Une rage envers les monuments

La destruction volontaire des monuments est un acte aussi ancien que le temps où l’homme a été en mesure de bâtir des monuments. Les quinze dernières années constituent en cela une incroyable escalade dans la désacralisation de grands ouvrages architecturaux – de la démolition des statues de Bouddha deux fois millénaires à Bamiyan, par les talibans, au crash des avions sur le World Trade Center, en passant par la dévastation des bibliothèques et musées en Irak et en Égypte. Au cours de ces dernières semaines, les rebelles du Nord-Mali, armés de haches, de pelles et d’autres armes, ont détruit des monuments constitutifs du riche patrimoine culturel et religieux malien, dégradant jusqu’à la porte d’une mosquée du XVe siècle, à Tombouctou.

Ces destructions, qualifiées de “profanes” ont provoqué une très forte indignation. Vivement condamnées, elles ont même été qualifiées de “crimes de guerre”. La destruction du patrimoine culturel et religieux, garant des valeurs spirituelles d’un pays qui est souvent considéré comme un modèle de démocratie dans sa région, a été énormément médiatisée. Généralement, les discussions se sont concentrées sur l’Islam et la déplorable appropriation qui en est faite par al Qaida (1). D’un côté les spécialistes, intellectuels et historiens décrivent des rebelles ayant méthodiquement planifié un sabotage de l’héritage historique et du patrimoine, de l’autre ces rebelles sont décrits comme des ...

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Les images de l'article
Jean-Pierre Houël - La Bastille dans les premiers jours de sa démolition
© DR
Ground Zero en 2005
© Wokimedia Commons
Le grand Bouddha de Bamiyan en 2001
© Wikimedia Commons
Kwame Nkruma Memorial Park
© Sorbus sapiens, 2011
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