The Chronic : Democrazy

Lire hors-ligne :

Capitaine Alexandre, du collectif On A Slamé Sur La Lune, pose un regard tout en slam sur l’actualité.

J’ai rallumé ma télé, bien mal m’en a pris.
FLASHBACK
En boucle sur toutes les chaînes, le monde se souvient du visage fatigué d’un homme au regard hagard : DSK.
Aujourd’hui la vindicte et l’émotion retombées, DSK libre et Nafissatou un peu plus riche a priori, c’est la fin d’une histoire médiamédiocratique symbole, ou plutôt symptôme de nos démocraties. Malades.
En fait il y a Nous, et Nos problèmes de « riches », Nous, Nous et nos obsessions, névroses artistiques, esthétiques, politiques, Nous, encore Nous, pris dans la spirale infernale de courses frénétiques, et d’avancées technologiques qui Nous dépassent, Nous (r)enferment. Sur Nous-mêmes.

En fait il y a Nous, encore Nous, toujours Nous, Nous.
Et pendant ce temps-là
De l’autre côté de la Méditerranée, la rue arabe s’est enflammée pour sa liberté, retrouvée au prix du sang et des cris, saluant la mémoire des martyrs Place Tahrir, et de Mohamed Bouazizi qui prit feu et cause pour sa dignité.
Aujourd’hui la Tunisie qui sent bon le Jasmin et les révolutionnaires du Nil, étudient leurs « manuels de démocraties avancées », espérant que nul ne viendra leur voler leurs victoires populaires.
Mais ça, c’était hier. Depuis, de nouvelles formes de totalitarisme constitutionnel s’installent et émoustillent de nouveaux rêves de révo-lution.

Democrazy, democrazy
Toile de fond
D’une société malade
De ses extrêmes
Democrazy, democrazy
Ou quand la démocratie s’enlise
Dans la boue de ses contradictions

En fait il y a Nous, encore Nous, et nos problèmes de « riches », Nous et nos obsessions, névroses artistiques, esthétiques, politiques, Nous, encore Nous, pris dans la spirale infernale de courses frénétiques et d’avancées technologiques, qui Nous dépassent et Nous (r)enferment. Sur Nous-mêmes.
Et pendant ce temps-là
Au Sud d’Eden, Facebook est devenue une arme révolutionnaire, tandis qu’ici certains continuent à y publier la futilité et le degré zéro de l’inintéressant de leurs vies (LOL)
Pendant ce temps-là
La classe politique franco-française s’agite, Borloo radical est sorti du rang de l’UMP qui, perdue dans la brume de ses débats et querelles identitaires en finirait presque à se demander qui elle est ou qui elle veut être à la fin, Copé et Fillon se font la tête… du parti et se livrent à une guerre des chefs, Nicolas Hulot vert de joie entre au gouvernement du changement, le FN discret essaye de continuer à surfer sur sa vague bleu marine qui glisse à Hénin-Beaumont, le PS joue la carte du rassemblement derrière son Ayrault, tandis que Mélenchon se propose au poste de premier ministre de Hollande, en France.

Et le NPA dans tout ça ? Il est retourné faire ses classes populaires…
À L’INTERNATIONAL
Washington est crispée, Obama ne marche plus sur l’eau, et doit composer avec certains de ses concitoyens, qui semblent vouloir lui demander des comptes sur ses promesses d’antan, et lui dire « NO, YOU CAN’T » nous décevoir pendant ce nouveau mandat.
À Misrata, Tripoli, Adjabilya, Bouaké, Abidjan, Yamoussoukrou, des foyers de guerres incestueuses et de résistances se sont éteints pour un temps. Mais plus loin, d’autres peuples crient à l’aide, la Syrie implose, le Liban s’expose, et l’Afrique a mal au Mali et au Congo qui explose.
Heureusement qu’il y a la pression de la communauté internationale qui vieille et irréprochable, veille sur le désordre mondial,
Heureusement qu’il y a les menaces de frappes chirurgicales de l’Otan en emporte le vent de l’Occident, et ses étrangères armées, désarmées face à la complexité du terrain,
Heureusement qu’il y a les résolutions asphyxiantes de l’ONU et de son conseil d’insécurité, qui n’assurent, ni ne garantissent la sécu des civils
Heureusement ? Pardon pour l’ironie, et d’avance pardon pour mon cynisme, tout le monde, les politiques et leurs peuples le savent bien, on ne fait pas d’omelettes sans casser les œufs.
Question volontairement naïve : qui, oui qui donc, mangera l’omelette ?

Democrazy, democrazy
Toile de fond
D’une société malade
De ses extrêmes
Democrazy, democrazy
Ou quand la démocratie s’enlise
Dans la boue de ses contradictions

En fait il y a Nous, encore Nous, et nos problèmes de « riches », Nous et nos obsessions, névroses artistiques, esthétiques, politiques, Nous, encore Nous, pris dans la spirale infernale de courses frénétiques et d’avancées technologiques, qui Nous dépassent et Nous (r)enferment. Sur Nous-mêmes.
Et pendant ce temps-là
Ayiti qui a élu un nouveau président Marthély, se demande quelle sera sa nouvelle chanson ? Le peuple, attend toujours les promesses de dons qui auraient dû pleuvoir sur le pays, mais qui n’ont pas suivi après les effets d’annonce et la surenchère des uns et des autres partis depuis, sur d’autres fronts (plus) médiatiques,
Barcelone règne toujours sur la Planète football, et donne du bonheur aux socios du monde entier qui mangent, dorment, respirent au rythme des dribbles du Messi argentin,
Tandis qu’à Gaza, le Hamas produit des films de guerre, qui rappellent aux Gazaouis que demain c’est loin et que la paix n’est pas si proche,
Surtout depuis que le torchon brûle à nouveau, encore, toujours au Moyen-Orient, entre deux États qui pourraient être voisins, enfin un État sans terre Israël et un peuple sans État la Palestine, qui siège désormais, symboliquement, à l’ONU et s’en trouve sanctionnée : la colonisation s’accélère et de moins en moins de VIP (Very Important Palestinians) pourront passer les checkpoints qui fleurissent dans la bande de Gaza…

Democrazy, democrazy
Toile de fond
D’une société malade
De ses extrêmes
Democrazy, democrazy
Ou quand la démocratie s’enlise
Dans la boue de ses contradictions

En fait il y a Nous, encore Nous, toujours Nous, et nos problèmes de « riches »,
Comment je rembourse mon découvert, mes traites, comment je paye mon loyer, mes impôts, comment je m’offre ma rolex avant 50 ans pour ne pas rater ma vie, mon Smartphone, et mon Ipad, mes vacances à St-Barth, ou alors, juste un court séjour à la mer l’été, à la montagne l’Hiver,
En fait il y a Nous, encore Nous, et nos obsessions, ambitions, névroses artistiques, esthétiques, politiques,
Nous, encore Nous, toujours Nous, pris dans la spirale infernale de courses frénétiques et d’avancées technologiques, qui nous dépassent et nous (r)enferment. Sur nous-mêmes.
Et pendant ce temps-là
Le monde va mal, et nos arbres de vie s’effeuillent,
Le monde va mal et la terre, ne tourne pas si rond,
Les soirées fin du monde sont à la mode…
Et les Mayas se retournent dans leurs tombes
Heureusement là-bas au loin, j’entends des enfants sourire aux éclats d’arc-en-ciel, et de toute la force de leur innocence. Leurs parents sont gays, et alors ?
Et cette belle image me décroche, d’un réel parfois surréel…
Avouez…

Democrazy, democrazy
Toile de fond
D’une société malade
De ses extrêmes
Democrazy, democrazy
Ou quand nous démocrades nous enlisons
Dans la boue de nos contradictions

En fait il y a NOUS, encore NOUS, toujours NOUS, et nos obsessions, ambitions, névrotiques, pathétiques.
Et pendant ce temps-là…

///Article N° : 11191

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