La figure de l’artiste dans Big Shoot

De Koffi Kwahulé

A l’occasion de la reprise de Big Shoot, mis en scène par Michèle Guigon au Chapiteau de Vidy-L en Suisse (1), une lecture du texte de Koffi Kwahulé sous le prisme de la confrontation de l’artiste avec son œuvre.

La part de l’artiste et du public dans l’acte de création A sa façon, le personnage du bourreau – dit Monsieur – est un artiste. C’est du moins ce qu’il ne cesse de revendiquer : « Je suis un artiste, moi. » (BS, 11). Cette affirmation permet d’en faire une allégorie de la création artistique. D’ailleurs, ce thème revient très régulièrement. Le personnage réfléchit sur le rapport de l’homme à son œuvre. Créer demande un investissement entier de la part de l’artiste comme le symbolise le strip-tease de l’assassin : « En chantant le Then Lord said to Caïn… de façon sirupeuse, il ôte son habit, bouton après bouton, et dépose son arme dessus ». Acte auquel vient s’ajouter la réplique de Monsieur : « Voilà, plus d’habit, plus d’uniforme, plus d’arme. Un homme nu, un homme neuf devant toi. » (BG, 18). Créer, c’est se mettre à nu, se découvrir, se livrer entièrement. Mais d’où vient ce besoin de créer, de se mettre en position de faiblesse ? La réponse est suggérée par Stan, la victime : « Stan dit. / Je ne sais pas. / La vanité. / peut-être l’anonymat. / La vanité et l’anonymat et l’ennui peut-être » (BS, 40). L’ennui avait déjà était suggéré par Stan comme raison pour laquelle on crée : « p...

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© Laurent Lafuma
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