Bruno Boudjelal, photographe de l’intuition

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Après l’Algérie en noir et blanc et en couleurs, les villes africaines en couleurs… Bruno Boudjelal poursuit son voyage photographique mais 2003 est pour lui une année de présentation avec une suite d’expositions sur ses retours en Algérie.

C’est le retour sur les traces du père, de la famille, de sa part d’histoire algérienne qui marque véritablement les débuts de la photographie pour Bruno Boudjelal. Dix années se sont écoulées (le premier voyage a eu lieu en 1993) qui ont vu l’évolution du regard et de la manière de photographier. D’un regard centré sur l’intérieur, le monde rassurant de la famille retrouvée, son acuité visuelle s’est tournée de plus en plus vers l’extérieur : l’Algérie urbaine, rurale ; sur la réalité (souvent si dure) vécue par les gens.
Dans sa façon de travailler, dans les thèmes peut-être aussi, certains voient l’influence de Robert Franck, de William Klein (New York notamment). D’autres sentent la marque d’Antonioni, le cinéaste italien.
Bruno Boudjelal confirme une admiration pour ces grands noms de l’image. Mais les voyages successifs en Algérie ont été tout aussi formateurs : la réalité du terrain a poussé le photographe vers une technique que l’on pourrait qualifier d' » intuitive « . Peu ou pas de cadrage ; pas de regard dans le viseur. Ce sont les doigts qui sentent et parlent.
Hier, une photographie plutôt descriptive,  » journalistique  » en noir et blanc. Puis la distance semble avoir été peu à peu abolie et la couleur a remplacé le noir et blanc.
Aujourd’hui, Bruno Boudjelal regarde ses propres images avec étonnement, avec doute souvent. Pourtant, elles suscitent une véritable émotion ; s’en dégagent un respect et une tendresse pour l’autre indéniables.
Et la scénographie vient aussi servir le sens lors des expositions. Des niveaux de lecture sont ainsi définis pour l’assemblage des images, une histoire (vue sous plusieurs angles) est racontée à l’intérieur de Chroniques algériennes d’un retour. Le slide-show (diaporama en musique) confirme cela. Le cinéma n’est pas loin !
L’année 2003 voit une présentation des images fortes produites durant ces dix années de retours en Algérie, avec plusieurs expositions. A Brest, au Quartz jusqu’au 21 juin, puis en Arles, lors des Rencontres internationales photographiques , le slide-show sera projeté en continu tout au long de l’été. À l’automne, la Scène nationale de Valence puis La Filature à Mulhouse accueilleront à leur tour l’exposition présentée à Brest.
Cette actualité importante n’empêche pas le photographe de penser au prochain travail. Un projet, qui lui tient particulièrement à cœur, porte sur les villes africaines au sud du Sahara. Des villes  » tentaculaires « , pleine d’une énergie, d’une vie et d’une créativité qu’il pressent sans les avoir jamais vues : Lagos, Kinshasa, Johannesburg, Nairobi, Abidjan… Déjà, des séjours à Niamey (Niger) puis à Bamako (Mali) lui ont donné l’occasion de rencontres, d’une confirmation de son intuition. Les images produites dans ces deux villes renforcent le désir de voir le fruit de ce travail photographique en projet.
Après l’Algérie en noir et blanc et en couleurs, les villes africaines en couleurs… Bruno Boudjelal continue, sur la voie de l’image et par le voyage, de capter l’essence (universelle) de l’humanité où qu’elle soit.

Bruno Boudjelal est membre de l’Agence Vu
Voir sur www.afriphoto.com son exposition  » Jours intranquilles : chroniques algériennes d’un retour (1993-2002)  »
© Bruno Boudjelal/Agence Vu///Article N° : 3002

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