I.

Histoire d’une vie. Histoire d’une expérience. Sept ans de Muzdalifa House à Moroni. Une expérience partant du désir d’expérimenter culturellement et de construire une parole citoyenne, dans un paysage où le déni et le mensonge l’emportent sur la nécessité et l’urgence de tenir face à l’adversité. Il n’est pas excessif de penser ou de dire qu’aux Comores, la scène culturelle s’est longtemps fourvoyée. Dans le conservatisme et la complaisance. Intellectuels, artistes ou poètes, ils sont nombreux à se laisser happer par les contingences de la survie et à s’asseoir sur leurs convictions premières, afin de s’assurer une existence, de s’offrir une reconnaissance ou d’arracher un bout de privilège. Les guichets culturels ayant pignon sur rue négocient leur soutien contre un silence organisé autour des tragédies d’archipel, et nombre de créateurs ou de leaders d’opinion choisissent de pratiquer l’évitement dans leurs relations avec l’autorité. Le guichet le plus payant étant celui de la représentation culturelle française (1) dans le pays, la critique sur les questions de domination ou de relation coloniale – sauf exception – est quasi inexistante, bien que ce soit l’une des problématiques les plus prégnantes du paysage. Pour un cachet de quelques milliers de francs, une invitation à un événement national, une subvention européenne ou encore un simple visa délivré au consulat de l’ambassade de France à Moroni, les acteurs culturels apprennent à se taire. Ce qui finit par compromettre les contenus eux-mêmes. Les enjeux sont souvent énormes, et beaucoup d&rsq...

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