Pour un « nomadisme fondamental »

Entretien de Virginie Soubrier avec Koffi Kwahulé

Culture et identité ne peuvent s’enfermer dans une couleur. Les peuples d’Afrique ont appris à leurs dépens, avec la traite et l’histoire coloniale, que la culture ne peut rester arrêtée dans une identité close ; elle se déporte au gré des aventures humaines et la création artistique ne peut se penser que dans cette déstabilisation intrinsèque qui la nourrit, dans ce « nomadisme fondamental » qui détermine l’art. Créer c’est déplacer l’Autre et pour l’artiste noir c’est peut-être devenu un défi ontologique, comme en témoigne ici le dramaturge et romancier Koffi Kwahulé.

Peut-on parler d’une « culture noire » en France ? Je ne sais pas bien définir le mot « culture ». Je dirais que ce sont les manifestations artistiques, culturelles et quotidiennes qui permettent à une communauté de traverser l’éternité de son temps. Ce sont les outils que s’offre ce peuple pour que ce voyage se fasse dans des conditions aisées. Quant à la culture « noire », il n’y a pas de définition particulière : elle n’a rien de singulier par rapport à une culture « blanche » ou « jaune ». Il y a sans doute des différences entre ces cultures, mais ces différences ne permettent pas de les hiérarchiser. La culture, quelle qu’elle soit, est toujours une manifestation humaine. Denis Lavant, qui vous a connu à l’École de la Rue Blanche alors que vous veniez d’arriver à Paris au tournant des années quatre-vingt, se souvient que vous étiez alors très remonté contre la culture occidenta...

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