Atelier d’écriture, 1997-1998 : Identité subie ou identité choisie

Atelier d'écriture avec Koffi Kwahulé, 1977-98

Lire hors-ligne :

Collèges Anatole France et Ronsard à Limoges, Pierre Robert au Dorat.
Classes de Brigitte Staub, Jean-Pierre Chouin et Catherine Villemalard.

Paroles d’élèves
J’aime bien ce qu’on fait. C’est amusant et ça permet de mieux se connaître. Stéphane
J’aime ce qu’on fait. C’est la première fois que je fais ça. Moi je trouve ça très bien. On apprend des choses sur les autres camarades. Sénol
On peut savoir des renseignements sur les autres sans pour autant se moquer d’eux. Julie
J’aime le cours. Il me fait rire. Ça apprend à nous connaître. Kanal
Ça nous apprend à nous connaître. C’est très bien. C’est drôle et ça apprend à surmonter sa peur. Loïc
En ce qui concerne mon texte, je n’avais jamais pensé à ce que j’y ai inscrit. C’est la première fois que je peux vraiment m’exprimer devant tout le monde. Djamila
Maintenant c’est comme si on faisait une petite scène de théâtre, mais avec une histoire vraie, que l’on a déjà vécue et qu’on continue à vivre. C’est bien, parce qu’on apprend des choses sur nos camarades de classe et peut-être que si on ne faisait pas cet atelier, on ne saurait pas grand chose d’eux. Amale
Je pense que l’atelier d’écriture nous a permis de mieux nous connaître ; on a appris des choses sur certains de nos camarades qu’on ne pouvait pas imaginer. C’est vraiment bien. Koffi Kwahulé est très marrant, il nous donne envie de travailler, de faire notre possible. L’ambiance est bonne. On ne le prend pas pour une personne adulte, on a l’impression d’être ses copains, enfin de bien le connaître. Toute la classe peut s’exprimer librement. Fatima
Je trouve que faire une pièce avec Koffi, c’est comme si on était en train de faire notre avenir. Anthony
Paroles d’enseignants
Partant d’un court texte réalisé par les élèves sur  » J’aime mais on m’empêche de…  » ou  » Je n’aime pas et on m’oblige à… « , Koffi Kwahulé leur a proposé une expérience de mise en voix et en corps. Une lecture jeu où chacun soutenait l’autre pour donner la plus grande force possible au texte.
Les adolescents ont d’abord renâclé de devoir dévoiler des choses personnelles. Une élève a même dit qu’elle s’est d’abord demandée si Koffi était psychiatre ou auteur, mais elle a ensuite avoué tout le plaisir qu’elle a pris à participer à ce travail lorsqu’elle a réalisé que dominer sa peur de parler de soi est libératoire.
Nombreux sont ceux qui ont pris conscience qu’ils étaient finalement  » bons à quelque chose « . Ils ont réalisé qu’ils étaient capables d’écrire, de lire, de jouer, de dépasser leur trac.
Ils ont appris surtout une maxime souvent exprimée par Koffi en réponse à leur honte de rendre public le texte qu’ils avaient écrit :  » Il faut assumer ce que l’on écrit « . Cela me paraît essentiel dans l’affirmation de  » qui je suis « .
Et enfin, ils ont appris à aller jusqu’au bout et à se faire confiance dans le groupe car si c’est ensemble qu’ils ont participé, c’est individuellement qu’ils ont dû s’engager. Et dans une perspective d’épanouissement de l’identité, quoi de mieux que l’engagement pour permettre de s’affirmer ?. Catherine Villemalard Collège Pierre Robert. Le Dorat.
Koffi Kwahulé a tout de suite vu dans chaque texte le ressort dramatique et le meilleur mode de mise en valeur. Les guidant pour leur montrer comment le jouer, il a fait sentir aux élèves les nuances de leur texte ; et sans que ceux-ci s’en rendent compte, ils se sont appropriés une partie d’eux mêmes.
La grande réussite de Koffi est d’être parvenu par le jeu théâtral (et dans la bonne humeur, les enfants étant  » emballés « , trouvant les séances  » géniales « ), à conduire les élèves à assumer, pour eux-mêmes et face aux autres, des particularités personnelles. Jean-Pierre Chouin Collège Ronsard. Limoges.

///Article N° : 428

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