Verre cassé

D'Alain Mabanckou

Phase critique 8 - L'auteur s'appelle À ma banque ou la somptueuse déclaration d'amour d'Alain Mabanckou

que l’heure était désormais à l’écrit parce que c’est ce qui reste, la parole c’est de la fumée noire, du pipi de chat sauvage A. M.

” La conversation de la mémoire “ De fait, les écrivains devraient aborder les questions d’argent dès l’incipit. Ils ne devraient jamais mollir sur ce point. C’est ce qu’avait bien compris Céline qui, après Voyage au bout de la nuit, s’est empressé de pondre Mort à crédit. Est-ce à dire que la vie des romanciers est un avoir que d’aucuns gagent bien volontiers ? Quel adoubement ce serait ! Le fait de formuler pareille opinion est une preuve de déférence à leur égard. Hélas, la réalité est moins flatteuse. La gent écrivante est un groupe de zozos, un amas de légumes, une engeance de gros bêtas. Le protagoniste du roman d’Alain Mabanckou, au nom prédestiné de Verre Cassé (si seulement c’était vrai !), passe le plus clair de son temps dans un troquet au nom lui aussi céleste, Le Crédit a voyagé – confirmation explicite, s’il en était, que l’on ne fait jamais confiance à un écrivain, même pas son éditeur. Une chose est certaine : notre anti-héros connaît ses classiques, et sa dyslexie qui lui fait contracter les deux titres du docteur Destouches (1) ne dévoile pas moins une dégaine digne du plus haut comique. Nous sommes pris dans sa gouaille ; les effets en sont ravageurs. Passe encore qu’on ne fasse pas crédit aux écrivains, vu qu’ils sont tous pochards. Mais quand leurs manuscrits se mettent &...

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