Édouard Glissant : l’infinie passion de tramer.

Édouard Glissant a consacré un texte court, mais important, à Michel Leiris. (1) où il écrit : Le réel est totalité qui sans fin se trame. La passion de Michel Leiris sera de déchiffrer cette trame et d’en donner un équivalent poétique, mais non pas à tout venant : à chaque recoin où il avait chance de se surprendre, en tous lieux où il se trouverait impliqué à l’Autre, par toute parole qui mettrait en jeu ce rapport. (2) On fera rapidement cette première remarque, évidente, qu’à bien des égards ce que dit ici Édouard Glissant de la « passion de Michel Leiris » pourrait s’appliquer tout aussi bien à la sienne propre dont se soutient son œuvre infinie de tramer. On notera surtout, justement, l’importance de cette notion de la « trame ». Ce que Glissant trouve de remarquable chez l’auteur de L’Afrique fantôme est, dit-il, une « minutie dans l’observation » dont le résultat évite deux écueils qui sont, d’une part, celui de la pure fragmentation, « la vision fragmentée du réel », et de l’autre celui de « la théorie généralisante » ou de « l’universel généralisant ». L’attention minutieuse donc, qui sait écouter les choses (et Édouard Glissant de rappeler ici la parole de Claudel – « l’œil écoute », p. 207) ne conduit pas à une simple énumération de fragments empilés en un chaos mort, qui n’a donc rien à voir avec le chaos-monde continûment proliférant. Elle ne succombe pas non plus à l’impatience théorique de vite se donner un universel...

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