Événements

Etats généraux du film documentaire de Lussas 2008
20ème édition

Français

États généraux du film documentaire
Vingtième édition, Lussas, 17-23 août 2008

Depuis vingt ans, les enjeux esthétiques, politiques et économiques du cinéma documentaire orientent les choix éditoriaux des États généraux du film documentaire. Cette vingtième édition sera l’occasion de réunir une partie des professionnels qui ont participé au développement et à la reconnaissance de la manifestation et de convier de nouveaux partenaires à rejoindre la dynamique de formation, de diffusion et de réflexion qui anime la manifestation depuis sa création.

Les séminaires
Formes de lutte et lutte des formes
Pièges du formatage ou promesses de la forme ?
Jean-Louis Comolli, Patrick Leboutte, Marie-José Mondzain

« On ne conteste jamais réellement une organisation de l’existence sans contester toutes les formes de langage qui appartiennent à cette organisation. La forme doit correspondre au contenu. Au centre de l’expression aujourd’hui, je crois qu’il faut bien voir la place de cette notion de détournement, qui me semble être, à tout le moins, la base de cet art critique ».
Debord, in « Sur le passage de quelques personnes à travers une assez courte unité de temps »

Corps à corps, le corps filmé
Nicole Brenez

Les origines du cinéma sont indéfectiblement liées au désir d’observer les corps, et plus particulièrement le corps en mouvement. Muybridge et Marey inventeront les premières machines à saisir, analyser et traiter le mouvement, selon des perspectives politiques et économiques qu’il faut interroger. Compréhension, domestication, rentabilisation, asservissement des corps : le cinéma sert de tels objectifs pratiques. Mais, surtout dans le champ de l’essai documentaire, il s’est montré aussi capable de revenir sur de telles déterminations, de développer les moyens critiques, d’analyser les voies par lesquelles les images participaient au contrôle des gestes, des comportements, et même de notre imaginaire corporel. Au risque de la censure, il s’est battu pour développer des représentations déchaînées, incontrôlables, singulières et déviantes du corps, repensé dans tous ses états.

Les rencontres professionnelles
S’interroger, s’informer et se mobiliser au cours de temps de rencontres qui réunissent différents acteurs professionnels du documentaire.
Les rencontres Collectif « ROD », Collectif « RED », « Lignes éditoriales des chaînes de télévision », « Écriture documentaire et développement des projets » avec le CNC, « Écriture documentaire et formation » avec l’École du doc de Lussas s’enrichiront de nouveaux temps de rencontres et d’échanges en cours d’élaboration.

Les sélections
Incertains regards

Une nouvelle équipe cette année avec Fleur Albert et Gérald Collas
Sélection non compétitive de documentaires français, belges, luxembourgeois et suisses réalisés en 2007 – 2008.
Les projections sont suivies de débats, en présence des réalisateurs et des producteurs, centrés sur des questions de cinéma, d’écriture ou de production.
Date limite d’inscription des films : 20 mai 2008.

Histoire de Doc : Royaume Uni
Des premiers pas du cinéma aux mouvements marquants du documentaire britannique, retour sur des œuvres de patrimoine et de référence peu diffusées.

Route du doc : République Tchèque
Un regard sur le cinema documentaire tchèque d’aujourd’hui.
Partir à la découverte de la cinématographie d’un pays est une expérience particulière, surtout quand au-delà des films, des liens se font jour qui racontent une part de l’histoire de ce pays et de son cinéma. C’est ce que tente d’explorer, cet instantané subjectif d’une cinématographie.

Fragments d’une œuvre
Rétrospectives d’auteurs, retour sur des filmographies oubliées ou découverte de nouveaux auteurs.

Journée Sacem
Sélection de documentaires musicaux ou de films sur la musique, en lien avec les thématiques de l’année.
Remise du prix annuel du documentaire musical.

Journée Scam
Sélection de documentaires ayant obtenu la bourse « Brouillon d’un rêve » et aussi la Nuit de la radio.

Et aussi la programmation Afrique, les séances spéciales, les séances Plein air…

>> programmation Afrique


Afrique

En guise de préambule, quelques questions simples pour se donner quelques repères communs. Qu’est-ce qui différencie le travail d’un documentariste africain de celui d’un documentariste européen ? Je dirais, essentiellement, comme pour tous les continents, toutes les civilisations, trois éléments : le réel visible qui entoure l’auteur ; sa singularité et sa culture ; et enfin, puisque nous parlons d’un art qui, par ailleurs, est une industrie, la différence des conditions de production. Qu’est-ce qui les rapproche, leur est commun ? De nouveau, trois points essentiels : bien évidemment, l’appartenance à un même continent – le cinéma monde, ainsi qu’aux grandes écoles esthétiques qui le traversent depuis plus d’un siècle ; ensuite, l’utilisation des mêmes outils artistico-industriels que sont les outils numériques; enfin, à la faveur de la mondialisation, le sentiment d’appartenir à un mouvement artistique indépendant et planétaire en devenir, porteur de repères et de regards avisés sur les transformations des sociétés humaines.
Allons plus loin, et demandons-nous alors s’il existe des différences d’ordre national en Afrique même, par exemple, entre le documentaire sénégalais et le documentaire congolais. Dans le prolongement de la réponse précédente, je réaffirmerai : le réel visible que produisent ces sociétés est déjà une différence. Prenons, par exemple, l’univers sonore d’une rue de Brazzaville, on y entend les cloches des églises sonner. À Dakar, c’est l’appel du muezzin qui rythme le temps et occupe l’espace. Quant aux auteurs, une réalisatrice protestante de Brazzaville, ayant grandi dans une famille monoparentale après l’assassinat de son père durant la guerre civile de 2002, n’a certainement pas la même histoire ni la même culture qu’une réalisatrice de Saint-Louis du Sénégal, de confrérie mouride et vénérant en secret les génies de l’eau ; d’autant plus si elle est issue d’une famille polygame avec une dizaine de frères et soeurs ; et il y a fort à parier qu’un de ses parents proches a pu s’embarquer sur une pirogue pour tenter de rejoindre les côtes espagnoles. Mais peut-on affirmer pour autant qu’il existe un cinéma documentaire sénégalais ou un cinéma documentaire congolais ? Pour parler d’un cinéma national ou même d’un cinéma documentaire africain sub-saharien, il faudrait d’abord pouvoir parler d’une histoire du cinéma documentaire en Afrique, et ensuite, peut-être, d’une histoire du documentaire sénégalais ou congolais. Or, il n’en est rien. La quantité réduite de films produits depuis cinquante ans écarte d’emblée cette hypothèse. Il y a eu des pionniers certes, mais parler d’histoire serait excessif, car il ne s’agit pas d’un mouvement d’ensemble qui, par sa singularité, son ampleur et sa durabilité, aurait marqué l’histoire du cinéma; néanmoins, ce qu’ont réalisé ces acteurs pionniers n’a pas été vain. Ils ont en quelque sorte bâti la Préhistoire.
Mais un mouvement se construit depuis quelques années à la faveur de la révolution numérique, de l’arrivée de nouveaux possibles économiques, de formations qui se sont mises en place et qui continuent à se multiplier…
Et il a bien pour ambition de constituer une vague suffisamment ample et pérenne (tant sur le plan artistique qu’industriel) pour permettre au documentaire africain de se construire et d’initier son histoire ! Cette sélection Africadoc de Lussas en est, entre autres,
l’une des manifestations.
Cette année, notre programmation s’articule en deux temps. Le premier temps présentera des premiers films Afrique et l’explicite documentaire issus des résidences d’écriture d’Africadoc et du Master
2 réalisation documentaire de création de Saint-Louis du Sénégal (créé en 2007-2008). Dans Yandé Codou, la griotte de Senghor, Angèle Diabang Brener tente de documenter la star griotte de Senghor en s’incorporant au film. En évitant d’en faire un portrait édifiant, elle gère et dessine magistralement l’humeur capricieuse de
la reine Yandé. Avec La Robe du temps, Malam Saguirou filme, à travers le parcours « entrepreneurial » de son ami, le passage du commerce traditionnel de la viande à la boucherie capitaliste au Niger. Après Une fenêtre ouverte, Khady Sylla et Charlie Van Damme se sont retrouvés, à Dakar, pour cette fois mettre en scène et en situation le processus quotidien d’humiliation et d’exploitation sociale des bonnes, en filmant leurs silences et en théâtralisant leurs révoltes. Du côté des films réalisés par les étudiants du Master de Saint-Louis du Sénégal, Delphe Kifouani, dans une adresse mélancolique à son ami absent, interroge son africanité et les différences entre lui, Congolais de Brazzaville, et ses amis wolof du Sénégal. Marie-Louise Sarr, par son usage de la construction sonore et du montage répétitif, dessine l’image du « travail usine » dans le restaurant universitaire de Gaston Berger. Sani Magori documente la
chaîne de la pauvreté et de la faim autour du pain nourricier.
Mamounata Nikiéma nous instruit sur le riz et la dépendance alimentaire du Sénégal. La question alimentaire et celle de l’appartenance à une culture et à un territoire balisent sans conteste l’esprit de ces premières oeuvres dont la puissance du point de vue et la variété des écritures sont absolument prometteuses.
Le second temps de cette programmation présentera, à partir des propositions reçues cette année, quatre films faits par des réalisatrices et des réalisateurs métis, pris dans un mouvement de retour à l’Afrique, sans pour autant vouloir y vivre. Ils et elles travaillent, dans chacun des films, des paroles africaines complices, qui sont autant d’expressions de désir que de récits de comportement, de position voire d’engagement. Alice Diop, avec Les Sénégalaises et la Sénégauloise, et Katy Lena Ndiaye, avec En attendant les hommes, cherchent toutes deux à saisir comment pensent et rêvent les femmes par des dispositifs de filmage et de récit minimalistes.
Grâce à une exploration intime de l’univers mental et quotidien de leurs personnages, elles nous documentent magnifiquement, mais laissent planer, comme une question centrale non résolue, la violence
que peuvent représenter ces films pour les personnes et les sociétés documentées. Avec Philippe Lacôte, Chroniques de guerre en Côte-d’Ivoire, et Anne-Laure de Franssu, Yere Sorôkô, on est en Côte-d’Ivoire, dans le sillage des parcours personnels d’auteurs qui tentent
de remonter le fil pour faire émerger un peu d’humanité dans le chaos de l’Histoire. Ils nous documentent par le mouvement-enquête de leurs films. Entre la parole de leurs protagonistes et leurs propres mots sur l’état de la Côte d’Ivoire, c’est évidemment l’écho de leurs propres existences qui nous est aussi donné à entendre.
Cet ensemble de films a une valeur majeure, celle de rendre explicites des enjeux implicites, souvent tus. Les débats risquent donc d’être vifs, ici et ailleurs. La dimension du secret, du mensonge par omission, n’a pas la même valeur en Afrique sub-saharienne qu’en
Europe. L’implicite permet de régler bien des contentieux et de rendre plus apaisé le vivre ensemble. Dans des sociétés très contraignantes (omniprésence des familles, du religieux, des communautés…), c’est une manière – souvent – de préserver la liberté individuelle des êtres et de se construire malgré les déterminismes sociaux. Le documentaire, dans son travail de mise en lumière du secret, fait passer les enjeux connus et souvent tus par tous, de l’implicite à l’explicite. Il documente sur l’état réel, le quotidien des gens. En cela, il provoque inévitablement des réactions vives de la part des sociétés qu’il prend pour sujet. Il marque aussi sans doute une rupture culturelle majeure que les jeunes documentaristes africains auront, dans les années à venir, l’obligation de mesurer et de gérer. Il s’inscrit comme la nouvelle mémoire des peuples de l’oralité et peut leur donner une nouvelle puissance. Peut-être est-il le nouveau génie des âmes africaines ? Nous en parlerons au cours de ces deux jours.

Jean-Marie Barbe

Chaîne alimentaire
MARIE-LOUISE SARR
Lundi 18 à 10h00, Salle 2
Beta SP
Rediffusion samedi 23 à 14h30, Salle 1

Un ami est parti
DELPHE KIFOUANI
Lundi 18 à 10h00, Salle 2
Beta SP
Rediffusion samedi 23 à 14h30, Salle 1

Yandé Codou, la griotte de Senghor
ANGÈLE DIABANG BRENER
Lundi 18 à 14h30, Salle 2
Mini DV, VOSTF

La Robe du temps
MALAM SAGUIROU
Lundi 18 à 14h30, Salle 2
Beta Num., VOSTF

Le Monologue de la muette
KHADY SYLLA, CHARLIE VAN DAMME
Lundi 18 à 14h30, Salle 2
Beta SP, VOSTF
Rediffusion samedi 23 à 14h30, Salle 1

Les Sénégalaises et la Sénégauloise
ALICE DIOP
Mardi 19 à 14h45, Salle 3
Beta SP

Chroniques de guerre en Côte-d’Ivoire
PHILIPPE LACÔTE
Mardi 19 à 14h45, Salle 3
Beta SP
Rediffusion samedi 23 à 14h30, Salle 1

En attendant les hommes
KATY LENA NDIAYE
Mardi 19 à 14h45, Salle 3
Beta SP, VOSTF
Rediffusion samedi 23 à 14h30, Salle 1

Yere Sorôkô, en quête d’une vie meilleure
ANNE-LAURE DE FRANSSU
Mardi 19 à 14h45, Salle 3
Beta Num., VF

English

As an introduction, a few simple questions to establish
some shared references. What differentiates the work
of an African documentary filmmaker from that of a
European? I would say essentially, the same as all continents,
all civilisations, three elements: the visible reality
which surrounds the author; their singular personality
and culture; and finally as we are speaking of an art
which is also an industry, the difference in production
conditions. What brings them together, what do they
share? Once again, three crucial points: obviously
belonging to the same world: the planet cinema as well
as the major aesthetic trends which have crossed it for
more than a century; then the use of the same artistic
and industrial tools which today are digital; finally, thanks
to globalization, the feeling of belonging to an emerging
independent and global artistic movement, bearing
references and conscious ways of looking at the transformations
of human societies.
Let’s go a little further and ask whether there exist
national differences within Africa itself, for example
between Senegalese and Congolese documentary.
Continuing the previous response, it seems clear that
the visible reality these societies produce is already a
difference. Take for example the sound-scape of a street
in Brazzaville where church bells can be heard ringing,
and that of Dakar where the call of the muezzin to prayer
marks time and occupies space. As for film authors, from
Brazzaville we have a protestant raised woman who grew
up in a single parent family after the assassination of
her father during the 2002 civil war. She certainly does
not have the same culture or history as the woman
cineast from Saint-Louis in Senegal, a member of the
mouride sect and who secretly prays to the genie of the
water; and even more so should this person come from
a polygamous family with a dozen sisters and brothers
and a strong likelihood that one of them will embark
on a pirogue attempting to reach the Spanish coast. But
even taking into account these differences, can we claim
that there is a Senegalese documentary or a Congolese
documentary cinema? To speak of a national cinema
or even of a sub-Saharan African documentary cinema,
we would have to first speak of a history of documentary
film in Africa, and then perhaps of national
documentary histories. There have been certainly
pioneers whose work has left essential marks, like
foundation stones, but perhaps it is premature to speak
of a fully blown history.
However thanks to the digital revolution, the arrival of
new funding possibilities, training sessions that have
been established and continue to multiply, a movement
has emerged over the past few years that has as its goal
the creation of a sufficiently large and durable current
(both artistic and industrial) to allow the construction
of an African documentary history. This Africadoc selection
at Lussas is, among others, one of the events where
this movement is visible.
This year, our selection is organized around two groups
of films. One group consists of the first films to emerge
from the writing residences organized by Africadoc and
the Master 2 creative documentary direction programme
at Saint-Louis, Senegal (created in 2007-2008). In
Yandé Codou, la griotte de Senghor, Angèle Diabang
Brener films Senghor’s star poetess and singer. The film
avoids the pitfalls of hagiography and draws a masterly
portrait of the capricious moods of Queen Yandé. With
La Robe du temps, Malam Saguirou films, through the
enterprising career plan of his friend, the transition from
the traditional meat trade to a capitalist butchery in Niger.
After Une fenêtre ouverte, Khady Sylla and Charlie Van
Damme met again in Dakar this time to stage and
contextualise the daily humiliation and exploitation of
maids, filming their silences and theatrically dramatising
their revolt. Among the films directed by the
Master’s students at Saint-Louis in Senegal, Delphe
Kifouani, in a melancholy letter read to his absent friend,
questions his Africanness and the differences between
himself, a Congolese from Brazzaville, and his Wolof
friends in Senegal. Marie-Louise Sarr, using sound
construction and repetitive montage, sketches a portrait
of the « factory work » in the university canteen of Gaston
Berger. Sani Magori documents the chain of poverty and
hunger around our daily bread. Mamounata Nikiéma
instructs us on the importance of rice and Senegal’s
dependence on food imports. The question of food and
the sense of belonging to a culture and a territory are
undisputedly present in the mindsets of these first
works which show clearly promising signs of a maturing
viewpoint and a variety in the styles of filmmaking.

The second group of films selected from the submissions
received this year is composed of four films made
by coloured men and women directors all caught in a
movement of return to Africa without wanting to live
there. All these filmmakers work with African voices in
a complicity that expresses desire as it tells tales of behaviour,
positioning or even of commitment. Alice Diop with
Les Sénégalaises et la Sénégauloise, and Katy Lena
Ndiaye, with En attendant les hommes, are both
seeking to express how women think and dream through
minimalist approaches to filmmaking and narrative.
Thanks to an intimate exploration of the daily mental
universe of their characters, they magnificently document,
at the same time as they suggest as an unresolved
issue, the violence that these films can represent for the
people and societies being filmed. With Philippe Lacôte,
Chroniques de guerre en Côte-d’Ivoire, and Anne-
Laure de Franssu, Yere Sorôkô, we are in Ivory Coast
in the wake of the personal trajectories of authors who,
while following the thread of an investigation, try to
extract a little humanity from the chaos of recent
History. They inform us through the movement of
enquiry which constitute their films. Between the
discourse of their protagonists and their own words on
the state of the country, it is clearly an echo of their
own existences which we hear.
This programme of films has an important quality, it makes
explicit issues at stake that are often implicit or silenced.
The debates may well be vigorous, here and elsewhere.
The dimension of secret, of lying by omission does not
have the same value in sub-Saharan Africa as in Europe.
The implicit can solve many conflicts and calm the way
to a reconciled community. In extremely constraining societies
(families, the religious, communities are ubiquitous…),
it is a way -often- of safeguarding the individual freedom
of beings and allow personal construction in spite of social
determination. Documentary, through its work in illuminating
the secret, communicates issues that are known
but unspoken by all, moving from the implicit to the
explicit. Film documents the state of the Real, the daily
life of people. Thus it inevitably provokes vigorous reaction
from the sectors of society which are its subjects. It
marks also no doubt an important cultural break that
young African documentary filmmakers will have to
measure and manage in the years to come. Documentary
is taking its place as the new memory of the peoples of
oral history and can give them new power. Perhaps it is
the new genie of African souls? We will discuss these questions
over these two days.

Jean-Marie Barbe