L’Énigme du retour

De Dany Laferrière

Dans les replis du corps Dans son dernier roman, Dany Laferrière livre un texte qui déplace les figures les plus couramment ancrées du voyage et de l’exil. On songe bien évidemment à L’Énigme de l’arrivée, de Naipaul, dont une large part est consacrée à la description de la façon dont le personnage de l’auteur parvient à se glisser dans les interstices sociaux britanniques et à s’approprier les formes de la socialité et les habitudes, ce fonds indistinct des cultures, tout en faisant en sorte qu’elles aient elles-mêmes, ces formes, le sentiment que ce sont bien ces formes et habitudes qui ont comme intégré cet être venu d’ailleurs, à leurs propres chaînes de raisonnement. L’effondrement, consécutif au vieillissement et à l’inadéquation, qu’il perçoit devient alors aussi le sien. Depuis le début de sa carrière littéraire, Dany Laferrière a justement pris le contre-pied de cette posture. Si le respect est bien cette posture exigée par ceux qui nous méprisent, alors cet auteur renvoie à ses lecteurs, irrespect du pire et déplacement du regard, qui constituent le support de cette écriture, déroulée comme son propre commentaire, qui s’enroulerait sur le bonheur d’être au monde et d’être là, comme la déclaration de la vertu absolue de ce miracle : “le simple fait d’exister”. C’est ainsi que cet auteur pose la question inactuelle du bonheur. Dans Passages, un roman un peu oublié d’Émile Ollivier, un personnage qui avait fui les ténèbres de la dictature, arrivé dans des circonstances drama...

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