L’amour : une hérésie rédemptrice chez Koffi Kwahulé

Les jeunes femmes des pièces de Koffi Kwahulé évoluent dans des univers oniriques aux échos bibliques et convoquent l’Amour, un amour rédempteur, telles des Saintes en quête d’un espace de questionnement et d’espoir en l’avenir. Hérétiques, ces nouvelles Saintes se moquent des représentations archaïques et défendent la modernité et la liberté humaine. Ce sont des créatures provocantes, loin des clichés de la Vierge pieuse et asservie.

S’il est vrai que la conscience est activité de transcendance, nous devons savoir aussi que cette transcendance est hantée par le problème de l’amour et de la compréhension. L’homme est un OUI vibrant aux harmonies cosmiques. Arraché, dispersé, confondu, condamné à voir se dissoudre les unes après les autres les vérités par lui élaborées, il doit cesser de projeter dans le monde une antinomie qui lui est coexistante. Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs

L’utilisation de figures féminines dans l’œuvre de Koffi Kwahulé est une manière de critiquer les archétypes de nos sociétés patriarcales et impérialistes. Tout comme l’homme noir qui est racialisé à travers la multitude de signes qui le renvoient à la couleur de sa peau, à la consonance de son nom, la femme est, elle aussi, prisonnière des clichés sociaux.  » Mon théâtre, confie-t-il, dit comment on tue les autres en leur imposant une identité  » (1). Chez cet auteur, les figures féminines incarnent à la fois la l’amour, la b...

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Les images de l'article
P'tite-Souillure de K.Kwahulé, mise en scène d'Eva Salemannova à Prague (2003). P'tite-Souillure (Magdaléna Borovà) dans les bras d'Ikédia (Daniel Bambas), mais la mort n'est pas loin.
© D.R.
Bintou de K.Kwahulé, mise en scène de Gabriel Garran et Pascal N'zonzi à Paris (1997). P'tit-Jean (Nanténé Traoré) baise les pieds de Bintou (Aïssa Maïga).
© D.R
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