Réflexions sur la photographie sud-africaine et l’extra-photographique

Lorsque, à titre d’exercice historiographique, j’ai été récemment sollicité pour réfléchir à l’histoire et au sens de la « photographie sud-africaine », je me suis rendu compte qu’il fallait d’abord reconsidérer toute la question de la relation entre le médium et le contexte local (1). En guise de réponse et afin de comprendre la portée locale de chaque exemple de production et de réception photographique, je suggère, dans ce court essai spéculatif, de regarder au-delà des frontières de la photographie, en m’appuyant sur des exemples issus de corpus d’images plus larges pris dans les médias, à travers différents lieux et périodes.

Cette approche s’inspire de mes recherches actuelles sur la culture visuelle en Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid dans lesquelles j’examine les manières dont certains types d’images se répètent et se transforment – en même temps que leur portée politique s’en trouve altérée – entre différentes mains, à travers plusieurs décennies, de la mise en place jusqu’à la chute de l’apartheid (2). Cette approche rejoint d’autres études récentes, qui cherchent à explorer le croisement entre ce que Deborah Poole appelle des « économies visuelles », plutôt que l’histoire isolée d’un support particulier et une interprétation figée à travers l’espace et le temps (3). Tout aussi pertinent est l’appel de Hans Belting pour une anthropologie générale de l’image photographique où, pour les beso...

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