Discours d’ouverture du colloque transdisciplinaire : la réparation de l’esclavage en question

Initié par l’association Racines et le Centre d’analyse géopolitique et international de l’université Antilles-Guyane, un colloque transdisciplinaire sur les réparations de l’esclavage, s’est déroulé les 16 et 17 décembre derniers à la Cité des métiers de la Guadeloupe.
Riche d’interventions diverses, il s’est ouvert sur un discours éloquent de l’écrivain Ernest Pépin, par ailleurs directeur de la culture/ Conseil Général de l’Archipel de La Guadeloupe.

Mesdames, Messieurs, Il est des mots que l’histoire a blessés et dont le sang ne coagule jamais. Des mots de plaie vive qui suinte d’amertume et que ravive la conscience du toujours et du jamais. Des mots d’eau salée qui ont poussé à l’ombre de l’arbre du non-retour. Des mots sombres comme les cales des bateaux négriers. Des mots couleur de peau, au plus noir du désastre, quand s’effondrent les dieux et que la langue déparle. Des mots qui sont des cris que dévorent les îles et des chants resurgis au blues des plantations. Des mots qui hèlent des mémoires enchaînées, déchaînées comme des meutes humaines sans jarret pour courir et qui pourtant traversent l’immense tragédie du survivre. Parmi ces mots où s’abaisse l’humain, il en est un qu’il convient de retenir comme une ” blessure sacrée “. C’est le mot ” esclavage “. Parmi les esclavages qui furent l’ombre de l’Histoire, l’un nous somme d’exister car il nous fut baptême. Je veux parler de l’esclavage des noirs. Esclavage i...

Connectez-vous pour lire la suite de l'article...
Si vous avez déjà un compte client sur Africultures vous pouvez saisir vos paramètres d'identification :

Si vous n'êtes pas encore abonné à la revue AFRICULTURES, vous pouvez le faire en cliquant sur Adhérer.
Partager :

Laisser un commentaire