La 25ème heure

De Spike Lee

Une heure de trop
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Ce n’est pas très malin d’appeler son film « la 25e heure » pour ensuite le faire durer deux heures et quart avec une horrible impression que malgré une intrigue et une sous intrigue et une sous sous intrigue assaisonnées de réflexions sur le temps qui passe et le temps qu’il reste, il ne se passe rien. Spike Lee avait magistralement exploité l’unité de lieu, de temps et d’action dans Do The Right Thing. 25th Hour en est par bien des aspects l’opposé, avec pour personnage principal un riche trentenaire aussi pâle que la came qu’il trafique. Il a beau s’essayer à déblatérer des insultes sur les Juifs, les Portoricains, les homosexuels, la police, les Noirs et les Blancs, la scène n’accomplit rien d’autre que de sentir le Spike Lee à plein nez. C’est le cas d’un certain nombre d’autres séquences signatures comme ces personnages qui flottent quand ils marchent, ou la fin volontairement surexposée. Ces effets que Spike Lee a si bien utilisés dans d’autres films ont trop l’air de passages obligés.
Pourtant il y avait bien de quoi faire un film (il paraît que le livre est très bien) : Montgomery Brogan n’a plus que 24 heures à vivre en liberté, il vient d’en prendre pour sept ans pour possession et trafic de cocaïne. Il doit faire ses adieux à ses amis, sa fiancée, son père et la mafia dans laquelle il trempait, tout en cherchant à comprendre qui a bien pu le dénoncer. Le problème, c’est que la plupart des personnages sont sans saveur, le talent des acteurs étant inversement proportionné à la taille de leur rôle. Quant à la récurrence de drapeaux américains sur fond de Tours effondrées, elle finit par être quelque peu assourdissante. Il reste la musique (Terence Blanchard) et une cinématographie de grande qualité. La fin est d’une bizarrerie délicieuse qui ne manquera pas d’être critiquée : Spike Lee a le don de finir ses films en queue de poisson.

2002. Avec Edward Norton (Montgomery Brogan), Barry Pepper (Frank), Philip Seymour Hoffman (Jakob), Rosario Dawson (Naturelle). Directeur de la photographie: Rodrigo Prieto. Une production 40 Acres & a Mule et Touchstone Pictures. ///Article N° : 2811

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