La choralité du monologue chez Koltès et Kwahulé

Le répertoire théâtral koltésien comme celui de Kwahulé varie entre pièces courtes – cauchemardesques et introspectives – et pièces-montages plutôt longues et tournées vers le monde. Dans les deux cas, il y a inscription sur scène des séquelles plutôt angoissantes du colonialisme et/ou des violences que la marge sociale s’inflige à elle-même. Plutôt que de comparer les multiples façons dans lesquelles leurs œuvres s’entrecoupent (thématiques postcoloniales mais aussi facture postmoderne), Judith Miller choisit de regarder de près deux monologues dramatiques : La Nuit juste avant les forêts de Koltès et Jaz de Kwahulé. Dans ces “fresques du crâne” pour emprunter une étiquette collée aux œuvres de Beckett, elle étudie le langage répétitif, sonore, hallucinant du personnage “central,” cerveau organisateur du voyage théâtral.

Le monologue a, paraît-il, fondé le théâtre moderne occidental, du moins le théâtre comme certains continuent à le définir. Le geste radical de se séparer du chœur, de reconnaître l’unicité de chacun au sein du groupe, de s’exprimer comme à part, a ouvert le choeur antique à la subjectivité individuelle. Celui qui parlait seul s’opposait au groupe de choristes, leur posait des questions, s’angoissait au vu et au su de tous. Comme nous le savons, le choeur matériel, scénique et chorégraphié, a plus ou moins disparu du théâtre occidental depuis au moins le XVIIème siècle (à l’...

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Les images de l'article
Nicaise Wegang, Motio Fotso et Gladys Tchuimo dans "Jaz", misc de Yaya Mbilé au CCF de Douala en 2008
© Fabrice Ngon.
Daniela Giordano dans "Jaz" misc de Daniela Giordano au Teatro Palladium de Rome en septembre 2007
© D.R.
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