Événements

L’Afrique Noire en miroir
Un cycle de films documentaires, en partenariat avec Africultures

Français

Tous les dimanches du 18 avril au 27 juin 2004 (excepté le dimanche 13 juin)
Tarifs : 6,50, 5,50 & 4,50 euros. Forfait journée : 16 euros.
Séances à 11h, 14h, 18h et 20h30/21h
(Les séances de 18h et 20h30 sont traditionnellement suivies d’un débat)


Présentation
Pendant plus d’un siècle, l’identité africaine fut niée par le regard occidental.
Regard raciste d’abord : l’abominable exploitation de la  » Vénus Hottentote  » exhibée comme un animal dès 1810 dans les foires de Londres, puis de Paris, en témoigne. Cette mode indigne perdura jusqu’en 1910.
Regard colonial ensuite, nourri du sentiment de supériorité des blancs, les autorisant à toutes les formes d’esclavage, sans respect pour la culture du continent noir.
Une véritable fascination se mêlait à ce mépris affiché. Une fascination pour le corps africain. Exotisme dont les spectacles de music-hall ne manquèrent pas de tirer parti. L’exemple le plus célèbre demeurant le corps nu de Joséphine Baker ceint d’un régime de bananes qui fit courir tout Paris en 1925. Les films occidentaux des années trente prirent le relais.
La naissance du cinéma africain au cours des années 60 – bien que très influencé par l’aide française à la production, commença à nous faire appréhender la pensée africaine à travers des fictions sous forme de fable.
Au fil du temps, l’empreinte colonialiste s’efface. Les cinéastes utilisent de plus en plus le documentaire pour parler de leurs racines, pour exprimer l’âme de leur pays. Ils nous font connaître les splendeurs et les misères de leur histoire – ancienne ou récente – et découvrir le véritable visage de l’Afrique noire.
A la séduction des corps, s’ajoute la séduction de la terre, des paysages, des objets et des rituels dont nous comprenons maintenant la cohérence, le sens profond.
Notre programmation est un véritable voyage à travers la diversité du continent noir, diversité des pays – Niger, Sénégal, Cap Vert, Bénin, Burkina Faso, Mauritanie, Mali, Togo, Côte d’Ivoire, Tchad, Congo, Rwanda, Cameroun, Angola, République , Afrique du Sud -, diversité des sujets, diversité des talents, en même temps qu’un véritable historique du cinéma africain.
Le cycle sera inauguré, le 18 avril, par une Journée particulière – carte blanche offerte à Jean-Pierre Garcia du Festival International du Film d’Amiens, et articulé par deux Journées exceptionnelles : la reprise du Palmarès 2004 du festival  » Visions du Réel  » de Nyon en Suisse (dimanche 2 mai), ainsi qu’un hommage à l’ethnologue et cinéaste Jean Rouch récemment disparu (dimanche 16 mai).
Dimanche 20 juin, en l’honneur de la fête de la musique, autre journée particulière offerte à la SACEM, consacrée au Jazz, né des rythmes africains.
Enfin, nous continuons la tradition cinéphilique des séances de 11 heures, avec des films fondateurs du cinéma africain.
A bientôt.
Simone Vannier

Programme détaillé par journée

> lorsqu’ils ne sont pas indiqués dans le programme, les scénarios des films sont accessibles via les liens ci-contre. De nombreux films ont aussi été critiqués : découvrez les articles en un clic supplémentaire…


Dimanche 18 avril
Journée particulière
offerte au Festival international du Film d’Amiens

Jean-Pierre Garcia a été l’un des premiers, sinon le premier à s’intéresser au cinéma africain et à lui accorder une place majeure dans son festival, jumelé avec le FESPACO et le festival Vues d’Afrique. Il est maintenant traditionnel passage obligé pour les cinéastes africains de se retrouver dans le gris pays picard chaque année en novembre et d’y apporter la lumière de leurs films.
Dans cette carte blanche, Jean-Pierre Garcia, fin connaisseur en la matière, a choisi de retracer un condensé historique de l’évolution des productions africaines, de 1975 aux années 2000.
Le programme de 18h est volontairement court pour laisser place à une table ronde qui nous permettra, en compagnie des cinéastes de la journée, de Nathalie Roncier du Festival International du Film d’Amiens et de Jeanick Le Naour de la Cinémathèque Africaine, d’analyser les nouveaux enjeux d’un cinéma dégagé de l’emprise coloniale et du modèle occidental.

11h |NJANGAAN de Mahama Johnson Traoré SENEGAL
Sénégal, 1975, 35 mm, couleur, 87′

14h | LES ECUELLES d’Idrissa Ouedraogo BURKINA FASO
Burkina Faso, 1983, 16mm, couleur, 11′

suivi de

ISSA LE TISSERAND d’Idrissa Ouedraogo BURKINA FASO
Burkina Faso, 1984, 16mm, couleur, 20′
Cette simple histoire d’un artisan, dépositaire des techniques traditionnelles, amoureux de son métier, obligé de se reconvertir en marchand de fripes occidentales pour plaire à sa clientèle, est contée de façon limpide et savoureuse, les sons d’ambiance à eux seuls venant donner chaleur et réalité aux images.

suivi de

TENGA d’Idrissa Ouedraogo BURKINA FASO
Burkina Faso, 1986, 16mm, couleur, 34′
Lassé de sa condition de paysan pauvre, Tenga part pour Ouagadougou, laissant derrière lui sa femme et sa mère. Il ne peut y trouver que des petits travaux. Venue vendre des légumes en ville, sa femme lui apprend que sa mère est morte et le supplie de rentrer avec elle au village. Il y retrouvera les travaux collectifs des paysans et s’intégrera de nouveau à la communauté villageoise.

suivi de

LES MALLES de Samba Felix Ndiaye SENEGAL
Sénégal, 1989, 16mm, couleur, 14′
A Waxi Naan, au Sénégal, une équipe de copains récupère des fûts métalliques destinés à transporter le goudron. Après les avoir nettoyés sur de grands feux, ils les déroulent et découpent des plaques de métal qui leur serviront à fabriquer des malles. Une fois peintes et joliment décorées, elles sont prêtes à la vente.

suivi de

DIPLOMATE A LA TOMATE de Samba Felix Ndiaye SENEGAL
Sénégal, 1989, 16mm, couleur, 12′
Des boîtes vides de sauce tomate et plus récemment des boîtes de Coca-Cola, de bière ou de jus de fruit servent à la fabrication de petits « attachés-cases » rouges et noirs, très à la mode au Sénégal, mais qui sont aussi exportés dans le monde jusqu’aux Etats-Unis. Un parfait exemple de cet artisanat de récupération.

18h | Séance suivie d’une table ronde en présence de tous les cinéastes de la journée, avec la participation de Jean-Pierre Garcia, Directeur du Festival international du Film d’Amiens, Nathalie Roncier du Comité artistique du Festival international du Film d’Amiens et Jeanick Le Naour, responsable de la Cinémathèque Afrique du Ministère des Affaires Etrangères

BOXULMALEEN de Amet Diallo SENEGAL
Sénégal, 1991, 35 mm, couleur, 30′
Quatre gamins, qui habitent une « feraille » dans la banlieue de Dakar, vont en ville pour trouver de quoi soigner leur héros Grand Barché, recherché par la police pour un délit qu’on ignore. Au cours de cette quête, ils rencontrent différents symboles de la société : le maire, le policier, l’artiste, la femme, le jeune cadre, le chômeur…

suivi de

ROSTOV-LUANDA d’Abderrahmane Sissako ANGOLA
Mauritanie, 1997, Beta SP, couleur, 59′
En 1980, Abderrahmane Sissako rencontrait Bari-Banga. C’était en URSS, à Rostov-sur-le-Don. Le premier, mauritanien, ira ensuite étudier le cinéma à Moscou, le second, angolais, était un jeune combattant de la guerre de libération.
Seize ans plus tard, le cinéaste part pour Luanda, la capitale angolaise, sur les traces de son ami perdu de vue, avec sa caméra et pour seul indice une photo.

21h | LETTRE PAYSANNE (KADDU BEYKAT) de Safi Faye SENEGAL
Sénégal, 1975, 16mm, N&B, 98′
Dans un petit village d’agriculteurs-éleveurs au Sénégal habitent Ngor et Coumba. Il y a maintenant deux ans que Ngor désire épouser Coumba. Et cette année encore, la récolte est mauvaise… Les pluies sont insuffisantes, irrégulières. Or l’arachide, culture coloniale, la seule commercialisable, ne se récolte qu’une fois par an.



Dimanche 25 avril

11h | Séance présentée par Marc-Henri Piault, réalisateur, anthropologue et Vice-président du Comité du Film Ethnographique

MORO-NABA de Jean Rouch BURKINA FASO
France, 1959, Beta SP, couleur, 27′
Les funérailles rituelles de l’empereur des Mossi au Burkina Faso. Election du nouveau chef qui reçoit l’allégeance de ses dignitaires et se présente au conseil du gouvernement avant d’être intronisé.

suivi de

LES TAMBOURS D’AVANT – TOUROU ET BITTI de Jean Rouch NIGER
France, 1971, Beta SP, couleur, 12′
Une danse de possession se déroule dans la concession du Zima Dauda Sido, au Niger. Jean Rouch a filmé le quatrième jour de la cérémonie. Lors de cette fête, où les participants demandent au génie de la brousse de protéger les récoltes contre les sauterelles, les tambours archaïques Tourou et Bittti vont battre.
L’orchestre se compose d’un joueur de vièle, de trois batteurs de tambours calebasses (« Turu »), et du joueur de tambour grave à membrane (« Biti »). Tandis qu’ils jouent, un vieil homme danse. Puis l’orchestre s’arrête, et le vieil homme ainsi que d’autres participants entrent en transe.

suivi de

LES MAITRES FOUS de Jean Rouch NIGER
France, 1954, 35 mm, couleur, 36′
Le titre du film traduit le mot « Haouka » (maître du vent, maître de la folie) mais évoque en même temps la situation coloniale où les « maîtres » (les Européens) étaient perçus comme fous. Apparus en 1927 dans les danses de possession songhai, ces génies très particuliers étaient inspirés directement par l’armée et les administrations française et britannique.
Les travailleurs émigrés d’aujourd’hui résolvent par des crises de possession du culte des Haoukas, violentes mais maîtrisées, leur adaptation au monde moderne.

14h | GACACA, REVIVRE ENSEMBLE AU RWANDA ? d’Anne Aghion RWANDA
France, 2002, Beta SP, couleur, 55′
Huit ans après le génocide, ce film relate la tentative de réconciliation des Rwandais, à travers une forme de justice populaire, les Gacaca, juridictions mises en place par le nouveau gouvernement, et dont les origines remontent à la tradition pré-coloniale. Il repose sur les témoignages de plusieurs membres d’une petite communauté, survivants et prisonniers, qui se retrouvent face à face dans cette « justice rendue sous les arbres ». Ces histoires traumatisantes nous aident à comprendre les problèmes cruciaux auxquels sont confrontés les Rwandais dans cette quête de vérité, de justice et dans leur effort de pardonner l’inacceptable. Les Gacaca parviendront-elles à construire la réconciliation vitale pour les futures générations ?

suivi de

AU RWANDA ON DIT… LA FAMILLE QUI NE PARLE PAS MEURT d’Anne Aghion RWANDA
France, 2004, Beta SP, couleur, 54′
En 2003, suite à l’annonce par le gouvernement que 16 000 prisonniers allaient être libérés, la réalisatrice retourne sur les collines de la commune de Ntwongwe pour suivre l’évolution des efforts de réconciliation ethnique amorcés au Rwanda. Le second film d’Anne Aghion sur les conséquences du génocide de 1994 dans ce pays déchiré tente de comprendre comment nos personnages parviennent à surmonter les traumatismes du génocide, alors que les prisonniers rentrent chez eux, dans l’attente de leur jugement. Ces individus suspectés de crimes, qui ont avoué et purgé le maximum de la peine encourue devant les Gacaca, côtoient chaque jour, à la fontaine du village ou lorsqu’ils travaillent aux champs, les victimes qui les accusent…

18h | Séance suivie d’un débat en présence du cinéaste, avec la participation de Marcel Kabanda, historien, co-auteur de Rwanda : Les médias du génocide, Ed. Karthala, 1995 et Olivier Barlet, rédacteur en chef d’Africultures

RWANDA POUR MEMOIRE de Samba Felix Ndiaye RWANDA
Sénégal / France, 2003, Beta SP, couleur, 68′

20h30 | Séance suivie d’un débat en présence de la cinéaste

PETIT PAYS de Laurence Attali CAP VERT
France / Cap-Vert, 1997, Beta SP, couleur, 76′

Dimanche 2 mai
Journée exceptionnelle : Palmarès 2004 du Festival « Visions du Réel » de Nyon (Suisse – du 19 au 25 avril)

Le programme du Festival de Nyon « Visions du Réel » est si riche, si prometteur que l’eau vous vient à la bouche et le plaisir de vous faire bénéficier les premiers de la fine fleur des films primés nous incite à réitérer une journée consacrée à son palmarès.
Désir partagé par Jean Perret, directeur du Festival, qui, en bon découvreur, est impatient de faire connaître le fruit de ses recherches.
Parions que la récolte 2004 sera à la hauteur de la précédente et que le dimanche 2 mai sera un rendez-vous incontournable pour les cinéphiles que vous êtes.
Simone Vannier

Les titres ainsi que les horaires de projections seront communiqués la semaine précédent la programmation
La séance de 18h sera suivie d’un débat en présence de Jean Perret


Liste des prix attribués
Compétition Internationale : Grand Prix Visions du Réel – Prix SRG SSR idée suisse – Prix du Public de la Ville de Nyon – Prix du Jeune Public de la Société des Hôteliers de la Côte. Regards neufs : Deux Prix du Canton de Vaud – Prix Kodak, Suisse – Prix Egli Film & Vidéo AG Cinéma suisse : Prix Télévision Suisse Romande – Prix Suissimage / Société suisse des auteurs SSA Toutes sections : Prix « Regards sur le crime » de l’Université de Genève, de la Faculté de droit et l’Ordre des avocats de Genève.


Dimanche 9 mai

11h | Séance présentée par Janine Euvrard, critique de cinéma

COME BACK AFRICA de Lionel Rogosin AFRIQUE DU SUD
Etats-Unis, 1959, 16mm, N&B, 81′
Tourné clandestinement sur place en 1958 par l’Américain Lionel Rogosin, Come back Africa a été historiquement le premier long métrage à révéler la réalité quotidienne de l’apartheid. On y apercevait une jeune chanteuse alors inconnue : Myriam Makeba.
« Come back Africa qui semble dire « Afrique redeviens toi-même », n’est pas un pamphlet, ni une thèse politique. C’est le constat d’une situation, d’une mentalité, d’une atmosphère. Les blancs n’y sont pas caricaturés. Les noirs n’y sont pas idéalisés. (…) Au-delà de l’anecdote, il faut voir toute la réalité qui est évoquée dans ce film : l’absurdité d’une condition imposée à des milliers d’êtres au nom d’un intérêt de classe ou de race. On reproche assez souvent au cinéma de ne pas aborder les véritables problèmes du moment pour ne pas saluer le courage de ce documentaire qui vient à son heure. » Dominique Genee – Téléciné N°89 – juin 1960

14h | LETTRE A AHMAT de Caroline Chomienne TCHAD
France, 2001, 35mm, couleur, 40′

suivi de

CONTES CRUELS DE LA GUERRE de Ibéa Atondi & Karim Miské CONGO-BRAZZAVILLE

18h | Séance suivie d’un débat en présence de Zackie Achmat, avec la participation du producteur Laurent Bocahut (Dominant 7) et de Philippe Rivière, journaliste au Monde Diplomatique

MA VIE EN PLUS de Brian Tilley AFRIQUE DU SUD
France / Afrique du Sud, 2001, Beta SP, couleur, 75′

20h30 |Séance suivie d’un débat en présence de Pascal Letellier et Katy Lena Ndiaye, avec la participation de Francis Kpatindé, rédacteur en chef de Jeune Afrique

L’ESPRIT DE MOPTI de Moussa Ouane & Pascal Letellier MALI
France / Mali, 1999, Beta SP, couleur, 54′
Prix du meilleur film documentaire au FESPACO 2001

suivi de

TRACES, EMPREINTES DE FEMMES de Katy Lena Ndiaye SENEGAL
Burkina-Faso / Belgique, 2003, 52′ INEDIT


Dimanche 16 mai
Journée exceptionnelle : Hommage à l’ethnologue et cinéaste Jean Rouch

Le grand sorcier blanc nous a quittés. Père fondateur du documentaire contemporain, il demeure un modèle. A la passion de l’ethnologue, il a su allier la précision de l’ingénieur et l’imagination du poète. Jusqu’à ses derniers jours, il a gardé une extraordinaire faculté d’émerveillement face à la vie.
Tombé très tôt amoureux de la terre d’Afrique, il a le premier accordé un regard attentif, fraternel aux rites et coutumes qualifiés par les coloniaux de pratiques barbares. Toute sa vie, il en a cherché le sens, respecté le mystère.
Il est juste que son corps repose dans ce pays du Niger qu’il a tant aimé auprès des amis africains, partenaires de tous ses films, mais son esprit est parmi nous et continuera de nous inspirer notamment une attention particulière à la culture du continent noir.
En dépit de son immense talent et de son exceptionnelle intelligence, il avait une telle simplicité d’accueil, qu’instantanément nous nous sentions de sa famille, la grande famille des admirateurs de Jean Rouch. Nous le savons irremplaçable mais nous partagerons dimanche 16 mai un moment de son parcours à travers un programme de films rarement projetés, conçu en collaboration avec Françoise Foucault et Laurent Pellé du Comité du Film Ethnographique et présenté par Marc Piault l’un de ses plus proches collaborateurs.
A bientôt, pour une journée du souvenir dans la jubilation de rencontrer Jean Rouch à travers ses œuvres.

11h | Séance présentée par Marc-Henri Piault, réalisateur, anthropologue et Vice-président du Comité du Film Ethnographique

LES MAGICIENS DU WANZERBE de Jean Rouch NIGER
France, 1949, 16 mm, N&B, 34′
Collaboration : Marcel Griaule
A Wanzerbé, au Niger, a lieu un grand marché où se retrouvent des marchands de toutes régions, tandis que des magiciens chassent les esprits.

suivi de

CIRCONCISION de Jean Rouch MALI
France, 1948, 16 mm, couleur, 15′
Prix du reportage, Festival du court-métrage de Paris, 1950
Trente enfants du village de Hombori vivent le rite de la circoncision.

suivi de

INITIATION A LA DANSE DES POSSEDES de Jean Rouch NIGER
France, 1948, 16mm, couleur, 22′
Grand prix, Festival du maudit, Biarritz 1949
Rituel d’initiation d’une jeune femme songhaï de Tillabéri, au Niger, à la danse de possession pour « Kirey », le génie de la foudre.
suivi de

CIMETIERE DANS LA FALAISE de Jean Rouch MALI
France, 1951, 16mm, couleur, 19′
Rituel funéraire dogon à l’occasion de la mort d’un homme au village malien d’Ireli. Sacrifice au génie de l’eau, funérailles, condoléances rituelles

14h | SIGUI 69 : LA CAVERNE DE BONGO de Jean Rouch & Germaine Dieterlen NIGER
France, 1969, 16mm, couleur, 40′
Troisième année du Sigui. Les dignitaires Olou Barou achèvent leur retraite dans la caverne de Bongo. Autour du vieil Anaî, doyen de la cérémonie, qui verra son troisième Sigui (il a donc 120 ans), les hommes se rasent et partagent le sel et le sésame. Ils peignent en rouge et en blanc l’autel qui sera le centre de la cérémonie. Puis, vêtus de baudriers de cauris, ils font le tour du champ de lignage avant de boire la bière communielle.

suivi de

LE DAMA D’AMBARA de Jean Rouch MALI
France, 1974, 16mm, couleur, 62′
Levée du deuil d’Ambara. Dans l’année qui suit la mort d’Ambara, l’un des principaux informateurs de l’équipe du Professeur Griaule chez les dogons de la falaise de Bandiagara, au Mali, la société des masques de Sanga organise un « grand Dama » au cours duquel tous les anciens masques sont remplacés par des nouveaux. Le film est un compte-rendu de la même cérémonie observée par le Professeur Griaule 40 ans auparavant.
Utilisation du ralenti synchrone pour l’étude des danses des masques.

18h | Séance suivie d’un débat en présence de Françoise Foucault, responsable du Bilan du Film Ethnographique, Marc-Henri Piault, anthropologue, Jean-André Fieschi, critique de cinéma et Jocelyne Lamothe-Rouch (sous réserve).

COCORICO MONSIEUR POULET de Jean Rouch NIGER
France, 1974, Beta SP, couleur, 90′
Fiction racontant les aventures de trois personnages dans la brousse au Niger. Lam décide de partir en brousse dans une vielle 2CV camionnette pour faire le commerce des poulets avec l’aide d’un assistant. La rencontre d’une troisième personne, qui s’intègre tant bien que mal au groupe, trouble quelque peu l’organisation précaire du voyage. La voiture joue l’un des premiers rôles dans leur périple qui, partant de Niamey, les conduit en brousse. Le voyage est ponctué par des évènements insolites, comme la rencontre de la femme diablesse ou le passage du fleuve Niger qui sont prétextes à de nombreuses palabres et discussions.

21h | BABATU, LES TROIS CONSEILS de Jean Rouch & Hama Boubou NIGER
France, 1975, 16mm, couleur, 90′
Essai de ciné-histoire sur les guerres esclavagistes de Babatu, conquérant songhay, dans le courant du siècle dernier.


Dimanche 23 mai

11h | LA CHASSE AU LION A L’ARC de Jean Rouch NIGER
France, 1965, Beta SP, couleur, 81′
Lion d’or à la 26ème Mostra de Venise 1965
« Les chasseurs songhaï sont une caste héréditaire, eux seuls ont le droit de tuer le lion. Les bergers ne peuvent que lui lancer des pierres pour le faire fuir. Les Peuls estiment que le lion est nécessaire au troupeau, et ils savent identifier chaque lion à ses traces. Mais, quand un lion exagère, quand il a mangé trop de bœufs, il faut le supprimer, parce que c’est un lion tueur », dit Jean Rouch.
De 1957 à 1964, il suit les chasseurs gao de la région de Yatakala et le film retrace les épisodes de cette chasse où technique et magie sont intimement liées.


14h | Al’lèèssi, une actrice africaine de Rahmatou Keita
Niger, 2003, Beta SP, couleur, 70’INEDIT
Prix du meilleur documentaire au festival de Montréal « Vues d’Afrique »


18h |LE MARIAGE D’ALEX de Jean-Marie Teno CAMEROUN
France-Cameroun, 2002, Beta SP, couleur, 45′

suivi de

SI-GUERIKI, LA REINE MERE de Idrissou Mora Kpai BENIN
France/Bénin/Allemagne, 2001, 35 mm, couleur, 63′

20h30 | LE RETOUR D’UN AVENTURIER de Mustapha Alassane NIGER
Niger, 1966, 16mm, couleur, 34′

suivi de

LES COW-BOYS SONT NOIRS de Serge Moati NIGER
France, 1966, 16mm, couleur, 15′
L’un est chauffeur de taxi, les autres mécaniciens ou maçons. Ils conduisent une mobylette comme Johnny Halliday et portent des pantalons de Zazous. Pendant le week-end, ils jouent dans un véritable western avec des revolvers achetés au supermarché, chargés à blanc. Ils adorent la violence ; leurs acteurs préférés sont Edgar G. Robinson et Glenn Ford. L’héroïne du film est vendeuse à la Galerie du Niger. Lorsque le cinéaste nigérien Mustapha Alassane a tourné Le retour d’un aventurier, le premier western africain, Serge Moati a voulu faire un film sur le film. Les cow-boys sont noirs retrace le tournage et prouve par la même occasion que la réalité et la fiction, le cinéma et la vie, sont parfois extrêmement proches, surtout quand il s’agit de la conquête de l’Ouest.

suivi de

RABI de Gaston Kaboré BURKINA FASO
Burkina Faso, 1992, 35mm, couleur, 63′
Rabi est un jeune garçon qui vit dans un village du Burkina Faso avec son père, forgeron, et sa mère, potière.
Un jour, son père trouve une tortue et l’offre à Rabi. L’animal devient le centre de sa vie au point qu’il néglige tout le reste. Son père, excédé, reconduit la tortue dans la brousse. Désespéré, Rabi se confie au vieux Pusga, son initiateur et ami.


Dimanche 30 mai

11h | TOUKI-BOUKI de Djibril Diop Mambety SENEGAL
Sénégal, 1973, 35 mm, couleur, 110′
« Il y a du « Pierrot le fou » dans ce film du Sénégalais Djibril Diop Mambety : du rouge sang et du bleu mer. De l’agresse, du rythme… et une moto à cornes, celle du héros, Mory, qui voit son troupeau décimé à l’abattoir. Avec sa Triumph Bonneville ainsi décorée, il parcourt Dakar et sa région. La rage au cœur. Les yeux fixés sur « L’ancerville », paquebot blanc en partance pour la France et sur Anta, sa bien-aimée. Tous les deux rêvent de Dakar-Paris, aventures autrement plus folles que le Paris-Dakar. Mais ce n’est pas dans le sable qu’ils s’enliseront mais dans leurs rêves. Film plein d’étincelles. Formidablement réjouissant. » Le Canard Enchaîné

14h | ASIENTOS de François Woukoache SENEGAL
Belgique / Sénégal, 1995, 35mm, couleur, 52′
Grand Prix du Festival international du Film d’Amiens 1995
« Cent ans se sont écoulés depuis qu’a pris fin la déportation d’Africains vers le Nouveau Monde. Le cinéma fête ses cent ans. Faire un film sur la traite des Noirs, c’est se confronter à l’absence d’images (il n’y a pas d’images d’archives, ni de témoins vivants). (…) Le film raconte l’histoire d’un jeune Africain traumatisé par la violence qu’il perçoit dans le monde. Pour échapper à cette violence, il se réfugie dans son imaginaire et se trouve confronté à un pan de l’Histoire du peuple noir : la traite.
C’est un voyage imaginaire à travers l’imaginaire, à travers la mémoire. Voyage au cœur de la douleur et la souffrance, voyage au cœur de l’horreur. Questionner inlassablement les lieux vides. Lieux vides et remplis de mémoire… ».
François Woukoache

suivi de

ON L’APPELAIT « LA VENUS HOTTENTOTE » de Zola Maseko AFRIQUE DU SUD
Afrique du Sud, 1998, Beta SP, couleur, 53′
En 1810, Sara Baartman, jeune adolescente sud-africaine du peuple Khoi est enlevée par un Afrikaner et emmenée à Londres où elle est exhibée comme une « Bête de foire » dans les cirques, les musées, les bars et les universités. A Londres, elle fait sensation et est surnommée avec ironie et perversion « la Vénus Hottentote ».
Ses exhibitions firent fureur dans les milieux progressistes anglais, nourrissant le débat sur l’abolition de l’esclavage.

18h | EN ATTENDANT LE BONHEUR (HEREMAKONO) de Abderrahmane Sissako MAURITANIE
Mauritanie, 2002, 35mm, couleur, 95′
Etalon de Yennenga au FESPACO, 2003

20h30 | BUUD YAM de Gaston Kaboré BURKINA FASO
Burkina Faso, 1997, 35mm, couleur, 97′
Avec : Serge Yanogo (Wend Kuuni), Amssatou Maiga (Pughneere), Séverine Oueddouda (Somkieta)
Etalon de Yennenga FESPACO, 1997


Dimanche 6 juin

11h | Séance présentée par Elisabeth Lequeret, journaliste, collaboratrice aux Cahiers du Cinéma, auteur de Le cinéma africain, un continent à la recherche de son propre regard, Ed. Cahiers du Cinéma 2003.

AFRIQUE 50 de René Vautier AOF
France, 1950, 16 mm, N&B, 20′
Afrique 50 devait être un film de commande. Mais René Vautier filme ce qu’il voit et non pas « la vie réelle dans les villages d’Afrique occidentale française » telle que la conçoit le gouverneur du Soudan. Le film fut saisi et c’est illégalement qu’il fut récupéré et projeté devenant ainsi le premier film anticolonialiste français.

suivi de

LES STATUES MEURENT AUSSI d’Alain Resnais et Chris Marker
France, 1953, 16 mm, N&B, 30′
L’art africain, révélation de la culture de ce continent, est devenu objet de musée. Les danses religieuses deviennent un spectacle. L’art nègre meurt de ne plus être spirituel ou ancré dans le social pour ne devenir qu’un achat à bas prix.

suivi de

LAMB de Paulin Vieyra FRANCE
Sénégal, 1963, 16mm, couleur, 18′(copie unique en mauvais état)
La lutte traditionnelle qui se dénomme « Lamb » en ouolof et qui rappelle la lutte gréco-romaine, est un sport national très prisé au Sénégal. Elle a des règles particulières et très strictes.

14h | NGOR, L’ESPRIT DES LIEUX de Samba Félix N’Diaye SENEGAL
Sénégal, 1994, 35mm, couleur, 91′

18h | Séance suivie d’un débat en présence de Moussa Touré, avec la participation du GAMS (Groupe Femmes pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles)

NOUS SOMMES NOMBREUSES de Moussa Touré SENEGAL
Congo / Sénégal, 2003, Beta SP, couleur, 59′

suivi de

DEPOSEZ LES LAMES de Anne-Laure Folly TOGO
Togo, 1999, Beta SP, 26′
Chaque année, deux millions de fillettes sont excisées dans le monde. Le Sénégal vient de voter une loi punissant lourdement cette pratique grâce à la lutte que mènent depuis plus de 20 ans les femmes sénégalaises.


21h |

Séance suivie d’un débat en présence des comédiens : Eriq Ebouaney et Nadège Beausson-Diagne et du co-réalisateur Didier Florent Ouénangaré (sous réserve)

LE SILENCE DE LA FORET de Didier Florent Ouénangaré et Bassek ba Kobhio REP. CENTRAFRICAINE INEDIT
République centrafricaine / Cameroun / Gabon, 2003, 35 mm, couleur, 93′


Dimanche 20 juin
Journée particulière « Jam session avec la SACEM »

C’est un vrai plaisir pour nous d’inviter la SACEM, partenaire fidèle de Documentaire sur Grand Ecran pour une journée particulière consacrée au Jazz.
Autre manière de célébrer la culture africaine puisque le Jazz est né des traditions rythmiques accompagnant les cérémonies rituelles du continent noir et dont la mémoire a été transmise par des noirs déportés au temps de l’esclavage.
Le cinéma a très tôt été fasciné par le Jazz, soit qu’il choisisse cette musique comme thème d’inspiration – Shadows de John Cassavetes, Jazz à Porquerolles de Frank Cassenti -, soit qu’il souhaite garder trace d’un moment musical exceptionnel – Chet’s Romance de Bernard Fevre – soit qu’il s’attache à cerner l’importance d’une œuvre, d’un interprète à travers des portraits – Big Ben de Johan van der Keuken, Jean-Luc Ponty de William Streik et Michaël Willis, Theolonius Monk : straight no chaser de Charlotte Zwerin.
Une journée qui allie la qualité cinématographique à la qualité musicale. Une programmation ludique à souhait, concoctée en collaboration avec Gaël Marteau de la SACEM, que nous sommes heureux de vous offrir.


11h | Séance présentée par François Niney, critique de cinéma, auteur de L’épreuve du réel à l’écran, Ed. De Boeck 2000

SHADOWS de John Cassavetes
Etats-Unis, 1958-59, 35mm, N&B, 87′
Benny est un adolescent un peu révolté. Il essaie de jouer de la trompette et passe une partie de son temps à déambuler dans les rues et dans les bars, en compagnie de ses amis Dennis et Tom. Hugh est chanteur de jazz et tente de faire carrière, aidé par son imprésario Rupert. Lélia veut être écrivain. Elle est à la recherche de son identité. Ils sont frères et sœurs, noirs, et vivent à New York dans le même appartement. Lélia fréquente David, un intellectuel new-yorkais. Mais dans une party, elle rencontre Tony. Le lendemain, il l’emmène chez lui et ils font l’amour. Découvrant que Lélia est métisse, le jeune homme a un mouvement de recul. Hugh lui interdit de revoir sa sœur. Dans une soirée organisée par Hugh, Lélia rencontre Davey, un jeune noir sérieux, tandis que Benny déclenche une bagarre. Hugh retrouve Rupert à la gare et part en tournée. Lélia danse avec Davey. Benny, Dennis et Tom se battent contre trois types. La vie continue…


14h | BIG BEN / BEN WEBSTER IN EUROPE de Johan van der Keuken
Pays-bas, 16 mm, N&B, 32′
La personnalité et le talent de Ben Webster, saxophoniste américain installé à Amsterdam. Légende vivante du jazz et du blues, homme violent et doux, généreux et angoissé.
Etablissant la relation de l’homme avec la musique, le film saisit la face cachée du musicien, qui devait disparaître six ans après.

suivi de

CHET’S ROMANCE de Bernard Fevre
France, 1988, 35mm, 10′
Filmé dans un studio parisien, le 25 novembre 1987, quelque temps avant sa disparition, le trompettiste et chanteur Chet Baker interprète I’m a fool to want you. Quelques paroles en anglais de Chet Baker introduisent et concluent ce témoignage émouvant et superbe.

suivi de

LE JOUR DE NOËL de Thierry Jousse
France, 1998, 35mm, N&B, 29′
Vingt-quatre heure de la vie d’un jeune musicien, Noël Akchoté, confronté à l’improvisation, la technique, l’argent, le concert, le studio, la guitare, l’histoire, les indépendants, les majors. A mi-chemin entre la fiction et le documentaire, entre le rire et le sérieux, un portrait « jazz ».


18h | Séance suivie d’un débat en présence de Frank Cassenti, d’Olivier Bernard de la SACEM et de Philippe Baudoin, musicien, historien du jazz, enseignant à l’Université de Paris IV, auteur de Jazz, mode d’emploi Ed. Outre-mesure 1998.

JAZZ A PORQUEROLLES de Frank Cassenti
France, 2003, Beta SP, couleur, 52′
Pendant 6 jours, en 2002 et 2003, des musiciens venus du monde entier se retrouvent dans l’île de Porquerolles pour un festival pas comme les autres, sorte de laboratoire musical où s’expérimentent de nouvelles manières d’être jazz. Ce film est le récit de cette rencontre mais c’est aussi le regard d’un cinéaste proche des musiciens et musicien lui-même qui constamment se met « en état de grâce avec le hasard, de manière à ce qu’il se passe quelque chose » (André Breton). Et nous donne à voir en quelques plans, les vibrantes histoires de ces quelques jours.

suivi de

JEAN-LUC PONTY, VIOLONISTE DES TEMPS MODERNES de William Streik & Michael Willis
France, Beta SP, couleur, 52′
Jean-Luc Ponty est LE pionnier du violon électrique et électronique dans le jazz et le rock. Partageant sa vie entre Paris et New York, il mène une carrière internationale depuis 35 ans ! Sa réussite, il la doit avant tout à la qualité d’un style musical personnel, classé dans les catégories « Jazz Rock » ou « Fusion », mais qui en fait échappe à toutes les étiquettes. Aussi accessible que sophistiquée, la musique de Jean-Luc Ponty se distingue, au-delà des prouesses instrumentales, par son sens mélodique, ses richesses harmoniques, ses audaces rythmiques, ses métissages et ses perpétuelles innovations techniques.
« Road movie » musical, ce film nous emmène de New York à Paris. Cette plongée dans le présent nous amène naturellement à revenir sur le passé et retracer le parcours singulier de ce musicien hors du commun.


21h | THELONIOUS MONK : STRAIGHT NO CHASER de Charlotte Zwerin
USA, 1968-1990, 35 mm, N&B, 89′
Le premier plan de Straight no chaser est bouleversant tant il donne d’emblée une forme, un mystère Thelonius Monk. On y voit le pianiste dansant, tournant sur lui-même à côté de son piano, face au public, tandis que le groupe joue. En fait, lui aussi joue, mais on ne l’attend pas. On le voit se mouvoir en rythme et soudain, faignant un déséquilibre, il marque un contre-temps (…) il bondit, s’assied à son piano et attaque, sans s’occuper le moins du monde de savoir s’il est au début ou à la fin d’un chorus. C’est là qu’il doit rentrer. La force de ces images vaut à elle seule d’aller voir le film. Frédéric Sabouraud – Cahiers du Cinéma N° 437



Dimanche 27 juin

11h | TALA TALA de David Pierre Fila REP. DU CONGO
République du Congo, 1992, 16mm, couleur, 28′
Un homme, en quête d’histoires perdues, de traditions oubliées, nous fait voyager sur le « Ville d’Owendo », énorme bateau à aubes qui circule sur le fleuve Congo, reliant Brazzaville à la frontière du Cameroun.
C’est une véritable ville flottante avec restaurants et commerçants qui, pendant les cinq jours de voyage, a de nombreux échanges avec les populations riveraines.

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LE DERNIER DES BABINGAS de David Pierre Fila REP. DU CONGO
République du Congo, 1990, 35mm, couleur, 18′
A une centaine de kilomètres au sud de Bangui, aux confins de la République centrafricaine et du Congo, l’exploitation intensive de la forêt tend à faire disparaître le patrimoine économique, écologique et culturel des Pygmées babinga.
Déplacés, privés de leurs ressources, menacés dans leur santé même, ils sont peu à peu condamnés à devenir journaliers dans les plantations de café et à abandonner leur mode de vie traditionnel.

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HOMMAGE de Jean-Marie Teno CAMEROUN
Cameroun, 1985, 35mm, couleur, 14′
Prix du Public au Festival de Nyon (Suisse), 1985
Après une longue séparation, deux amis se rencontrent et évoquent des souvenirs : leur enfance, le village, la ville, les traditions et l’émigration vers les grands centres urbains. L’un est resté au village, l’autre a voyagé et beaucoup étudié. Leurs souvenirs s’en trouvent d’ailleurs légèrement décalés. Sur des images de Bafoussam (ville de l’ouest du Cameroun) tournées caméra à l’épaule, ce film tire son originalité et son émotion de la structure narrative qui rappelle les contes au coin du feu. Le dialogue entre les deux amis nous berce et nous emmène avec malice au cœur des problèmes de ce petit village, qui sont un peu ceux que l’on retrouve dans la société camerounaise.

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CHEF ! de Jean-Marie Teno CAMEROUN
Cameroun, 1999, 35mm, couleur, 61′

14h | MEMOIRE ENTRE DEUX RIVES de Frédéric Savoye, Wolimité Sie Palenfo BURKINA FASO
France/Burkina Faso, 2002, Beta SP, couleur, 90′
Ce documentaire suit les traces de la colonisation française en pays lobi. Dans cette région du Sud-Ouest du Burkina Faso, il n’est pas un village, une famille qui ne se souvienne. Confrontée aux archives des administrateurs de l’époque, la tradition orale permet de remonter près d’un siècle d’histoire, depuis l’arrivée des premiers des blancs jusqu’à nos jours. Cette parole témoigne également des conséquences individuelles, sociales et religieuses de cette histoire douloureuse. Du passé au présent, de la parole vivante aux écrits administrateurs coloniaux, Mémoire entre deux rives est autant une quête de l’identité lobie qu’une réflexion sur la « France civilisatrice ».


18h | Séance suivie d’un débat en présence des cinéastes (sous réserve),avec la participation d’Olivier Barlet, critique de cinéma, rédacteur en chef de www.africultures.com

LA VIE SUR TERRE de Abderrahmane Sissako MALI
Mauritanie, 1998, 35mm, couleur, 60′
A la veille de l’an 2000, Abderrahmane Sissako, cinéaste mauritanien vivant en France, décide de revenir à Sokolo, un petit village du Mali, retrouver son père :
« Cher Père, tu seras un peu surpris, peut-être même inquiet, de recevoir une lettre de moi. Je me presse donc de te dire que tout va bien et j’espère qu’il en est de même pour toi. Contrairement au message que je t’ai fait parvenir par Jiddou, un changement important fait que je serai bientôt avec toi, à Sokolo : le désir de filmer Sokolo, la vie, la vie sur terre, le désir aussi de partir. D’autant que d’ici peu nous serons à l’an 2000 et que rien n’aura changé pour le meilleur, tu le sais mieux que moi… ».

suivi de

LA PROJECTION de Marie Jaoul de Poncheville MALI
France, 1999, Beta SP, couleur, 26′
Abderrahmane Sissako revient à Sokolo, petit village du Mali où il a tourné à la veille de l’an 2000 La vie sur terre, avec le désir de projeter le film pour partager avec les villageois ce moment de cinéma dont ils avaient été les acteurs et dont ils deviendront les spectateurs.

21h | Séance suivie d’un débat en présence de Christian Lelong
AGADEZ NOMADE FM de Christian Lelong & Pierre Mortimore NIGER
AVANT-PREMIERE
France / Suisse / Niger, 2003, 35mm, couleur, 75′
Le temps s’écoule paisiblement dans la cour de Hamza, le tailleur, tandis que les femmes du quartier se réunissent pour travailler et pour parler entre elles. Le Sultan convoque ses notables. Salamatou et Bachir, les reporters de Radio Nomade chassent les informations dans la ville. C’est Ramadan et la religion est dans tous les esprits. Devant la Grande Mosquée, les hommes prient. Dans une école coranique, les femmes se posent des questions. Des ruelles étroites, des maisons en terre, des cours animées : c’est Agadez, une cité dans le désert.
***

Cette programmation est organisée par l’association Documentaire sur Grand Ecran, avec le soutien du CNC, de la SCAM, de la PROCIREP,
de la SACEM et de la Mairie de Paris.
Avec la participation de l’ADPF (Cinémathèque Afrique), du Ministère des Affaires Etrangères, du Comité du Film Ethnographique, du CNRS, de Swiss Films, du Festival International du Film d’Amiens, du Festival Visions du Réel de Nyon