Cinéma/TV

Cinéma/TV


Angoisse dans les cinémas d’Afrique : leurs financements traditionnels en Europe risquent de se tarir tandis que les Etats africains restent sans politique culturelle. Le film, technique chère, pourrait-il laisser la place à la vidéo ? Deux colloques ont tenté de cerner les problèmes.

Yvon Ogula Ivanga, frère du cinéaste Imunga Ivanga, cherche à créer une maison de production audiovisuelle à Libreville (Gabon). Péripéties administratives.

Entretien d'Olivier Barlet avec Ahmed Attia

Producteur de cinéma (Tunisie)

Qu’est-ce qui vous a amené à la production cinématographique ? J’ai fait une école de cinéma et ai été assistant-réalisateur jusqu’en 1982, avec quelques expériences de direction de production. Je me suis aperçu que la production en Tunisie se faisait avec une formation sur le tas de la part de gens plutôt débrouillards, gestionnaires d’hommes mais pas d’argent. L’intervention sur les films étrangers était une prestation de services et non de la création. J’ai proposé à Abdellatif Ben Ammar avec qui je travaillais de basculer de l’assistanat à la production pour la rationaliser et la professionnaliser. Il manquait au cinéma tunisien…

Entretien d'Olivier Barlet avec Joël Phiri

Producteur de cinéma (Zimbabwe)

Le cinéma africain francophone s’est développé grâce aux aides européennes. Vous défendez un financement plus axé sur le privé. Une voie intermédiaire est-elle possible ? Je crois qu’on peut jouer sur les deux. L’essentiel est que des films voient le jour en Afrique, qui puissent rendre compte de nos cultures et être tournés dans nos langues. Nous essayons de trouver la voie d’un autofinancement qui implique aussi le cinéma et pas seulement la télévision et la vidéo. Un aide gouvernementale est incontournable, pour que des fonds d’investissement privés puissent venir la compléter. L’avantage de vos aides (Fond Sud, Union européenne etc)…

Africains hors-compétition ?

Cette année, le Festival des trois continents ne comptait aucun film africain en compétition.

De Michel Ocelot

Kirikou réjouit car il évite heureusement tous les clichés généralement rassemblés dans les films proposés aux enfants sur l’Afrique, et encore plus dans les dessins animés. Avec un très beau résultat.

Les images de l'article




Entretien d'Olivier Barlet avec Ferid Boughedir

Paris, juillet 1998

Un des rares réalisateurs africains a avoir pris la plume comme théoricien et critique de cinéma, le Tunisien Ferid Boughedir, connu pour ses deux longs métrages Halfaouine, l’enfant des terrasses et Un été à la Goulette, décrit et explique la césure Nord-Sud et les apports des cinémas d’Afrique noire.

Entretien d'Olivier Barlet avec Mohamed Soudani

Cannes, mai 1998

Algérien noir de peau, chef opérateur et réalisateur de cinéma (Waala Fendo, 1997, sur le vécu des immigrés africains et Les Diseurs d’histoires, 1998, une exploration engagée des cinémas d’Afrique), Mohamed Soudani revendique son africanité, mais a dû pour cela l’explorer… par le cinéma.

De Pierre Yameogo

Sorti à Ouagadougou où il a réalisé le meilleur score du cinéma burkinabè, ainsi qu’à Cotonou (nov.) et à Dakar (déc.), Silmandé est boycotté par les propriétaires de salles libanais ivoiriens qui possèdent plus de la moitié des salles d’exclusivité du pays. La communauté libanaise se déclare diffamée par certaines scènes et a déposé deux plaintes pour en faire interdire l’exploitation. Pierre Yameogo avait déjà rencontré beaucoup de réticences de la part des institutions finançant habituellement les films africains. Pourtant, le film évite judicieusement les stéréotypes.

Cannes, mai 1998

Tourbillon est dans la ligne de tes précédents films : une approche directe de la réalité africaine. C’est le style que j’ai adopté depuis que je fais du cinéma. Je m’inspire de la réalité car je considère que le cinéma est avant tout de l’information et que beaucoup de choses en Afrique méritent d’être révélées et soulignées. Mes films ne sont pas réalistes en soi mais il s’inspirent de la réalité. La critique va loin. N’as-tu pas peur qu’on sorte du film avec un constat amer de corruption généralisée ? Non, car le film montre aussi des non-corrompus, mais il est clair qu’un…

D'Isaac Julien

Portrait du psychiatre et théoricien révolutionnaire martiniquais Frantz Fanon, le film frappe par ses choix esthétiques et théoriques. Plutôt qu’une fade chronologie, Isaac Julien (connu pour Young Soul Rebels, qui avait marqué en 1991 en opposant l’amitié passionnelle de deux jeunes DJ noirs à l’immobilisme de la société britannique) privilégie une approche proprement corporelle de cet  » ange vengeur d’une époque troublée  » : il cherche à le cerner dans l’intime de sa dénonciation de l’aliénation, ce masque blanc sur la peau noire, ce racisme qui dépersonnalise en enlevant toute reconnaissance et qui se résume à un regard sur la peau. Cette peau,…

Entretien d'Olivier Barlet avec Baba Hama, secrétaire général du FESPACO

Centré sur le problème des circuits de diffusion en Afrique, le prochain Festival Panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou se tiendra du 27 février au 6 mars 99. Attaqué de toutes parts après l’édition 97 du Fespaco, le secrétaire général du Fespaco, répond à ses détracteurs.

Diffusée en décembre sur la chaîne culturelle Arte, la série de six films de 26 minutes Africa Dreamings est une première : une collaboration panafricaine initiée par l’Afrique australe. Une réussite.

Les images de l'article
Ainsi soit-il © Arte




De Julian Henriques

Anita n’a qu’une idée en tête : devenir une star au dancehall local. Nous sommes à Harlesden, le quartier  » reggae  » au nord-ouest de Londres. Ici, le reggae est un style de vie, un langage, une façon de s’habiller et de se nourrir, des valeurs sociales reflétant un vécu parfaitement ‘afrobritannique’. Pour appartenir à la scène locale, Anita et ses amies soignent leur look et revêtent les habits les plus extravagants. Le film en devient un véritable défilé de mode. Mais Anita a deux enfants et un mari volage dont elle se sépare, une babymother en somme qui a bien du mal…

Le rire cache les larmes jusqu’à en pleurer de rire… L’exagération produit un contre-discours fort sérieux. Ambigu ? Tout est bien sûr, une fois de plus, affaire de perception.

Montréal, mai 1998

Pourquoi tant de méfiance pour financer votre film ? C’est à cause de la méconnaissance totale du milieu immigré de ceux qui ont eu mon scénario entre les mains. On me reprochait souvent de montrer des situations conflictuelles exagérées et caricaturales. Est-ce que ceux qui avaient analysé mon scénario avaient serré une seule fois la main d’un immigré à Paris ? Comment comprendre une société immigrée quand il n’existe aucune communication, quand il n’est établi aucun lien ? Ce film, moi je ne l’ai pas improvisé ! Pour faire ma maquette, j’ai fréquenté plusieurs foyers, pour y découvrir les gens. Ce que j’ai écrit…

Passer quelques jours à Namur permet de remplir son panier : richesse de programmation, nombre de cinéastes invités, initiatives multiples tendant à décentraliser les projections et organiser des rencontres avec le jeune public, exposition du peintre Zulu etc. Nous en avons retenu deux : l’exposition des photos d’acteurs africains de Boubacar Touré Mandemory proposée par le bureau de liaison du cinéma de l’Espace francophone et Casting Sud que nous a présenté sa responsable, l’actrice burkinabè Georgette Paré (cf. entretien) ; la leçon de cinéma donnée cette année par Raoul Peck, occasion de revenir sur son dernier film Corps plongés. Spécialement présenté à Namur,…

Namur, octobre 1998

Le choix des sujets – Ma manière de travailler est de collectionner des choses : photos, souvenirs, etc. Puis, vient l’envie d’explorer ce qu’on a réuni. Le long métrage sur Lumumba est un projet déjà vieux de neuf ans ! Haïti – Se placer comme cinéaste haïtien me met dans un carcan qui peut étrangler ma créativité. Il m’arrive de renier mon origine et de me retrouver finalement complètement plongé dedans… L’écriture – Corps plongés était au départ l’envie de faire un film totalement libre : une carte blanche avec une histoire et très peu de personnages. Pierre Chevalier (Arte) a accepté le…

Les images de l'article




De Raoul Peck

 » Se laisser plonger dans le moment et en sentir toute la force, toute la violence, comme un corps plongé dans un liquide « . En voix-off, Chase (Geno Lechner), une médecin légiste, cite des phrases de son journal. En décrivant ses impressions, elle nous livre toute la vision du cinéma de Raoul Peck : le scalpel et la plongée. Chase rompt avec un homme et en retrouve un autre : Dimitri, un Haïtien (Jean-Michel Martial) qui la renvoie à son enfance dramatique en Haïti. Un subtil jeu de va et vient entre passé et présent se met en place. De douloureux flash-backs sur Haïti…

1 137 138 139 140 141 143