Mwana, l’enfant-pluie ou le caméléon qui chantait

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« Grand-mère, est-ce que la pluie est vieille ? demandait sans cesse le petit Mwana.

Francis Bebey a toujours su garder l’étonnement de Mwana, l’enfant qui s’interrogeait
Sur le retour de la pluie,
Sur le cours continu du fleuve, semblable au fil de la vie.
« Mwana, tu as gardé, pour nous,
ce regard neuf,
cette oreille attentive et juste ».
Ce traditionnel et ce moderne,
Cet enfant du village et de la ville,
De la parole chantée et du texte écrit
A su , tel un caméléon sonore, mêler sans cesse le rythme du village et la cadence de la ville,
Par ses écrits, ses chansons, sa musique instrumentale,
Transposant toujours les formes sonores, populaires comme savantes,
Du particulier au général,
Du global au local,
Avec cette distanciation tendrement ironique qui lui était propre.
« Tu as écrit, écrit, écrit,
Tu as chanté, chanté, chanté,
Nous avons écouté , écouté, écouté,
Nous sommes avec toi,
Nous te suivons,
Tu nous précèdes,
Au fil de ce fleuve rythmé, polyphonique,
Dans un monde vécu, vivant,
Résonnant du souffle de ta voix ».

Jean-Pierre Caprile est ethnolinguiste, chercheur au Lacito/CNRS.///Article N° : 2264

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