Quand on refuse on dit non, d’Ahmadou Kourouma

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Disons-le tout de suite, ce roman inachevé de Kourouma est de trop. Quand on sait comment Kourouma travaillait énormément ses textes avant de les soumettre à l’éditeur, on se demande pourquoi les éditions du Seuil ont jugé opportun de publier ce livre. Précisons que Gilles Carpentier, l’éditeur de Kourouma, avait déjà soumis au public un inédit décevant de Sony Labou Tansi : Le commencement des douleurs…
Que nous dit ce roman ? Conçu comme une suite d’Allah n’est pas obligé, Quand on refuse on dit non raconte le retour en Côte d’Ivoire de Birahima. Démobilisé après ses exploits militaires au Libéria, il vit dorénavant à Daloa où il exerce le métier d’aboyeur pour une compagnie de taxi-brousse. Il est surtout amoureux de Fanta. Quand éclate la guerre, Fanta s’enfuit vers le Nord. En bon chevalier, Birahima devient son garde du corps. Chemin faisant, elle raconte au jeune soldat l’histoire de la Côte d’Ivoire. En donnant la parole à une jeune lettrée pour assurer l’éducation politique de Birahima, Ahmadou Kourouma évite le piège de son précédent roman, où l’on a vu son héros, bien qu’analphabète, tenir un discours politique cohérent sur les dictateurs africains. Mais à l’arrivée, le lecteur reste sur sa faim. Soyons juste : ce livre n’est qu’une ébauche, et il est facile de porter jugement sur un texte inachevé. Ce roman, si Kourouma l’avait mené à terme, aurait pu donner un beau récit d’amour en temps de guerre. Il est bien dommage que l’éditeur ait pris le risque de publier un brouillon.

Quand on refuse on dit non, d’Ahmadou Kourouma, Seuil, 2004, 161 p. 14 €.///Article N° : 3651

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