Vers le sud

De Dany Laferrière

Dany Laferrière ou l'écriture du désir

“Des fois, je me dis que toutes ces histoires de classes sociales, c’est de la vraie merde…Pourquoi ce serait mieux qu’elle baise avec un petit con qui a un nom ? De toute façon, je ne distingue vraiment personne ici. Pour moi c’est un tout. Juste des Haïtiens. Alors lui ou un autre ?”

Dany Laferrière En 1997, Dany Laferrière donnait à lire un recueil de nouvelles au titre métaphysique : La Chair du maître. Contrairement à son habitude, il affichait quelque peu ostensiblement l’ambition politique de son propos, lui qui avance le plus souvent à l’abri du jeu subtil des vocables. Sans doute, se rendait-il à l’évidence qu’imposait son sujet (La chair du maître, un recueil de nouvelles, est devenu passé quelques années un roman réintitulé Vers le sud en 2006). Le romancier haïtien écrit : “le désir a toujours été le vrai moteur de l’histoire […], le sexe, le fameux désir de la chair du maître.” Tout compte fait, on devrait plutôt rectifier le propos de l’auteur et écrire : c’est la chair de l’esclave qui entraîne celle de sa maîtresse dans le tourbillon de l’Histoire, en la faisant déchoir de sa condition. Mais opérer ainsi, c’est oublier les nombreuses détentes de la dialectique. Si la chair de l’esclave peut entraîner la fille de son maître dans les affres des “intouchables”, c’est donc que le maître n’est pas toujours celui qu’on croit. Charlie, le fils du couple des gardiens de “M. l’ambassadeur”, domine Missie, la nièce de ce dernier, ...

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