Cinéma/TV

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De Zakia et Ahmed Bouchaaïa

Travesti en femme un soir de bal costumé, un Français est pris pour un travesti arabe et arrêté pour être reconduit à la frontière. Il y rencontre une belle algérienne et un râleur également arabe. Le trio s’échappe et leur cavale sera riche en rebondissements. Jouant à fond la carte de l’humour et de la tendresse, le film est chaleureux mais rate malheureusement sa cible : les bonnes intentions d’appel à la tolérance se noient dans la pédagogie et la folklorisation. Répétitions et lourdeurs de mise en scène finissent par ennuyer, si bien que ce qui était une idée généreuse…

De Heidi Draper et Michael Raeburn

Nous connaissions Michael Raeburn comme réalisateur de Jit, une comédie musicale zimbabwéenne tonique et bien enlevée de 1991. Il revient ici en vidéo numérique avec sa compagne, Heidi Draper, pour une méditation sur la mémoire familiale. Un film intimiste essentiellement composé de voix-off et de natures mortes où ce couple se remémore à travers lieux, objets et réunion de famille ce que fut le drame de leurs enfances. Le drame parce qu’elles furent dures et durement vécues. Au protestantisme puritain et rigoureux de la Nouvelle Angleterre des parents d’Heidi Draper répond en un terrible écho l’Afrique coloniale de l’apartheid rhodésien…

Il n’est pas courant que la vie d’un homme soit associée à l’Histoire de son pays, voire d’un continent. Philippe Mory est ainsi un homme rare. En 1954 il participe en tant que jeune comédien au premier court métrage qui marque le début de la cinématographie officielle d’Afrique noire : Afrique sur Seine de Paulin Soumanou Vieyra. Puis, repéré par Michel Drach, il est le premier Africain à tenir un rôle principal dans un film français, On n’enterre pas le dimanche (prix Louis Delluc). En 1961, Mory écrit le scénario de La Cage qui sera réalisé par Robert Darenne, avec…

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Entretien d'Imunga Ivanga avec Charles Mensah

Directeur général du Centre national de la Cinématographie

Le réalisateur Charles Mensah est aussi depuis plusieurs années le directeur général du Centre National du Cinéma gabonais, un cinéma en pleine restructuration.

La politique de restructuration du cinéma gabonais entreprise depuis le début des années 90 par le Centre National du Cinéma gabonais (CENACI) sous la houlette de Charles Mensah commence à porter ses fruits. On constate une relance de l’activité cinématographique et audiovisuelle, qui met en exergue des films explorant une thématique riche et variée : du religieux au biographique en passant par le fantastique, l’historique, le sociologique… Si le point positif est la régularité dans la production des films, il reste quelques faiblesses au niveau des ressources humaines et du financement. La question du financement pose d’abord celle de l’autofinancement.…

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Imunga Ivanga, sur le tournage de "La Grenouille...le boeuf" à Yaoundé en 1995 © Bonaventure Takoukam
Henri Joseph Koumba Bididi pendant le tournage de son film : Les Couilles de l'éléphant © Diata Nduma




D'Imunga Ivanga

Pour une poignée de "Dôlè"

L’action de Dôlè se situe à Libreville, à travers le destin de cinq garçons d’une quinzaine d’années (Mougler, Baby Lee, Joker, Akson et Bézingo) que la providence a bien voulu réunir dans la vie des « matitis » (on dit aussi « mapanes »), ces quartiers de survie qu’on appelle ailleurs « bidonvilles » ou « favelas ». Ici pas de dénonciation, pas d’antagonisme attendu entre riches et pauvres : le film montre ces jeunes dans leur milieu, vivant leurs rêves, leurs désirs mais également leurs frustrations dans un espace fermé qui n’est pas sans rappeler l’univers kafkaïen. Témoins des menus larcins et des plans boiteux de la…

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Dôlè © DR




Un certain engouement pour la vidéo est né ces dernières années au Gabon. Le Centre National du Cinéma, avec son feuilleton populaire L’Auberge du salut, qui a connu un succès continental, et son téléfilm Orèga en 1999, en est devenu l’un des principaux animateurs. La vidéo a également permis à des indépendants de s’illustrer. Parmi eux, André Ottong qui a réussi l’exploit de réaliser deux longs métrages Sy et La Cithare sans aucune aide des pouvoirs publics ; il achève actuellement une série télévisée, La chambre des filles. Il faut également signaler le feuilleton Shanice de Patrick Bouémé. On est…

Entretien d'Imunga Ivanga avec Didier Dingalt Ping

Photographe de formation Didier Dingalt Ping a créé en 1986 à Libreville une des premières sociétés audiovisuelles privées, Star Vision, avec pour activité principale la photo et la vidéo. En 1992, il s’installe à Paris et créé avec deux amis, Claude Rosalie et Eric Roulé, SICA, une maison de production de clips vidéos, reportages et films documentaires. Depuis peu, il s’est réinstallé à Libreville.

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Didier Dingalt Ping avec Koffi et Papa Wemba © DR




Entretien d'Olivier Barlet avec Mohamed Camara

Cannes, mai 1997

Manga et Sorry s’aiment et bravent l’interdit homosexuel. Leurs familles arrivent à leur imposer une séparation. Manga tente une relation avec une femme blanche, mais finit par rejoindre Sorry qui s’est marié et a un enfant. Avec Dakan (la destinée, 1997, cf critique dans Africultures 18), le Guinéen Mohamed Camara a réalisé le premier film africain prenant ouvertement l’homosexualité comme thème.

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Entretien de Taina Tervonen avec Barbara, travestie ivoirienne

Dans le documentaire »Woubi chéri » de Laurent Bocahut et de Philip Brooks, la travestie ivoirienne Barbara nous initie au vocabulaire des »woubis » (« celui qui fait la femme ») et des »yossis » (« celui qui reste un garçon ») qui ne ressemble que de loin aux concepts (occidentaux ?) d’homosexuel, de bisexuel et de travesti. L’homosexualité reste un sujet tabou, et rares sont ceux qui, comme Barbara, s’affichent au grand jour.

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Woubi chéri © DR




L’homosexualité en Afrique ? »Ça n’existe pas », a-t-on répondu à Laurent Bocahut et à Philip Brooks quand ils se sont mis à penser à un documentaire sur le sujet. Et pourtant, deux ans plus tard, »Woubi chéri » est diffusé sur la chaîne franco-allemande Arte, mettant en scène une foule de »woubis » et de »yossis » ivoiriens, sous la direction délurante de Barbara, une travestie qui revendique haut et fort des droits à ses »copines ». D’ailleurs, si l’homosexualité n’existe pas en Afrique, pourquoi serait-elle si réprimandée par la législation ? Inscrite dans le code pénal dans plusieurs pays africains, elle est passible d’amendes ou de peines d’emprisonnement ou de…

Les films d’Afrique noire franchissent depuis longtemps la frontière entre le masculin et le féminin, mais le font de façon très nouvelle ces derniers temps.

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Régina Fanta Nacro © Olivier Barlet
La Fumée dans les yeux de François Woukoache © DR
François Woukoache © DR
Le Génie d'Abou, de Isabelle Boni-Claverie © Matar Gueye
Fragments de vie de François Woukoache © DR
Bye Bye Africa de Mahamat Saleh Haroun © DR
Mahamat Saleh Haroun © Olivier Barlet
Zeka Laplaine © Olivier Barlet




De Laurent Chevallier

Le Circus Baobab, c’est de l’énergie en barre et une belle histoire : celle d’un réalisateur qui rêve de filmer la tournée d’un cirque en Afrique et qui finit par y arriver. Dusse-t-il pour cela le faire exister ! Une belle histoire, d’autant plus que le film n’a pas d’histoire : reportage au quotidien, sans scénario pré-établi, il saisit des instantanés et dépend de la décision (délicate vu le prix de la pellicule) de déclencher la caméra au bon moment. Il y trouve sa spontanéité et sa véracité, mais subit aussi l’ambiguïté de l’exercice. Non seulement Laurent Chevallier a monté…

D'Abdel Kechiche

Le Tunisien Abdel Kechiche, dont c’est le premier long métrage, vient du théâtre où il a signé de nombreuses mises en scène. Est-ce pourquoi il construit son film sur une série de coups de théâtre ? C’est d’abord la fausse identité de Jalel, immigré clandestin tunisien qui se fait passer pour réfugié politique algérien pour demander le droit d’asile. C’est ensuite un mariage avorté à la dernière minute qui semblait pourtant bien parti. C’est enfin sa rencontre avec une fille perdue dans l’hôpital psychiatrique où l’a mené la dureté de la vie. A chaque fois, un monde nouveau s’ouvre à…

De Guy Deslauriers

Dans le commerce triangulaire Europe-Afrique-Amérique, le 2ème moment, celui du transport des esclaves, était appelé « le passage du milieu ». Pour l’illustrer, Guy Deslauriers fait appel au récit d’un homme mais évite tous les écueils de l’exercice : plutôt que de représenter, il évoque. Utilisant force ralentis, flashs et images saccadées, il réfléchit plutôt qu’il ne montre. Le résultat est d’une grande qualité. Sa retenue dans le filmage des corps évite de les appréhender comme du bétail. En préférant la métonymie à l’hyperbole, les détails suffisent à suggérer le tout et le spectateur, dans une émotion qui n’est plus sentimentalisme mais compréhension,…

De Spike Lee

Bamboozled ! Un mot plein de « b » qui signifie « embobiné ». Ça se prononce comme ça s’écrit : ben-mbouzeul ! Référence à Malcolm X qui apparaît au milieu du film (ou serait-ce Denzel Washington ?) : un appel au séparatisme, ne pas se laisser embobiner par l’homme blanc… Quinze films en quinze ans, il a bien fallu que Spike Lee se salisse les mains. C’est ce que fait le très bourgeois, très propre, très accent oxfordien Pierre Delacroix dans Bamboozled. Son patron blanc, Dunwitty, refuse ses programmes dont les personnages ne sont pas assez « noirs ». Delacroix écrit donc le script le plus raciste possible, espérant un…

Douze films sur le racisme au quotidien

Alors que 63 % des Français se déclarent racistes ouvertement, cette initiative est généreuse et utile : cette série de films de l’ordre de six minutes est un événement. L’idée était d’enfer : une appel à scénarios de films courts auprès des 16-26 ans, ensuite confiés à des cinéastes confirmés (le racisme étant un sujet délicat). 500 scénarios, 60 sélectionnés et proposés aux cinéastes, une fois éliminés ceux qui étaient trop manichéens et inaboutis. Et chacun de remplir son panier, avec des résultats inégaux bien sûr, comme dans tout ouvrage collectif, mais d’une grande qualité générale. Cela commence par une…

De Philippe Faucon

Samia étouffe comme ses sœurs sous le poids des interdits de sa famille algérienne. Le grand frère se fait le relais caricatural des peurs des parents pour transformer en prison l’appartement de la périphérie de Marseille : « C’est pas l’Amérique ici, à la maison tu es au bled ! » A sa violence verbale et physique répond celle du racisme quotidien signalé par les violences policières. Samia comprend vite du haut de ses quinze ans qu’elle doit ne laisser personne décider de sa vie. Chronique quasi documentaire adaptée du récit de Soraya Nini « Ils disent que je suis une beurette » (Fixot),…

S’ils restent encore marginaux, les réalisateurs et acteurs afro-brésiliens continuent de marquer le cinéma brésilien et témoignent d’un monde à part. Derniers rebondissements.

Entretien de Cristina Duarte Simoes avec Carlos Diegues

Octobre 1996

Carlos Diegues est l’un des metteurs en scène les plus importants du cinéma brésilien. Il a réalisé trois films* sur l’esclavage au Brésil : un ensemble cinématographique cohérent et riche, où le personnage de l’esclave est la figure centrale.

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