Zawia bis

Un des chantiers ouverts au Muzdalifa concernait le soufisme, l’un des visages les plus populaires de l’islam aux Comores. Une pratique, aujourd’hui menacée par les wahhabites et les radicaux de tous bords, que le lieu s’autorisait à interroger depuis sa création. Mourchid Abdillah, co associé à la direction du lieu, était responsable du dispositif mis en place sur cette question. A l’instar de Mwinyi Baraka, grande figure de la confrérie shadhulii (1) aux Comores, vous avez essayé de promouvoir la pratique soufie, en l’aidant à sortir des murs de la zawia (2) . Il y a eu une série de conférences sur cette tradition mystique de l’islam, des performances théâtrales, des collaborations inédites, sous forme de disque… Sortir le soufisme de la zawia est une activité inhabituelle dans le pays. Mais si nous observons bien ce qui se passe dans les mosquées, partout dans le monde musulman, rares sont ceux qui restent longtemps à l’endroit où ils ont effectué leurs prières obligatoires. La zawia provient, elle-même, du désir de ne pas déranger la majorité présente à la mosquée. Les soufis préféraient disposer d’un endroit réservé, où ils pouvaient, tout en restant ouverts au monde, promouvoir un islam éclairé, au nom de la droiture et du vivre-ensemble. Des questions qui nous interpellent depuis la création du Muzdalifa. Il ne faut pas oublier que nous sommes dans un pays musulman. Nous ne pouvions éviter la question religieuse. Et comme on dit, si les gens ne vont pas à la zawia, rien ne l’empêche de venir à eux. Au Muzdalifa, nous n’avons pas attendu de la voir venir. D&egr...
Connectez-vous pour lire la suite de l'article...
Si vous avez déjà un compte client sur Africultures vous pouvez saisir vos paramètres d'identification :

Si vous n'êtes pas encore abonné à la revue AFRICULTURES, vous pouvez le faire en cliquant sur Adhérer.
Partager :

Laisser un commentaire