Pour un théâtre de la sincérité aux Comores avec O Mcezo* Cie

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Créée par Soeuf Elbadawi en novembre 08, la compagnie de théâtre O Mcezo* est en tournée, jusqu’au 23 octobre, dans les villes et villages de l’archipel des Comores avec La Fanfare des fous. Un spectacle à moitié éclairé au pétrole lampant, parlant de dépossession citoyenne, et d’ancrage populaire. L’occasion pour la compagnie de partager sa réflexion sur le rôle joué par la culture dans « un pays au quotidien désolé ».

       Une bonne nouvelle que cette tournée pour une compagnie annoncée pour morte, suite à son éviction du plateau de l’Alliance française de Moroni en juin dernier. Une histoire de réaction maladroite selon Soeuf Elbadawi, avec qui nous nous sommes entretenus. « L’Alliance française de Moroni nous a plutôt rendu service, en nous virant. Elle nous a fait de la pub malgré elle. Elle a fait savoir au monde entier que nous racontions des fragments d’histoire coloniale sur scène. Peu de personnes le savaient. Car nous n’avions pas les moyens de faire du bruit autour. Sans la maladresse d’un directeur d’Alliance, se pensant plus roi que le roi, notre projet aurait fini par lasser le public moronien, qui a été notre seul public, pendant que nous étions en résidence dans ce lieu. Je dois aussi dire que nous étions très frileux, dans la mesure où nous jouions aux rats de laboratoire, se concentrant sur une expérience peu confirmée dans le lieu, et ne cherchant pas à solliciter d’autres publics dans le pays, par peur de décevoir. Nous interdire l’Alliance nous a obligés à aller chercher notre public ailleurs, et donc à nous confronter à des réalités plus complexes, qui nous rendent désormais plus fort. ».
S’affranchir d’une pensée soumise
Rappel des faits. Jérôme Gardon, directeur de l’Alliance française, la seule institution culturelle aux Comores qui soit équipée pour accueillir des propositions artistiques contemporaines, a déprogrammé les activités de la compagnie, en voulant sanctionner Soeuf Elbadawi, auteur et metteur en scène comorien pour des raisons politiques. Ce dernier venait effectivement d’afficher sa position contre le projet de départementalisation de l’île « comorienne » de Maore (Mayotte) par la France, en orchestrant un gungu la mcezo dans les rues de Moroni.Une performance artistique inspirée d’une tradition populaire durant lequel de nombreux Comoriens ont pu brocarder l’oppression coloniale « sous ces tropiques insulaires ». Un happening contre ceux qui violent l’intégrité territoriale des Comores. Ce qui a fort déplu à l’ambassade de France, qui aurait alors donné des consignes pour qu’on dispense une leçon de bonne conduite à l’artiste et à ses compagnons de route pendant le gungu. Le premier à en pâtir fut le plasticien Seda, qui perdit son emploi deux mois plus tard à l’école française où il dispensait des cours. La direction de l’école lui aurait signifié que l’ordre venait de l’ambassade. Information confirmée par les dires d’un autre artiste comorien ayant eu l’honneur de dîner avec l’ambassadeur de France, Luc Hallade, la conseillère culturelle, Monique Bauer, et le directeur de l’Alliance, himself.
L’affaire fit grand bruit à l’époque, les médias nationaux comme étrangers s’en firent l’écho, et la rumeur enfla sur les méthodes utilisées par la France pour imposer le silence aux citoyens comoriens dans leur propre pays, sur une histoire politique où les résolutions prises à l’Onu, une vingtaine au moins, finissent par mettre cette même France mal à l’aise devant l’opinion internationale. « Ce que j’ai pointé du doigt lors du gungu, c’est le principe du hold-up colonial. Nous sommes ce peuple défait, à qui l’on refuse désormais le droit à la parole. Or mon théâtre, que ce soit dans la rue ou en salle, ne parle que de dépossession citoyenne. Ce qui irrite certains, non sans raisons » explique Soeuf Elbadawi. « Ce que je comprends. Néanmoins, je trouve la réaction de l’Alliance disproportionnée. De nous censurer nous a fait passer pour des héros. Alors que nous ne faisons que dire ce que nous sommes sur un plateau. Un peuple qui subit le traumatisme colonial jusqu’au trognon. Je crois que le rôle de l’artiste est d’interroger le réel dans toute sa complexité. Nous posons des questions sur ce qui fonde la relation avec l’autre, cet Autre, qui, depuis, 1841, bouscule nos acquis, nos croyances, et notre foi en l’homme. La France de 1841 nous pose problème aux Comores, et ce n’est pas un mal que de le rappeler. Notre pays passe pour un cimetière marin à cause de cette triste histoire ». Les répétitions de la compagnie O Mcezo* ont été annulées à l’Alliance française en réaction contre ce discours, et toute autre forme de connivence avec des proches de l’artiste mis à l’amende pour qu’il n’y ait d’autres envies de répondre à l’adversité ainsi désignée par l’artiste.
Mais c’était compter sans la pugnacité d’une compagnie, qui, en voulant s’affranchir d’un modèle de pensée soumise, engage son travail de recherches dans une économie alternative, avec une multiplicité de partenaires autour de ses projets, et dans des formes en rapport avec la précarité qui est la sienne. En travaillant à l’Alliance avec sa compagnie, l’artiste misait (« c’est vrai ») sur les « dividendes » possibles d’une collaboration entamée il y a vingt-cinq ans. « J’ai tout fait dans cette Alliance depuis mes quatorze ans. J’y ai joué à l’animateur culturel. J’y ai organisé la première fête la de la musique, j’y ai monté une troupe, Les enfants du théâtre, j’y ai joué au projectionniste de cinéma, monté des expositions, collé des étiquettes aux livres en prêt à la bibliothèque. Je suis parti des Comores il y a dix-sept ans, mais lorsque je suis revenu, j’ai cherché à travailler avec la même maison, dans la mesure où l’État comorien n’a pas su créer de lieu dédié à la culture. L’Alliance est la seule maison qui nous permettait de faire exister nos propositions d’artistes. Mais son incapacité actuelle à camper une certaine neutralité face aux soubresauts de la politique franco-comorienne nous oblige à bouger. Un artiste n’est pas fait pour se taire, et de nous interdire le lieu, nous amène à réfléchir à d’autres possibilités » estime Soeuf Elbadawi. Sa compagnie, créée en novembre 2008 avec des « sous empruntées à une banque parisienne », s’est mise à répéter et à jouer dans les villages, avec une dramaturgie à base de bouts de ficelle, et grâce à un réseau associatif très motivé par l’expérience, à BillKiss*, une boîte de production française, et surtout grâce à un partenaire inattendu aux Comores, la Fondation du Prince Claus, installée aux Pays-Bas. Un partenaire qui n’entretient aucun lien direct avec l’histoire immédiate des Comores, et qui s’est laissé séduire par le projet d’un théâtre citoyen, se nourrissant à l’aune du destin commun à ces îles, parlant au nom du mieux-vivre ensemble, se refusant au consumérisme, et se jouant dans un contexte où tout reste à inventer. Les formes, les lieux de représentation, la relation au public…
« Le théâtre aux Comores ressemble au nouveau-né. Il nous faut trouver des esthétiques parlant de leur réalité aux gens, aménager des lieux complètement inadaptés pour les défendre, éviter la relation tarifée pour que les gens se sentent pleinement spectateurs. Avec O Mcezo*, on est en train de réfléchir sur comment réécrire les premières pages d’histoire du spectacle vivant dans nos îles. Il y a beaucoup de prétention dans ce que l’on propose, et on n’arrive pas toujours à concrétiser nos rêves. Le théâtre, tel qu’on le conçoit de nos jours, existe aux Comores sous sa forme amateur depuis les années 40, seulement. Ce n’est pas très vieux. On ne parle de tentatives de professionnalisation que depuis vingt ans. Il n’y pas de quoi faire une crise. Nous ne sommes qu’au début d’une aventure, qui s’annonce rude, puisqu’on ne peut compter sur aucun acquis passé. Il existe des formes de théâtralité dans nos héritages culturels, mais rien de clairement établi comme étant du théâtre. Il nous faut donc repenser ce qui existe, et qui se rapproche de loin ou de près au spectacle vivant, sans succomber au mimétisme ambiant, et en essayant de toujours inventer une dramaturgie proche des gens avec qui l’on vit ». Danses liturgiques, chants de prière, joutes issues de l’enfance, procession digne du royaume des adultes et des imams maudits de cet archipel. Soeuf Elbadawi, et ses « camarades » comme il les surnomme, défendent l’idée d’un théâtre populaire, puisant ses formes et son propos dans les tranches de vie comoriennes. Ils charrient de l’inédit dans leurs spectacles en usant de très peu de moyens. Le jeu, la scénographie, et même la lumière, se construisent en fonction d’une réalité inscrite dans la précarité des arts. Les corps s’arrachent du quotidien à la force du poignet pour hanter la scène, la sciure de bois envahit le plateau pour leur éviter les chocs trop violents, et le plateau s’illumine à coup de lampes à pétrole lampant.
Le public moronien, qui avait pris l’habitude d’aller découvrir des formes de théâtre plus classiques, sur le plancher (« propre ») de l‘Alliance française, avec régie lumière téléguidée et son amplifié, se laisse ici surprendre dans des salles inadaptées où l’acoustique discutable ou dans des stades de basket où « la fragilité des moyens nous ramène à la sincérité de ce que l’on raconte ». Dans un paysage culturel, où les artistes cherchent bien souvent à imiter ce qui se fait de mieux ailleurs, plutôt qu’à inventer des stratégies de survie intellectuelle, en accord avec leurs réalités, O Mcezo* innove. « Nous n’avons plus le confort de l’Alliance française, mais nous sommes en accord avec la précarité de notre paysage d’existence dans ce que nous proposons à la scène ». L’occasion pour Soeuf Elbadawi et ses compagnons de débattre du rôle que doivent jouer les arts dans « ce pays sinistré », en allant tourner dans les villes et villages de l’archipel, avec cette esthétique portée par des bouts de ficelle, et des histoires tellement proches des gens « qu’ils finissent par nous pardonner nos écarts et notre nudité. Nous faisons un théâtre du pauvre, mais qui parle aux gens de leur propre vie. Vous ne pouvez pas imaginer comme c’est énorme dans ce pays à la mémoire encerclée, et à l’imaginaire des faits. Pour tous, nous sommes une graine de résistance, une promesse à la vie, même si nous savons que nos spectacles auraient besoin d’être retravaillés pour mériter d’être programmés ailleurs. Ce que les gens retiennent, c’est notre envie de dire qu’ils sont encore de ce monde, de dire qu’ils ne sont pas morts ».
Sur la scène, le propos se veut très peu consensuel. « Nous tentons de dresser un récit sur une réalité historique défragmentée. Nous n’envisageons pas cette réalité comorienne sous une forme linéaire. Le spectateur est plutôt acculé au mur. Il est sommé de réfléchir et de se faire sa propre idée sur cette réalité. Les gens préféreraient bien sûr qu’on leur mâche le travail, comme à la télé. Mais nous leur répondons qu’il faut qu’ils se débrouillent avec ce que nous montrons. Car nous n’avons pas de leçon à donner à qui que ce soit, nous n’avons que des points de vue à transmettre pour que le citoyen se forge sa propre opinion sur ce monde, et pour qu’il se prononce sur son devenir ». Sans en avoir l’habitude, ce public se sent bousculé dans ses prérogatives, et s’inquiète, en se souvenant d’une expérience similaire, portée par les jeunes et les arts dans les années 70 et 80 dans l’archipel. « En même temps, nous jouons sur la poésie des corps et sur une métaphore des non-dits, inspiré de la tradition orale, bien que porté par un discours de tous les jours. Les gens s’identifient à nos personnages. Même les fous de la vie réelle se reconnaissent dans nos personnages fictifs. Il faut croire que nous avons une esthétique qui amène le spectateur d’ici à admettre nos propositions sans trop d’impatiences. On fait quelque chose qui lui rappelle ce qu’il est tous les jours, au quotidien ou dans ses traditions, mais avec une nouvelle façon de le digérer. Ce qui finit par l’interpeller dans sa propre nudité ». De l’étrangeté au théâtre, et du réel dans les corps. La fanfare des fous, première création de la compagnie, entremêle les fils de la mémoire collective pour dire comment le peuple comorien a confondu les notions de « dépendance » et d' »indépendance » un beau matin de juillet 1975, au point de ne plus pouvoir « s’arracher aux pieds du monstre ».
Réconcilier le public avec sa culture
La fanfare des fous raconte l’histoire simple d’un « homme, revenu d’une lointaine terre d’abondance, et, qui, trouvant son pays désuni, décide de fonder une fratrie de fous étrange au bout du bout de l’archipel en détresse pour exorciser les démons de l’histoire ». Dans les villages, le public réagit à coups d’applaudissement et de rappels. Interrogeant leur public sur la base de valeurs solidaires, préexistant dans l’histoire récente et passée, les comédiens de la compagnie s’invitent sur les places publiques, se font héberger chez l’habitant durant leur tournée, mettent leur savoir-dire au service d’actions communautaire, en autorisant des associations à collecter des fonds avec leurs prestations, parlent d’espérances tues dans des débats improvisés, tout en répétant dans ces mêmes villages la geste du gungu la mcezo, ce fameux happening, à l’origine de la disgrâce de Soeuf Elbadawi à l’Alliance française. « Réfléchir à un théâtre en rapport avec nos réalités nous pousser à imaginer des formes de complicité avec ce public. Le gungu est une tradition qu’ils connaissent. Nous en avons fait un objet de théâtre au sens plein, qui nous autorise à fabriquer in situ, avec les gens qui nous accueillent, une proposition de théâtre de rue, à travers laquelle ils jouent un rôle actif, un rôle essentiel. Ce sont les communautés qui nous accueillent qui désignent le « gunguïsé », celui qui subit le gungu, qui écrivent les chansons et les slogans du gungu avec nous, qui l’interprètent dans les rues, et qui décident surtout du thème développé dans le happening. En mars, j’avais fait le gungu pour m’opposer au pacte pour la départementalisation de Maore par la France. Mais aujourd’hui, on le fait dans les villes et villages de l’archipel, en réaction contre ceux qui abusent des biens publics, contre la pédophilie, contre l’injustice sociale, contre la délation, contre le sida. Ce que nous appelons gungu la mcezo devient un outil de sensibilisation par le théâtre dont peuvent s’emparer d’autres acteurs du spectacle vivant aux Comores, puisqu’il s’agit d’un théâtre dans lequel le Comorien se retrouve. Nous nous sommes inspirés de sa tradition, de son histoire, de sa mémoire intime ». De fait, O Mcezo* réconcilie son public (« naturel ») avec sa propre culture, revue et corrigée par la magie du théâtre. Le gungu était une tradition de justice punitive et communautaire : « Nous en avons fait une performance de théâtre, parlant d’intérêt général ».
Soeuf Elbadawi et sa compagnie, dont le nom en langue shikomori (mtshezo) rassemble tout à la fois les notions de « jeu, de plaisir et de représentation », en profitent au passage pour parfaire leur projet d’une « tournée de création ». Une tournée durant laquelle ils expérimentent leurs propres limites face au réel. « Nous testons nos possibilités. Créer n’est pas tout. Voir le public réagir face à nos propositions, le voir applaudir à nos esthétiques ou nous pointer du doigt, nous donne l’impression de ne pas être totalement dans le faux. Inventer un théâtre qui nous ressemble, qui interpelle le citoyen, et qui traduise nos incertitudes, ne doit pas être que du discours. Encore faut-il éviter la facilité de ce qui est déjà établi, éviter la banalité de ce qui est convenu, et cette tournée nous autorise à le faire en live, en l’occurrence« . Objectif non déclaré pour le directeur de la compagnie O Mcezo* ? Parvenir à une « maquette » finale de La fanfare des fous, spectacle prévu pour être joué en salle, et défendre aussi le renouveau du spectacle de rue dans le pays, avec le principe labellisé du gungu la mcezo. « La Fondation du Prince Claus nous a offert des conditions pour tourner sur deux mois, et pour ajuster au mieux nos envies. Grâce à elle, nous jouons gracieusement dans les villages. Ce qui offre la possibilité d’une relation apaisée avec le public, qui paie au final, non pas pour nous voir, mais plutôt pour financer des actions collectives dans la cité où nous sommes programmés. Nos prestations servent à collecter un peu d’argent pour des actions d’intérêt général. Cela nous procure une certaine liberté dans nos recherches, puisque nous nous savons attendus. Par la suite, nous espérons pouvoir en sortir quelque chose de défendable aux yeux d’un public plus large ».
Le metteur en scène comorien espère, après cette tournée, pouvoir présenter La fanfare des fous à la Réunion, en France, sur le continent africain, et « pourquoi pas en Hollande ? », pays partenaire du projet, grâce à la Fondation du Prince Claus. « De s’intéresser à notre premier public, le public comorien, nous apprend à jouer dans un monde où rien n’a été pensé pour nous faciliter la tâche. À force d’aller de ville en village pour asseoir notre projet, dans des conditions plus que difficiles, nous finissons par ne plus rêver que d’une chose : un lieu de spectacle dédié, tout en sachant bien que ni l’État comorien, ni les hommes d’affaires d’ici ne pensent à ce genre d’initiatives pour l’instant. Ce qui se traduit par des propositions d’une très grande fragilité artistique sur le plateau d’un lieu comme l’Alliance française, mais qui évoluerons, on l’espère, de tout cœur avec ce public comorien, de plus en plus exigeant ». Car c’est l’obsession du moment pour le metteur en scène comorien. Un lieu d’existence pour la culture contemporaine dans l’archipel, qui s’affranchisse des « réalités de la domination économique, et des ambiguïtés de la relation coloniale telle que perpétuées par nos aînés et parents avec l’ancienne puissance ». Un lieu qui puisse accueillir les deux prochaines créations de la compagnie, « Undroni » et « ali.amani project« , des spectacles en préparation sur la cohésion sociale dans un pays déchiré et déconstruit.

O Mcezo* est en tournée de création dans l’archipel des Comores jusqu’au 23 octobre 2009, tournée entamée aux mois de juillet et août derniers. Prochains rendez-vous à Ntsudjini, Ntsaweni, Mitsudje, Moroni sur l’île de Ngazidja, et Fomboni sur l’île de Mwali.///Article N° : 8934

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Les images de l'article
La fanfare des fous à Iconi © DR
La fanfare des fous à Iconi © S. Elbadawi
Public de La fanfare des fous à Fumbuni © S. Elbadawi
La fanfare des fous à Mirontsy © Mourchid Abdillah
La fanfare des fous à Iconi © S. Elbadawi
La fanfare des fous à Iconi © S. Elbadawi
La fanfare des fous à Iconi © S. Elbadawi
La fanfare des fous à Iconi © DR
Le gungu la mcezo du 13 mars 09 contre l'occupation illégale de Mayotte par la France à Moroni © S. Ahmed Ali Amir
Gungu la mcezo contre le sida à Mirontsy © S. Elbadawi
Gungu la mcezo contre la suspicion à Ouani © S. Elbadawi
La fanfare des fous à Mirontsy © S. Elbadawi
La fanfare des fous à Mirontsy © S. Elbadawi
La fanfare des fous à Mirontsy © S. Elbadawi
La fanfare des fous à Mirontsy © S. Elbadawi
Lampe à pétrole lampant sur sciure de bois pour La fanfare des fous © S. Elbadawi
La fanfare des fous à Mirontsy © Mourchid Abdillah




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