Yambo Ouologuem et la littérature mondiale : plagiat, réécriture, collage, dérision et manifeste littéraire

La récente réédition du Devoir de violence, roman-manifeste essentiel, resté jusque là scandaleusement inaccessible et dénié, est l’occasion d’une réflexion sur les malentendus et les a priori dans l’appréhension des œuvres africaines. En accusant Ouologuem de plagiat, on a négligé l’intertextualité dont son texte faisait preuve alors même que la littérature moderne en développait la tendance. À l’époque du tiers-mondisme et dans une Afrique s’affirmant victime de l’Histoire et de l’Occident, son propos iconoclaste sur la continuité de la violence depuis l’époque pré-coloniale était mondialiste avant l’heure. Considéré à la lumière du grotesque, le livre ouvre, face à l’enfermement dans une pensée unique, à l’invention de nouveaux espaces de liberté.

Le retour de Yambo Ouologuemune réhabilitation amère En rééditant le Devoir de violence de Yambo Ouologuem, les éditions Serpent à plumes donnent à ce roman une seconde vie (1). La préface de Christopher Wise souligne bien la place qu’occupe ce roman dans l’histoire littéraire africaine, en mettant en exergue les éléments biographiques de l’auteur et en situant le livre dans le contexte historique du Mali pré-colonial. Elle met aussi l’accent sur l’attitude plus qu’ambiguë des éditions du Seuil à l’égard de l’auteur, non sans insister sur l’aveuglement des écrivains (et non des moindres, comme Wole Soyinka) sur ce livre. Mais à...

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