Le son ontologique des théâtres noirs contemporains

Le théâtre du monde noir retrouve de plus en plus ses racines musicales, avec des créations où acteur et musicien se retrouvent en scène pour un dialogue inouï qui convoque avant tout un travail acoustique et poétique. Bien sûr, ce travail a à voir avec l’oralité, mais une oralité traversée par le blues ou le jazz, une oralité chargée d’histoire douloureuse que seule la musique a aidé à dépasser et à transcender vers une conception du monde renouvelée et dénuée de rancoeur, confiante au contraire dans les pouvoirs d’une humanité capable aussi du meilleur.

Cette fraîcheur, cette foi en un avenir toujours possible quels que soient les stigmates du passé, c’est une thématique qui traverse les textes contemporains. On se souvient de Jaz de Koffi Kwahulé, mis scène en juillet 2003 par Serge Tranvouez au Lavoir Moderne Parisien et le magnifique duo de Paya Bruneau avec le contrebassiste Eric Vinceno. Jaz qu’un viol a amputée d’une part d’elle-même se reconstruit finalement dans la musique du récit qui la libère et lui permet de remodeler les contours d’elle-même et peut-être d’entendre à nouveau sa musique intérieure. Cette musicalité réparatrice, reconstructrice, quasiment ontologique est aussi au coeur du travail du Groupe 3.5.81 qui a repris ce texte avec Dominique Paquet et le saxophoniste Yann Baltzer en Avignon off cet été dans une mise en scène de Patrick Simon. Au printemps 2004, on a pu assister à la fondation Dapper, grâce au Théâtre du Grand Large (1) à un échange tout aussi musical av...

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