choses ne se remettent pas en place aussi facilement, même avec cette ponctualité : ce retour ne remet pas de l’ordre mais du désordre. La vie est désordonnée avant, ça se calme un peu pendant les préparatifs, et puis on perçoit que les préparatifs sont plus importants que les retrouvailles, à cause de cette solidarité des femmes qui ne peuvent qu’être solidaires…

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La Saison des hommes © DR




Le Cinéma au Sénégal vit une période particulièrement trouble. Non seulement le petit et grand écran sont devenus la cible de groupes se réclamant de la purification des Mours, mais encore l’Etat semble regarder d’un oeil « compréhensible » une telle situation. Déjà, le ministre de la Communication et de la Culture, porte-parole du Gouvernement, vient d’envoyer une lettre circulaire aux autorités administratives locales pour que soient bannis tous spectacles ayant des allures d’atteintes aux Mours. Et la chaîne privée RTL a fait l’objet d’un cryptage systématique pour répondre, dit-on, à la volonté des Sénégalais de ne plus voir des images de…

De Jean Odoutan

Odoutan filme comme il est : gouailleur, engagé à 100 %, amuseur public et passionné de calembours, entier et finalement un peu brouillon. Il fait le pari de tourner vite et souvent, dans une grande économie de moyens, ce qui donne parfois l’impression qu’une autre prise n’aurait pas été de trop. Mais le résultat a le mérite d’être tonique ! Djib (diminutif de Djibril) est un jeune de 14 ans vivant en France avec sa grand-mère dans une cité de banlieue. Sa maxime, taguée au-dessus de son lit : « Un Noir ne doit jamais se laisser traiter de nègre par…

De Atef Hetata

Coproduit par Misr, la maison de production de Youssef Chahine, et Arte, voici un regard lucide et subtil sur le grand danger actuel de la société arabe et de toute société : la séduction exercée sur les jeunes par l’intégrisme. Nous sommes au Caire en 1990 et 91, en pleine guerre du Golfe. Un jeune de 15 ans, Mohamed, vit seul avec sa mère, Fatma. Son père a déserté pour se remarier avec une femme plus jeune, son frère aîné est allé combattre dans le Golfe. En présentant l’évolution du jeune Mohamed dans son intégration progressive de la violence intégriste,…

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Entretien d'Olivier Barlet avec Atef Hetata

Biennale du film arabe, Paris, juillet 2000

Qu’est-ce qui vous a amené à prendre l’intégrisme comme sujet ? Je voulais faire un film sur l’adolescence, et cela au Caire puisque c’est la ville que je connais. Le star-system du cinéma égyptien fait qu’il ne traite que très peu ce sujet. Je voulais également aborder l’influence politique et économique de la guerre du Golfe en Egypte, sujet également peu traité par le cinéma égyptien. Votre film montre à quel point les islamistes sont en phase avec les difficultés de la société. Je ne pouvais éviter ce sujet en parlant de l’adolescent. Ce n’est pas moi qui choisissais le…

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"Les Portes fermées" de Atef Hetata © DR
"Les Portes fermées" de Atef Hetata © D.R.




Cannes, mai 2000

Quelle est l’importance aujourd’hui de faire un film sur la tragédie de Lumumba ? C’est une histoire qu’il ne faut pas oublier, qui se passe à une époque charnière pour nos pays, pour l’Afrique en particulier. Il ne faut pas oublier que plus d’une dizaine de pays ont eu leur indépendance entre 60 et 61 : c’était une période d’énormes espoirs pour nos pays, et on voit dans quel état nous sommes aujourd’hui… Travailler sur cette période permet donc de comprendre beaucoup de choses, et notamment les intérêts qui continuent à être en jeu, les partis pris des uns et…

De Raoul Peck

Le nouveau film de Raoul Peck déroute ceux qui avaient pris l’habitude de sa froide écriture au scalpel sauvée par une plongée dans l’univers intérieur des individus. Ici, la volonté didactique domine. Mais elle ne tombe pas dans la propagande ou la radicalité. Peck développe à l’écran une détermination aussi forte que celle dont il fait preuve dans la vie – et débute son film par la mention écrite : « ceci est une histoire vraie ». Car il s’agit ici, à une époque où la lumière se fait sur les conditions de l’assassinat du leader congolais, de restaurer une mémoire, de…

De Melvin van Peebles

Les roublardises de Melvin van Peebles

Avec « Le Conte du Ventre Plein », un film jubilatoire présenté à la Semaine de la Critique et malheureusement sorti en salles en France le 28 juin (en début de pause estivale et donc en panne de public), l’Afro-américain Melvin van Peebles propose une nouvelle cuisine pimentée des rapports interculturels. Retour sur un film que nous ne voulions pas laisser oublier trop vite.

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Entretien de Sabrina Chemloul avec Meiji U Tum'si, actrice

Meiji, peux-tu nous parler de ton parcours, tes débuts avant d’être choisie pour jouer le rôle de Diamantine dans le Conte du Ventre Plein, le nouveau film de Melvin Van Peebles ? Le Conte du Ventre Plein est mon tout premier film, ma première expérience cinématographique. Auparavant, j’avais fait beaucoup de pièces de théâtre. J’ai commencé le théâtre au collège avec mon prof de français. C’est lui qui m’a vraiment donné le goût du théâtre. Avant d’être enseignant, il avait été comédien pendant 10 ans. Il trouvait que ses élèves étaient mous, ne se tenaient pas bien et s’insurgeait « vous n’avez…

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