Cinéma/TV

Cinéma/TV


Pendant la cinquantaine d’années qu’a duré sa carrière, Sembène a toujours été un marxiste et un panafricaniste engagé. Il s’est servi de son travail pour explorer le désir de justice et de liberté des Africains en partant du colonialisme, de l’inégalité économique ou des contraintes d’une société phallocrate. Bien que depuis la fin des années 60, il se soit principalement consacré au cinéma, il a toujours considéré la littérature comme son véritable amour, et il a laissé un important héritage littéraire : Les Bouts de bois de Dieu (1960), épopée réaliste d’une conscience sociale et nationaliste naissante, est un texte aussi…

Entretien de Fatou Kiné Sène avec Maguèye Kassé, Université Cheikh Anta Diop, Dakar

Le compagnonnage a débuté au milieu des années 70, entre un jeune thésard fougueux et un cinéaste-écrivain à la notoriété déjà établie. Une sensibilité communiste, un idéal panafricain et un béguin pour la pipe ont vite fait de les rapprocher. Professeur titulaire de Lettres (langues et civilisations germaniques) à l’Université Cheikh Anta Diop, critique, ami et confident de l’Aîné des anciens, Maguèye Kassé est bien placé pour à la fois décrypter l’œuvre bicéphale de Sembène et parler de l’homme.

« L’artiste que nous honorons, mais aussi l’homme de conviction, l’artiste engagé, au service d’un devoir de mémoire et d’un humanisme exigeant et l’autodidacte, formé à l’école de la vie, a tracé son sillon avec un regard critique et militant » (1).Le 9 juin 2007, à Dakar, « l’aîné des anciens » a décidé de marquer une pause, une longue pause. S’il est encore « trop tôt pour exprimer à quel point sa sagesse nous manquera » (2), il demeure toutefois possible de saluer l’homme sensible, courageux, enthousiaste et persévérant qui lègue à l’humanité un considérable patrimoine qui va poursuivre son itinéraire. Faire, en quelques lignes,…

Le 9 juin 2007, est décédé à Dakar le cinéaste africain le plus important jusqu’à nos jours et un romancier de renommée mondiale. Sembène Ousmane est officiellement né le 8 janvier 1923 à Ziguinchor, dans la région de Casamance, au sud du Sénégal, 3 ans à peine après qu’une révolte populaire y a subi la « pacification » sanglante par les Français. Il est probablement né 8 jours plus tôt, mais l’administration coloniale française était avant tout attachée au registre des impôts. (1) À Ziguinchor, Sembène connaît une enfance à la fois heureuse et vagabonde. Il grandit dans une région traversée par…

L’œuvre de Ousmane Sembène est didactique et « engagée », inséparable d’une élaboration idéologique et politique : les problèmes de la société sont toujours bien présents en premier plan. Il semble qu’il y ait une relation d’homologie entre l’œuvre de l’écrivain-cinéaste et la société sénégalaise ou le milieu des immigrés sénégalais en France. L’art d’Ousmane Sembène dépeint non seulement la misère, la violence et la dégénérescence physique et morale au quotidien de ces immigrés mais s’érige aussi contre les discours officiels sénégalais, tant sur le plan politique, social et religieux.

Ousmane, Je ne peux plus entrer dans ton bureau, sans frapper, et te parler directement comme je l’ai fait pendant si longtemps ; mais je sais que pour moi, l’assistant, l’ami, le fils, tu as toujours eu l’oreille attentive, même dans les moments de saut d’humeur ! Car toi qui connais si bien les traditions wolof, tu sais que si les morts ne parlent plus, ne voient plus, ils continuent bel et bien d’entendre les vivants. Je sais que là où tu es, dents serrées sur ta pipe, tu dois avoir ton petit sourire ironique, mais bienveillant, en entendant les hommages qui…

Après les cinéastes les plus connus au monde, l’aîné des anciens a été sollicité par le festival de Cannes pour donner la traditionnelle leçon de cinéma, événement du festival. Devant la salle Buñuel au Palais du festival, pleine et attentive, le doyen a parlé durant une heure et demie de sa démarche de cinéma en répondant aux questions de Jean-Pierre Garcia, directeur du festival d’Amiens, qui commença par présenter Sembène comme  » le défricheur et le témoin « 

Dans les années trente, un adolescent de Ziguinchor fait le désespoir de ses parents. Aux murs froids des salles de classe, il préfère la mangrove, les parties de pêche et les escapades sur les berges du fleuve Casamance. Bagarreur, il n’aime pas les embrouilles. Un certain Paul Peraldi, directeur de l’école Escale, l’apprendra à ses dépens : l’élève est exclu après l’avoir expédié au tapis d’un violent coup de poing à la tête. Que faire du fils de Moussa Sembène et Ramatoulaye Ndiaye ? Il sait à peine tracer son nom sur une feuille de papier et à vrai dire personne ne…

Dans l’un des chapitres de son essai L’homme précaire et la littérature, consacré à l’imaginaire de vérité, André Malraux trace un parallèle suggestif entre le XIIIe siècle et le nôtre. Les deux, nous dit-il, sont des siècles d’images opposées. Le XIIIe siècle était du point de vue de l’image « un cinéma religieux, un monde où statues, images, vitraux, n’imitaient pas ce qu’ils représentaient, formaient le seul monde d’images, et le plus puissant moyen de communication avec le surnaturel. » (1) Quant à notre siècle, il est, par les images télévisuelles, photographiques et cinématographiques qu’elle donne à voir, celui du réalisme. Sembène Ousmane…

Tout le destin de l’homme à qui nous rendons hommage est marqué par l’instruction. Il est souvent présenté comme analphabète (de sa propre part aussi), alors même qu’il a fait l’école primaire. Dans les années 20 et 30, peu d’Africains accédaient au collège. De retour en Europe après la deuxième guerre mondiale, ouvrier et syndicaliste, il se replongea dans les études au sein des cellules communistes. Sa carrière d’écrivain devient un carcan étroit quand il réalise qu’il n’y avait pas beaucoup d’Africains qui pouvaient le lire. Il reprendra le chemin de l’école (de cinéma). Ses films sont marqués par la…

Entretien de Fatou Kiné Sène avec Clarence Thomas Delgado, réalisateur et producteur

Il fait partie de ceux qui étaient les plus proches de Sembène. Son assistant sur tous ses films depuis 20 ans. Il était aussi vu comme le fils adoptif du doyen des cinéastes africains décédé le 9 juin 2007. Clarence Thomas Delgado a adapté au cinéma la nouvelle (à l’époque inédite) Niwaam de Sembène Ousmane. Il était toujours aux côtés de Sembène, même aux derniers jours, aux premiers symptômes de sa maladie sur le tournage de Moolaadé. L’intégralité de ce témoignage sera à lire sur www.africine.org. Clarence Delgado revient sur des moments forts qui ont jalonné leur existence, comment l’homme…

Entretien de Sabine Cessou avec Khalo Matabane

« Mon travail est politique. Mes sujets sont politiques ». Khalo Matabane, étoile montante du cinéma sud-africain, travaille depuis trois ans à l’écriture de son premier long-métrage de fiction. Alors que le pays ira voter, le 22 avril 2009, pour les quatrièmes élections démocratiques depuis la fin de l’apartheid, il entamera le tournage d’une histoire qui traite de la revanche et du passé. « Je ne suis pas de ceux qui ont des insomnies parce que Jacob Zuma sera le prochain président », assure le cinéaste. Il trouve d’ailleurs « risible » la lutte féroce pour le pouvoir qui se joue depuis deux ans dans les…

Après un quarantième anniversaire quelque peu chaotique à Ouagadougou, l’équipe du FESPACO s’est offert le plaisir de renouer avec la seconde ville du Burkina Faso, du 12 au 15 mars 2009, grâce au soutien de la région Rhône-Alpes (France). Avec plus de quarante-cinq films programmés, et malgré une mobilisation tardive des spectateurs, la vingt et unième édition du festival s’est terminée en beauté.

Les images de l'article
❮
❯
Affiche du Fespaco à Bobo © Claire Diao
Les projectionnistes du CCF tentent de synchroniser le son et l'image © Claire Diao
Ouverture du Fespaco à Bobo © Claire Diao
File d'attente pour Le Fauteuil, film de clotûre du festival © Claire Diao
Ouverture du panel de lutte contre la piraterie à la Chambre de commerce de Bobo-Dioulasso © Claire Diao




De Laurent Chevallier

Laurent Chevallier entretient avec la Guinée un double lien d’importance : sa famille guinéenne par sa femme et la musique qu’il aborde dès ses débuts de documentariste avec Mamady Keïta dans Djembefola (1992) et poursuit avec Momo Wandel Soumah dans Momo le doyen (2006). Proche du jazziste, Chevallier a soutenu la constitution d’un nouveau groupe d’afro-jazz composé des anciens musiciens de Momo Wandel et de plus jeunes, Fölifö. Leur venue à Marciac est l’occasion pour le groupe Fölifö de rencontrer une classe d’initiation au jazz du collège et pour Chevallier d’entamer un nouveau travail documentaire sur une relation qui se poursuivra…

Les images de l'article
❮
❯




De Tariq Teguia

« Il ne suffit de plusieurs îles : c’est un archipel qu’il nous faut », note Lakhdar (Ahmed Benaïssa) en contrepoint des litanies du patron de son bureau d’études oranais. Où sont les îles ? Comment les relier ? Dès le générique, la caméra suit des fils électriques en une fuite éperdue. Lakhdar envoie son ami Malek étudier la faisabilité du raccordement de hameaux isolés à l’électricité, dans cet Ouest algérien où ses prédécesseurs ont été assassinés par les terroristes. Que ces malheureux aient été français n’est pas neutre : ce film s’inscrit dans une Histoire. S’il est l’amer constat que l’après-guerre n’est pas une victoire,…

Les images de l'article
❮
❯




A la fois fête populaire, convivial lieu de rencontre et occasion de découverte et médiatisation des dernières productions africaines, le rendez-vous biennal des cinémas d’Afrique suscite l’enthousiasme général. Cette année comme toujours, le Fespaco est resté le lieu des rencontres et des débats, un espace de festival ! Mais la recrudescence des problèmes d’organisation a tant handicapé l’édition 2009 qu’elle doit être interrogée. Cependant, si le Fespaco 2009 inquiète, ce n’était pas seulement une affaire d’intendance…

Les images de l'article
❮
❯
Ahmed Atef : Prix du meilleur son décerné à Mohamed Hassib pour le film "Al Ghaba (les Démons du Caire)" de Ahmed Atef d'Égypte
Arnold Antonin : Prix Paul Robeson décerné au film "Jacques Roumain, la passion d'un pays" de Antonin Arnold, Haïti.
Le Prix de la meilleure œuvre de série TV Vidéo est décerné au film L'as du lycée de Missa Hébié du Burkina Faso.
Hôtel Azalaï / anciennement Indépendance
L'ancien bureau de la Fédération africaine de la critique cinématographique (FACC) : Hassouna Mansouri, secrétaire général ; Clément Tapsoba, président ; Thierno Ibrahima Dia, trésorier, lors de la conférence inaugurale du 1er Congrès de la FACC.
Caméras à l'oeuvre
Démonstration du prototype de site du catalogue numérique de l'Agence internationale de la Francophonie
Porte de la chambre Sembène Ousmane à l'Hôtel Azalaï.
La salle de cinéma de 500 places en construction de la cinémathèque africaine au siège du Fespaco.
Conférence de presse de Cultures France : Sotigui Kouyaté, Olivier Poivre d'Arvor, Abderrahmane Sissako, Valérie Mouroux.
Conférence de presse de l'Organisation internationale de la Francophonie : Paul-Charlemagne Coffie, Frédéric Bouilleux, Souad Hussein, Frédéric Pitard
Réunion de travail du Congrès de la FACC
Conférence inaugurale du 1er Congrès de la FACC
Le Prix de la meilleure œuvre de fiction TV Vidéo est décerné au film Une femme pas comme les autres d'Abdoulaye Dao du Burkina Fao.
Ibrahima Mbaye dans Les Feux de Mansaré de Mansour Sora Wade
2ème prix documentaire décerné au film "Behind the Rainbow (Le pouvoir détruit-il le rêve ?)" de Jihan El-Tahri, Égypte
Daniel Kamwa répond aux journalistes après la présentation de son film Mah Saah-sah en séance d'ouverture officielle du festival
La journaliste sénégalaise Fatou Kine Sene interview Khaled Benaïssa, Poulain d'or du court métrage pour son film "Sektou (Ils se sont tus...)"
Mansour Sora Wade sur le tournage des Feux de Mansaré
Olivier Barlet avec le professeur Jean Sawadogo au jury de soutenance de thèse de Justin Ouoro, première thèse de cinéma soutenue à l'université de Ouagadougou (26 février 2009)
Olivier Barlet et Justin Ouoro après la soutenance de sa thèse de cinéma à l'université de Ouagadougou
Salomé Gerima a reçu l'étalon d'or au nom de son frère Haïlé Gerima pour le film Teza (Ethiopie)
Poulain d'argent du court métrage décerné au film "C'est dimanche" de Samir Guesmi
Sidiki Bakaba, de retour au Fespaco, témoigne au colloque d'hommage à Sembène Ousmane
Le siège du Fespaco
Décorations devant le siège du Fespaco
La statue de Sembène Ousmane inaugurée à la place des cinéastes
Thierno Faty Sow témoigne au colloque d'hommage à Sembène Ousmane
Les réalisateurs marocains Mohamed Zineddaine et Hassan Bejelloun entourent Sana Mouziane, Prix de la meilleure interprétation féminine pour son rôle dans le film "Les Jardins de Samira" de Latif Lahlou (Maroc)




Entretien d'Olivier Barlet avec Michel Ouedraogo, délégué général du Fespaco

12750 badges délivrés, 362 films projetés, des centaines de milliers de spectateurs : le Fespaco n’est pas affaire facile à gérer. La 21ème édition a cependant été entachée de désastreux problèmes d’organisation. Il nous semblait dès lors important de laisser son délégué général répondre aux interrogations et en tirer le bilan et les perspectives.

Entretien d'Olivier Barlet avec Léandre-Alain Baker à propos de Ramata

Quelle a été la génèse de Ramata ? Mon souci était de raconter différemment. Au départ, il y a la volonté d’un producteur, Moctar Bâ, d’adapter le roman d’Abasse Ndione. Le livre étant plutôt fleuve, plus de 500 pages, l’adaptation nécessitait un choix, surtout pour un premier long métrage. La matière qui m’intéressait était le personnage féminin, une femme africaine, déchirée intérieurement. Comment montrer cela à l’écran sans passer par trop de dialogues et d’explications ? Elle traîne une douleur depuis longtemps, celle d’avoir tué un homme. Moctar avait développé le projet avec d’autres mais sans que cela marche, jusqu’à ce qu’on…

De Camille Mauduech

Un homme est mort. Qui l’a tué ? Cela sonne comme un polar et c’est bien sur le mode de l’enquête que Camille Mauduech aborde la mémoire des 16 de Basse-Pointe, les 16 coupeurs de canne noirs accusés et jugés à Bordeaux, ancien port négrier, en un procès retentissant dont le parti communiste fera le procès du colonialisme français aux Antilles. A l’heure où elles se rebellent une fois de plus et que sont à nouveau dévoilés les systèmes d’exploitation et de manipulation que l’on feint d’ignorer en métropole, cette exploration mémorielle prend tout son sens. Qui, le 6 septembre…

Les images de l'article
❮
❯




De Thierry Michel

L’affiche illustre le film : on est en plein western. Le cadre a l’ampleur de l’Ouest américain : les gigantesques mines du Katanga. Les luttes y sont aussi acharnées et leurs enjeux sont à la dimension de l’énorme République démocratique du Congo. Katanga Business nous parle du sempiternel pillage des richesses et de l’extrême pauvreté, mais aussi de la complexité de l’état des choses et des solutions qui se profilent. Dans ses nombreux documentaires tournés au Congo-Zaïre (Zaïre, Le cycle du serpent, 1992, Les Derniers Colons, 1995, Mobutu, roi du Zaïre, 1999, Congo River, 2006), Thierry Michel ne s’était jamais intéressé d’aussi…

Les images de l'article
❮
❯
Mine de l'étoile
Mine Kamoto © Thierry Michel
Moïse Katumbi et Thierry Michel © Films de la passerelle
Moïse Katumbi
Mr Fortin et Mr Mina © Thierry Michel
Soudeur de la Gecamines à Likasi
Terril à Lubumbashi © Thierrry Michel
Thierry Michel dans une carrière à Lubumbashi
Thierry Michel au stade de Lubumbashi © films de la passerelle
Comptoir chinois d'achat de minerais
Les minerais à vélo
Vue aérienne
Creuseurs © Thierry Michel
Creuseurs © Thierry Michel
Creuseurs © Thierry Michel
Gecamines et terril à Lubumbashi
George Forrest © Thierry Michel
Grève au Katanga © Thierrry Michel
Grève au Katanga © Thierrry Michel




1 … 69 70 71 72 73 … 144