Kini et Adams

D'Idrissa Ouedraogo

Kini et Adams sont deux paysans qui tentent de survivre et ne rêvent que d’un ailleurs : la ville. Ils investissent leur temps et leurs faibles moyens dans la réparation d’un vieux tacot qui pourra les emmener et leur permettre d’y gagner de l’argent. Mais entre les deux hommes, jalousie, ambition et rivalité vont dresser un mur que leur amitié ne pourra peut-être plus franchir. C’est ce mur qui intéresse Idrissa Ouedraogo, ce mur qui se bâtit à l’intérieur de chacun dans une société déchirée entre ce qu’elle devient et ce qu’elle a été. C’est ce cri du cœur (titre du dernier film d’Idrissa) qui n’est plus une opposition entre tradition et modernité mais l’émergence d’un nouvel individu qui ressent de façon dramatique tant la fascination qu’exerce sur lui la réussite technique occidentale (et le bien-être consommatoire correspondant) que la vacuité et l’anormalité des valeurs qu’impliquent ce modèle entièrement soumis aux logiques du pouvoir, du profit et de l’exclusion des plus faibles. C’est de cette scission que parle le film, de ce dédoublement de la société, de cette déchirure en chaque individu, qui conduira à la fin d’une amitié et au dénouement tragique d’un homme qui ne peut assumer l’appauvrissement qui lui est proposé. On est loin du héros de western libre de ses actes, délesté des pesanteurs de la coutume et affranchi des contrôles de l’Etat, pleinement disponible pour un destin qu’il a le pouvoir, s’il le veut bien, de définir et d’amplifier. Le cinéma a justement abreuvé ...

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