« Nous sommes orphelins de nations »

Entretien de Boniface Mongo-Mboussa avec Sami Tchak

Sami Tchak s’est révélé au public en 2001 avec son roman Place des fêtes (Gallimard), dans lequel, il explore avec insolence la question de la marginalité à travers le regard d’un adolescent issu de l’immigration. Deux ans plus tard, il publie Hermina (Gallimard), « une sorte de philosophie dans le foutoir », selon Kangni Alem. Son dernier texte La Fête des masques (Gallimard) est une méditation lucide sur l’illusion de l’identité, des statuts sociaux, des pouvoirs, le tout servi par une écriture épurée avec comme fil conducteur l’homosexualité.

On croyait savoir que Sami Tchak était contre la couleur locale en littérature. Et voilà que dans votre dernier roman, on y croise la dictature, le thème de l’intellectuel et le pouvoir. Il y a en effet des allusions très claires à la politique et à mon pays, mais il ne s’agit pas ici de l’habituelle dénonciation des dictatures. J’ai tenté plutôt de montrer la complexité de l’humain à l’intérieur d’un système. Par exemple, l’un des personnages, le capitaine Gustavo, est un intellectuel raffiné, qui a fait sa thèse de littérature sur l’œuvre de Marguerite Yourcenar. Toute sa densité intellectuelle nous éloigne des clichés habituels sur les militaires. Mais il évolue aussi dans un système politique qui en fait un partisan. Il est un peu le symbole de tous les intellectuels qui ont, à un certain moment, critiqué ce système et qui l’ont ensuite servi. J’ai surtout voulu montrer qu’en ce qui concerne les pe...

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