Peuls

De Tierno Monénembo

Phase critique 7 - La transhumante philosophie de Tierno Monénembo

On les disait beaux comme des anges, intelligents comme le bon Dieu et méchants comme le diable. ? Et depuis, c’est ainsi chez les Peuls : celui qui est mon frère, je le fuis, celui qui porte mon sang, je le tue (…) T.M.

J’ai sans doute abordé Tierno Monénembo par son œuvre la plus difficile (1), ces Peuls, sortie depuis peu (en caractères Times, corps 12, pour minimiser le poids, l’envergure et le grand nombre de pages). À ce jour, je n’avais rien lu de lui. Le Guinéen est pour moi un nom, respecté – à ce qu’il me semble -, peu cité par la bande, peu croisé – jamais en ce qui me concerne. C’est une présence qu’on sait être là. J’ai donc acheté Peuls, abandonnant en cours de route la lecture de la nouvelle traduction d’Ulysse. D’où le parallèle insolite que je fais ici avec le romancier irlandais. Car la liberté joycienne, sa vélocité, étaient comme ralenties par les phrases du Guinéen. Joyce, comme son homologue africain, ne cherche rien moins que de décrire l’Origine, cette passion tellement inutile qu’elle nous est nécessaire. L’auteur d’Ulysse, en ce qui le concerne, se satisfait de son Dublin natal et, en ses rues, dans quelques salons, quelques pubs, raconte, vaillant héros, l’histoire irlandaise en vomissant sur ces débiles d’Anglais, en les honnissant. Une certaine posture du présent est son affaire. Telle n’est pas l’option de Monénembo. Il s’adosse (nonobstant la foule de précautions dont il s’entoure – je renvoie à ses nombre...

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