Tragédie et utopie chez Kossi Efoui

À l’origine de cette étude sur le théâtre de Kossi Efoui se trouve une hypothèse, formulée à la fin de ma thèse de doctorat (2) sur l’écriture-jazz de Koffi Kwahulé. Inspirée par la pensée de Paul Gilroy dans L’Atlantique noir, lequel voit dans la musique afro-américaine l’expression sans cesse réitérée d’un espoir en un avenir meilleur, j’y suggère que les écritures contemporaines de la diaspora, et en particulier celles de la diaspora noire, sont traversées par ce que l’on pourrait appeler un élan utopiste. L’intention de Kwahulé – l’exigence, irréalisable, d’écrire du jazz – tout comme la posture qu’elle sous-tend sont utopiques : son théâtre est une interrogation sur la possibilité d’un monde radicalement autre que celui dans lequel nous vivons, régi par une organisation économique et politique qui annule et abîme les conditions d’un vivre-ensemble : le capitalisme mondial.

Et quand il demanda aux randonneurs de raconter ce qu’ils avaient vu là-bas, de leur côté du voyage, ils répondirent : On n’a rien vu. Mais tout le monde dit que c’est droit devant. Kossi Efoui, Volatiles (1)

Les consonances esthétiques, philosophiques et politiques, très fortes au demeurant, entre les œuvres de Koffi Kwahulé et de Kossi Efoui invitent à rechercher la présence de cet élan utopiste chez le second. Interrogation de prime abord surprenante lorsque l’on considère le titre de sa derni...

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Kossi Efoui et Virginie Soubrier, Musée Dapper, 2010
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