Cinéma/TV

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Entretien d'Olivier Barlet avec Charles Mensah

à Khouribga, juin 2006

Le nouveau président de la Fédération panafricaine des cinéastes (la Fepaci), Charles Mensah, par ailleurs directeur du Centre du cinéma gabonais, dresse ici un état des lieux des cinémas africains et des perspectives de travail de la Fepaci. Il revient sur la diversité des cinémas et le prix à payer pour toucher les publics africains.

Rapport de synthèse de l'Atelier Cinéma Audiovisuel

Quatre ateliers thématiques ont été organisés par CulturesFrance le 23 octobre 2006 en préparation des Rencontres « Maintenant l’Afrique ! » Ces ateliers avaient pour but de dégager les principales problématiques des filières artistiques afin de nourrir les débats du colloque. Une trentaine de professionnels, dont des représentants d’organismes d’appui à l’audiovisuel en Afrique, ont participé à l’atelier Cinéma, animé par Olivier Barlet.

« Le cinéma africain n’a pas de marché », entend-on un peu partout. Effectivement, les rares films produits ont du mal à percer au Nord tandis qu’au Sud, le tableau s’assombrit : les salles ferment, le piratage fait la loi, les télévisions n’assurent aucun relais, les États laissent faire, le public préfère les films américains ou les productions populaires locales. Est-ce la mort du cinéma d’auteur africain ?

Les films vidéo se multiplient à Madagascar mais peinent encore à se faire connaître à l’étranger et seront absents du prochain FESPACO. Si bien que sur l’Ile Rouge, producteurs et réalisateurs s’organisent pour gommer l’image d’amateurisme qui colle à leurs œuvres.

De Marion Hänsel

Nouvel avatar du regard réducteur que développent avec les meilleures intentions du monde des réalisateurs ou réalisatrices occidentaux lorsqu’ils prennent l’Afrique comme décor de leur propre fiction, Si le vent soulève les sables, adapté du roman Chamelle de Marc Durin-Valois et coproduit par la RTBF et Arte, est à ranger parmi les plus graves ! Bien sûr, le film est entièrement en français, marketing de diffusion oblige puisque c’est le public jeune qui est visé. Côté casting, on prend un Burkinabè et une Rwandaise, on leur met de mignons enfants djiboutiens dans les bras et voilà une famille africaine. De…

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De Phillip Noyce

Un thriller politique : c’est ainsi qu’est racontée la vie bien réelle de Patrick Chamusso, qui fut combattant de la branche armée de l’ANC, le MK (Mkhonto we Sizwe, la « lance de la nation ») et a finalement passé dix ans à Roben Island, la prison où Mandela en a passé vingt-sept. Chamusso est passionné de foot, a un bon job et aime sa femme et ses deux filles. Il ne s’occupe pas de politique et ne danse même pas avec les autres lorsqu’une bombe du MK éclate dans la raffinerie où il travaille. Ce sont les années 80, à l’époque…

De Vittorio De Seta

Découragé par la bureaucratie du système de production, Vittorio de Seta, cinéaste dont les documentaires sur les paysans italiens ont marqué le cinéma mondial, n’avait pas tourné depuis longtemps et préféré cultiver ses oliviers en Calabre. C’est un homme âgé (il est né en 1923) qui reprend la caméra et s’il le fait, c’est qu’il est scandalisé par la méconnaissance du vécu immigré et son invisibilité dans les médias italiens :  » Les Africains sont aujourd’hui comme des ombres. Ayant été moi-même prisonnier de guerre, je sais ce que c’est que cette impossible présence. » Soucieux de leur redonner une dignité,…

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Un regard très partiel une fois de plus sur les Rencontres cinématographiques de Manosque qui fêtaient cette année leur 20ème édition du 30 janvier au 4 février et où je n’ai pu passer que peu de temps. Mais d’emblée, la confirmation de la qualité de cette manifestation qui mise sur la découverte de films et de réalisateurs qui sont toujours invités à venir rencontrer le public dans cette ambiance très conviviale que permettent les petits festivals. Sauf que cette année, côté vision de l’Afrique, ce n’était pas tout simple. Nous nous cantonnerons comme d’habitude à cette part africaine de la…

L'Afrique à travers un kilt

Idi Amin Dada aimait l’Ecosse pour la même raison que les Français : parce que, dit-on, les Ecossais n’aiment pas les Anglais. Héros du peuple ougandais lors de sa prise de pouvoir en janvier 1971, homme providentiel accueilli par la communauté internationale, Idi Amin mena une politique de violence que les Anglais cautionnèrent bien trop longtemps. Il élimina d’abord l’opposition, tuant des centaines de personnes, ordonna l’émigration à l’ensemble de la population asiatique, rompit les relations diplomatiques avec Israël pour demander le soutien de l’Union Soviétique et du Liban, le tout saupoudré de déclarations fantasques qui faisaient les délices de…

De Samba Félix N'Diaye

C’est par la belle voix de Samba Félix N’Diaye que débute ce documentaire : par le hublot de l’avion, la descente sur Dakar. Il rentre au pays. Et en quelques images chaotiques du centre-ville, le pose comme un cauchemar. Sa déception le mène à l’investigation. Il laisse la voix à « son carnet d’adresses », une série de brillants intellectuels africains qui vont donner leur diagnostic sur l’état de l’Afrique depuis les indépendances, ce qu’Adama Samessekou, qui préside à Bamako l’Académie africaine des langues, appelle un « bal macabre ». Le film est alors un montage d’interviews, et aurait pu tomber dans le contraire du…

Les affrontements sont éternels

Blood Diamond fait un pari difficile : traiter d’un sujet extrêmement sérieux, complexe et dramatique avec un produit Hollywood pur jus. Alors disons-le tout de suite, le pari est gagné, même si toutes les questions éthiques ne sont pas résolues. Leonardo DiCaprio ajoute encore une performance irréprochable à son CV déjà impressionnant. Après avoir pratiqué l’accent irlandais dans Gangs of New York et Les Infiltrés, il se délecte ici des différents créoles africains qu’il adopte selon ses interlocuteurs. Danny Archer est profondément ancré dans la culture politique africaine et refuse par exemple de parler du Zimbabwe pour nommer sa Rhodésie natale…

De Marie-Clémence et César Paes

Réalisé en 1989 et sortant en mars 2007 en dvd, ce documentaire avait recueilli toutes les éloges lors de sa diffusion sur La Sept-Arte et dans les festivals où il ramassa de nombreux prix. Il n’a pas pris une ride et enchante de bout en bout. « Ce n’est pas moi qui ment, mais ceux qui nous ont précédé », dit le premier conteur. Cela démarre effectivement par un conte d’origine du monde sur des images d’une incroyable beauté. L’eau y est omniprésente, de la mer à la terre gorgée et au ciel plombé. Ces images superbes nous emportent dans la contemplation…

Les salles de cinéma camerounaises sont de plus en plus désertées par les cinéphiles. Les raisons de cette défection sont multiples et variées.

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Un stand de vcds devant la Grande Poste à Yaoundé
Vendeurs de cds devant la Grande Poste
L'ancien cinéma Capitole à Yaoundé
L'entrée de l'Abbia à Yaoundé
Le cinéma Abbia
Les vcds en vente ou location dans l'échoppe de Grace Kwachuh




Entretien de Leïla Elgaaïed avec Hichem Ben Ammar à propos de J'en ai vu des étoiles

– Le titre de votre documentaire constitue tout un programme… CHOFT ENNOUJOUM FIL QUAÏLA veut dire  » j’ai vu trente six chandelles « . Cette expression familière illustre de manière ironique l’étourdissement que peut provoquer un mauvais coup et prend, à propos de la boxe, un double sens dont on retrouve l’équivalent dans l’expression en anglais :  » And I saw stars « . Le surréalisme de la traduction littérale en français:  » j’ai vu les étoiles à l’heure de la sieste », révèle aussi une certaine dérision. Il s’agit, en effet, d’une série de portraits de postulants au vedettariat qui ont, peu ou prou, réussi à gravir les marches…

De Hichem Ben Ammar (Tunisie)

Dans la boxe, on dit qu’il faut « cadrer » son adversaire, c’est-à-dire choisir un angle et une bonne distance. C’est exactement ce que fait Hichem Ben Ammar qui affirme avec ce nouveau documentaire dans la lignée de Cafichanta (2000) et surtout du très beau Ô capitaine des mers (Raïs Labhar, 2002) un style et une démarche. En prenant pour sujet l’histoire de la boxe en Tunisie, c’est-à-dire de ces boxeurs qui ont marqué l’Histoire, c’est une histoire non-conventionnelle et certainement pas politiquement correcte du pays qu’il nous livre. Si le premier boxeur tunisien et musulman Hassen El Karrèche correspond à l’éveil…

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La 7ème édition du festival national annuel du film amazigh (berbère) a eu lieu à Tlemcen, Algérie, du 11 au 15 janvier 2007. Festival itinérant, il avait déjà été organisé à Alger en 1999, puis à Tizi Ouzou, Oran, Bobigny, Annaba, Ghardaïa et aura lieu à Sétif en 2008. Le directeur de la télévision algérienne s’est engagé à acheter les droits des films ayant reçu l’olivier d’or, le trophée du festival.

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Mohamed Bensallah et le comité de préparation d'une association algérienne de la critique cinématographique lors d'un débat public
Réunion pour la formation d'une association algérienne de critique cinématographique
Les trois réalisateurs libanais venus présenter leurs films lors d'un regard sur le cinéma libanais
La maison de la Culture de Tlemcen où a eu lieu le festival
De gauche à droite, les réalisateurs Smaïl Messaoudi, Menad Embarek, Saïd Bellili et Sami Allam lors d'un débat public après leurs films
Le commissaire du festival, Si El Hachemi Assad, lors de son discours d'inauguration
Abdourrahmane Bouguermouh durant l'hommage qui lui a été rendu
Le carnaval de la cérémonie d'ouverture à l'occasion du nouvel an amazigh, yennayer
Le commissaire du festival, Si El Hachemi Assad




Les chiffres officiels

L’industrie du film nigériane est considérée comme l’un des secteurs porteurs de l’économie nationale. Pour valider ce postulat, le Département des Recherches & Statistiques de la Nigerian Film Corporation a réalisé une étude à partir de données du National Film and Video Census Board (NFVCB) pour déterminer le nombre exact de films produits et mis sur le marché dans le pays entre 1997 et 2003. Différentes variables ont été employées pour l’analyse, telles que la production par États / Régions, les langues employées ou la classification films enfants / adultes.

Propos sur le cinéma et l'Afrique de Djibril Diop Mambety recueillis par Beti Ellerson Poulenc en avril 1997

Comment j’en suis venu au cinéma ? Quand j’étais plus jeune, nous fabriquions un écran avec un grand drap blanc que nous pendions au milieu de la maison. Nous allumions une bougie que nous placions derrière l’écran et les gens s’asseyaient des deux côtés. On découpait des images pour en faire des personnages. Les chevaux faisaient « turerunturenkungkungkung. » On bâtissait une histoire et ça devenait notre film. Ensuite il y a eu l’école occidentale mais je me suis rendu compte que ça n’était pas pour moi. Je me souvenais des films que je faisais lorsque j’étais plus jeune. D’abord j’y pensais de…

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Djibril Diop Mambety
Djibril Diop Mambety
Djibril Diop Mambety
Djibril Diop Mambety
Djibril Diop Mambety




Transcription of a filmed interview/dialogue with Djibril Diop Mambety by Beti Ellerson Poulenc in April 1997

Cinema ? How did I come to cinema ? As youngsters, we used to make a screen out of a white cloth and put it in the middle of the house. We lit a candle and put it behind the screen where people would sit on both sides. We cut out pictures to make characters, and the horses would make the sound « turerunturenkungkungkung. » We made this into a story and it became our film. Then we went to the western school. But it came to a point when I realized that this school was not for me. I thought back…

De Daoud Aoulad Syad

Tarfaya est le film d’un instant. Le temps s’est arrêté à Tarfaya, ce village entre sable et mer avec pour seul horizon Fuerteventura, les Canaries, cette Europe dont les lumières de fêtes narguent ceux d’ici. Car ici, tout le monde attend de partir et ceux qui restent vivent de cette attente. La dureté est de mise : on ne peut faire confiance à personne, pas même au gentil Hassan ou au chef de la police. Surtout si l’on est une femme et qu’on s’appelle Miriam. Rien ni personne n’est sûr. Les passeurs détroussent les brûleurs avant de les dénoncer ou…

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