La Nouvelle Chose française

De Nimrod

Nimrod nous propose ici une réflexion sur le statut de l’écrivain francophone, terme qu’il abhorre parce qu’il est plus affaire de politique et d’hégémonie culturelle que de poétique et d’écriture : “Il faut dire que la France est peut-être le seul état au monde à fonder sa cohérence et son appartenance sur une langue, et plus que sur cette langue, sur la littérature produite par cette langue. (…) Or non seulement la littérature africaine de langue française est née en France (…), mais c’est toujours en France que son marché est – et de loin – le plus viable.” (21-22) Il nous rappelle ainsi, dans ce traité sur le “Commerce de l’imagination I”, ce que dénonçait à sa manière Pascale Casanova dans La République mondiale des lettres : la littérature francophone n’est qu’un genre périphérique, à la frontière de la littérature française qui fait de Paris cet “arbitre du bon goût” (1), faisant “payer l’octroi d’un permis de circulation universelle” (2). La francophonie est en cela blâmable qu’elle est cette étiquette commerciale qui permet à tout écrivain africain de se faire connaître sur un marché français qui édicte ses règles. Et Nimrod d’ajouter plus loin : “Je ne possède en propre que le français que j’écris. Nul ne me dictera ce que je dois en penser.” (48) Il promeut une parole libre, individuelle (68), débarrassée de sa gangue géopolitique (47) et de ses revendications historiques, chape de plomb qui pendant longtemps a enfermé la litt&...

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