Les déconnards

De Koffi Kwahulé

Mise en scène : Koffi Kwahulé et Sidiki Bakaba

Un peuple que l’histoire a rendu fou Créée en France au Festival d’Avignon en juillet 1998, à la Chapelle du Verbe Incarné (cf. critique dans Africultures n°10, pp. 63-64), enregistrée par France Culture et diffusée en automne sur les ondes, Les Déconnards a obtenu le prix Unesco au Masa 99. Un beau parcours pour cette pièce que joue un Sidiki Bakaba débordant d’énergie. Car il en faut de l’énergie pour se colleter au texte de Koffi Kwahulé, pour dompter ses galops et ses ruades, ses pics et ses chutes, ses rebuffades et ses caresses. Sidiki prends les rênes d’un attelage d’histoires hilarantes et fougueuses qui tirent à hue et à dia, et embarque le spectateur dans un drôle de voyage philosophique où il s’égare dans les méandres de l’Histoire, où il fait des chutes vertigineuses dans les précipices métaphysiques de la cosmogonie africaine, où il perd pied dans les marécages du colonialisme… Et à travers ces récits qui s’enchevêtrent c’est toute l’Afrique qui défile avec dérision et tendresse : l’Afrique d’hier et l’Afrique d’aujourd’hui, l’Afrique des colonies et l’Afrique de De Gaulle, l’Afrique des villages et celle des traditions, l’Afrique des contes et celle des superstitions, l’Afrique de la sorcellerie et celle des palabres, l’Afrique du football et l’Afrique de l’immigration… Finalement, ” Monsieur ” le personnage qui raconte ces histoires pourrait bien incarner l’âme de cette Afrique flouée par l’Histoire, cette Afrique schizophrène condamnée au d&eacu...

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