L’Afrance

D'Alain Gomis

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Le papier qui suit est une ébauche parfaitement incomplète et imparfaite, rédigé dans des circonstances d’urgence, pour couvrir ce grand film qui s’affirme comme un manifeste. Une analyse devrait le remplacer mais on trouvera dans divers articles des éléments mettant en exergue différentes scènes du film.

El Hadj fait des études en France et tout se passe assez bien mais il arrive six jours trop tard pour renouveler ses papiers. Il est aussitôt arrêté et bascule dans l’exclusion et les traitements réservés aux rebus. Lui qui avait construit sa solidité sur les paroles de Lumumba, Sekou Touré, les héros de la décolonisation, est complètement déstabilisé. La grande qualité de « l’Afrance » est sa simplicité, son humanité. La caméra se rapproche des corps pour en saisir l’intimité et c’est dans cette sincérité que le film trouve une véritable grâce qu’aurait pu servir un montage un peu plus serré. On ressent le déchirement d’El Hadj qui voit se déliter son image de lui-même, en venant à faire des choses qu’il n’aurait jamais imaginé. C’est dans cette tension – et non en proposant des solutions toutes faites – qu’il trouve sa belle intensité.

Sélectioné par l’ACID au festival de Cannes, 1 h 30, 35 mm, prod. Mille et une productions, image : Pierre Stroeber, avec Djolof Mbengue, Delphine Zingg, Samir Guesmi, Théophile Moussa Sowié, Bass Dhem, Thierno Ndiaye Doss., Sortie France le 30 janvier 2002.///Article N° : 121

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