Cinéma/TV

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De Taïeb Louhichi

Cinq jeunes d’une vingtaine d’années forment un groupe très uni jusqu’à une dispute entraînant la mort accidentelle de l’un d’entre eux. Problème : ce film entrelace deux registres qui voudraient se compléter mais se concurrencent terriblement. C’est d’abord un regard posé avec respect sur les jeunes, leurs relations et ce drame qui les éloigne progressivement les uns des autres. Il réussit à capter cette fuite en avant qu’entraîne leur volonté de ne pas dévoiler l’accident et les combats qu’elle génère entre eux comme en eux-mêmes. Mais ce regard est enrobé d’une sauce terriblement pesante, à travers Pierrot et Madonna, deux paumés…

De Dieudonné Ngangura Mweze(RDC)

Avec ce deuxième long métrage, le cinéaste congolais Mweze Dieudonné Ngangura remporte l’Etalon de Yennenga de la seizième édition du Fespaco. Dans un style alerte, il déroule sur un ton empreint d’humour et de poésie, entre le Congo et la Belgique, l’histoire rocambolesque d’un vieux roi africain, Mani Kongo, confronté à des personnages en proie à des problèmes d’identité.

D'Anne G. Mungaï

Traumatisée d’avoir vu mourir son père faute de soins suffisants, Saïkati a fait une formation d’infirmière. Elle rêve d’assister les médecins de brousse qui se déplacent pour les urgences en avion. Mais au village, on veut la marier à un homme qu’elle n’aime pas. Elle refuse et retourne en ville où elle devra lutter contre l’adversité et triompher tant des griffes d’un coureur de jupons dont elle tombe trop naïvement amoureuse que du piège tendu par des collègues jalouses. Saïkati est ainsi un personnage moderne, un vrai héros de western qui s’affirme et prend son destin en mains. Sans contradictions,…

Montréal, 1998, et Genève, 1999

Le personnage de ce roi est assez extraordinaire ! Avec cette coiffe, il a une très forte assise personnelle en même temps que quelque chose de ridicule pour l’Occident. Par derrière ce personnage, voulais-tu aborder la question de la dignité de l’être humain ? Exactement, d’ailleurs, son côté  » ridicule  » commence quand il arrive en Afrique, pour prendre son billet : une jeune fille lui demande d’où vient son nouveau look. En quittant son palais royal du village pour venir en ville, il est considéré comme un personnage folklorique avec tous ses attributs royaux, pourtant il incarne tout ce que l’Afrique a de plus…

De Mohamed Soudani

Soudani a le sens de l’image. Cameraman et chef opérateur avant d’être réalisateur, il sait choisir le cadre qui d’emblée sert son sujet et fait sourdre l’émotion. En lui alliant une bande son sensible et un montage mêlant comme un blues la vie et la mort, l’ailleurs et l’ici, il réussit un film qui laisse des traces. Ce n’est peut-être pas forcément l’histoire dramatique et banale de Demba qui s’ancre dans nos mémoires : comment il rejoint son frère Yaro dans l’enfer de l’immigration en Italie et, deux mois plus tard, en sera réduit à essayer de comprendre pourquoi il a…

De Cheikh Oumar Sissoko

 » Pourquoi as-tu créé les frères pour qu’à chaque génération revienne ce vent sec et cette soif ?  » Surgissent aussitôt en nos têtes les images des génocides rwandais ou yougoslaves, de tous ces pays où les frères s’entre-déchirent. Dès son prologue, La Genèse, ce récit des aubes de l’humanité, est d’une poignante et douloureuse actualité. Mais il n’est ni Le soldat Ryan ni l’image misérabiliste des télévisions : il ne s’agit pas de seulement juxtaposer le témoignage et le recours à l’émotion pour écrire l’Histoire à la Spielberg. Ce récit ne se contente pas d’explorer l’humanité des origines, il ausculte les tréfonds de…

De Mohamed Abderrahman Tazi

Traiter du drame des immigrés par le biais de la comédie est un pari osé, d’emblée sympathique mais difficile à réussir. Surtout quand il s’agit de ceux qui perdent leur vie dans le détroit de Gibraltar en essayant de passer du Maroc à l’Espagne, et à qui ce film est dédié. Lalla Hobby a pour cela des atouts. Reprendre comme personnage central le héros de A la recherche du mari de ma femme, une comédie réussie ayant connu un grand succès au Maroc, permet à Tazi d’entrer directement dans le vif du sujet sans devoir passer du temps à camper…

A Hombori, sur le tournage de La Genèse, février 1997

Quelle est l’actualité de ce film ? On retrouve dans la Bible une fraternité qui n’empêche pas l’affrontement : on s’aime et s’entre-déchire. C’est ce qu’on voit de plus en plus dans le monde actuel, au Rwanda, en Yougoslavie comme au nord du Mali. Les mêmes inimitiés ont été celles des patriarches des trois grandes religions monothéistes. Abraham est Ibrahima, Joseph est Youssouf, Jacob est Yacouba… Dans nos sociétés agro-pastorales, on en vient à insister sur la rivalité entre nomades et paysans : la situation est analogue à celle du début du monde… Faut-il retourner aux sources pour évoquer ces conflits ? Retourner aux…

De Bourlem Guerdjou

Pour les Algériens de l’après-guerre, la France c’était l’Amérique. Mais la réalité des bidonvilles n’avait rien à voir avec le paradis. Celui de Nanterre, où se déroule le film, regroupait dans la boue et la promiscuité des abris de fortune 23 000 travailleurs immigrés en 1967 ! Et c’est pour en sortir que Lakhdar va faire venir sa famille : pour accéder à un logement HLM. Il se bat pour y arriver, au point d’accepter compromissions et trahison des siens… Il fallait un acteur exceptionnel pour que ce personnage tienne cette tension entre l’intention généreuse et la manipulation. Roschdy Zem n’en fait jamais…

Entretien de Jean Stubbs avec Sergio Giral*

Né à La Havane en 1937, Sergio Giral est réalisateur de documentaires et films de fictions. Dans cet entretien, il exprime clairement le retournement réalisé au cinéma lorsque la vision n’est plus celle du maître mais de l’esclave. Mais cela ne va pas sans un travail sur soi…

Entretien d'Olivier Barlet avec Gloria Rolando Casamayor

Au festival Racines noires, juillet 1998

Le cinéma cubain préfère aborder la question des préjugés raciaux envers les Noirs par des films historiques. Sara Gomez (1943-1974), première réalisatrice cubaine, était Noire. Elle a osé aborder ce thème de façon contemporaine en filmant l’histoire d’amour d’une institutrice blanche avec un jeune mulâtre issu d’un bidonville havanais dans De cierta manera (D’une certaine manière, 1973-1977, le film ayant été terminé par Tomas Gutierrez Alea et Julio Garcia Espinosa après la mort de Sara Gomez). Née à La Havane en 1953, Gloria Rolando est parfois considérée comme sa fille spirituelle. Elle prépare en tout cas un documentaire sur son…

De Daoud Aoulad Syad

Adieu Forain est la chronique douce-amère d’un microcosme : c’est à la fois son intérêt et sa pesanteur. Les trois personnages principaux pourraient être les trois facettes d’une société marocaine à la recherche d’elle-même. Kacem, le père, le vieux forain, n’arrive pas à mettre fin à sa vie d’errance. Larbi, le fils qui sort de tôle, est trop macho pour avoir des amis. Il finira pourtant par se lier à Rabii, le travesti, qui rêve d’un ailleurs qu’il ne peut atteindre. Une telle constellation où chacun se demande sans cesse où partir et avec qui sans savoir au fond qui il…

Président et fondateur de Vues d'Afrique

Coktail et ficelles d’un festival de cinéma africain et créole qui sait se rendre nécessaire.

Dans notre numéro 13 de décembre dernier, nous avons publié un entretien avec le secrétaire général du Fespaco, Monsieur Baba Hama. Il affirmait sa volonté de recentrer le festival sur son objet : la cuvée 99 devait être plus sélective, plus professionnelle, plus axée sur la vente des films que les grandes fêtes précédentes. La Fédération Panafricaine des Cinéastes qui semblait peu active en attendant la refonte de ses statuts programmée par son congrès au Fespaco de 1997 a pris en main le colloque qui donne son thème au festival : les circuits de diffusion en Afrique. Pierre Ruamba, coordinateur actuel de…

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Gaston Kaboré brandissant l'Etalon de Yennenga 97 reçu des mains du président Blaise Compaoré, pour son film Buud Yam.Gaston Kaboré brandissant l'Etalon de Yennenga 97 reçu des mains du président Blaise Compaoré, pour son film Buud Yam.




De nouvelles perspectives pour le cinéma Africain ?

En 20 ans d’existence, le festival de Clermont-Ferrand est devenu le rendez-vous le plus important pour les professionnels du secteur et attire un public de plus en plus nombreux : le festival de cinéma le plus fréquenté en France après Cannes : plus de 120 000 spectateurs cette année ! Cette manifestation, née d’une association d’étudiants cinéphiles  » Sauve qui peut le Court Métrage « , a pris aujourd’hui une dimension mondiale.

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Aïd El Kebir de Karin Albou
La femme dévoilée de Rachida Krim
Comment t'expliquer mère ?d'Hassan Zbib
Raddem (démolition) de Danielle Arbid
Kinkeliba et les biscuits de merD'Almahdou Sy (Sénégal)
Amina deThierry Jozé
Le truc de KonatéDe Fanta Régina Nacro




Pourrais-tu nous résumer ton parcours de jeune réalisateur ? A l’origine je suis comédien : il y a une dizaine d’années que je fais du théâtre. J’ai commencé par hasard. Au début je travaillais dans les cités, je voulais être éducateur. Un jour on m’a demandé si je voulais jouer : je me suis retrouvé avec une compagnie amateur et de fil en aiguille, d’école de théâtre en spectacles… J’ai eu l’occasion de travailler avec Fadel Djaïbi, un metteur en scène tunisien. Actuellement je joue le Journal d’un fou sur Paris. Comment s’est faite la transition vers le cinéma ? Je connaissais Linda Chaïb,…

Regards croisés sur le racisme

Initiée par l’actrice ivoirienne Hanny Tchelley, la première édition du Festival international du court métrage d’Abidjan (Fica’98) a proposé aux cinéphiles, du 15 au 19 décembre 1998, sur l’écran du Centre culturel français, 70 films dont 15 en lice pour le grand prix  » l’Eléphant d’or « . La réalisatrice sud-africaine, Pelesa Katleka-Nkosi, l’a enlevé avec Mamlambo, le premier volet de la série de six épisodes, Africa Dreamings. D’Abidjan, le critique ivoirien de cinéma Jean-Servais Bakyono :

Un entretien de Samuel Lelièvre avec Peter Davis

Peter Davis est un documentariste britannique basé au Canada. Il est l’auteur de In Darkest Hollywood: Exploring the Jungles of Cinema’s South Africa, un livre de référence sur le cinéma sud-africain avant et durant l’apartheid, et le résultat de recherches conduites pour la réalisation du documentaire éponyme sorti en 1993. Davis a réalisé de nombreux films sur l’Afrique du Sud, parfois en œuvrant dans la clandestinité. Certains d’entre eux ont été utilisés dans les réseaux anti-apartheid en informant des terribles réalités de ce pays. Au moment où on célèbre le centenaire de la création de l’ANC, ce sont aujourd’hui des…

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Nuclear File, 1980 © Peter Davis
Generations of Resistance, 1979 © Peter Davis
Peter Davis-Transkei, 1985 © Peter Davis
Remember Mandela!, 1987 © Peter Davis
Winnie Mandela, 1986 © Peter Davis
ANC à Lusaka, 1978 © Peter Davis
Manifestation à Londres, 1963 © Peter Davis




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