Babel, Babylone

De Nimrod

Babel, Babylone, du poète tchadien Nimrod, vient d’être sélectionné pour le prix des Découvreurs 2011-2012. Nimrod – à la fois romancier, essayiste et poète – vit en France où il enseigne la philosophie.

Peut-être qu’il ne sera pas si facile de saisir l’unité de Babel, Babylone, qui pourra de prime abord donner l’impression d’un recueil construit d’ensembles disparates où l’évocation lumineuse d’une Afrique ancestrale se trouve conjuguée à celle d’une capitale méconnaissable, encombrée, comme engorgée, de désespoir et de plastique. Où, à la lumière qui monte des territoires éloignés de l’enfance tchadienne, répond la neige heureuse tombant d’un ciel du Michigan. Où des maisons se superposent. Des temps. Des émotions. Des figures. Où l’amour affronte la détestation. Et où enfin le vers modifie constamment son allure, tantôt court, tantôt ample jusqu’à devenir verset et se répandre même en de longs blocs de prose. L’épigraphe empruntée à Aimé Césaire fournira à la réflexion du lecteur un premier point d’appui. Misère et joie. C’est par l’évocation de cette misère indissociable de la joie que s’ouvre en effet le recueil. Retrouver la ville de ses jeunes années, peuplée de tant de souvenirs magiques mais que les divisions, les convoitises de ses dirigeants, ont avili pour en faire une ville poubelle qui se traîne désespérément ôtant “jusqu’au désir / d’ha...

Connectez-vous pour lire la suite de l'article...
Si vous avez déjà un compte client sur Africultures vous pouvez saisir vos paramètres d'identification :

Si vous n'êtes pas encore abonné à la revue AFRICULTURES, vous pouvez le faire en cliquant sur Adhérer.
Les images de l'article
Couverture de Babel, Babylone
Partager :

Laisser un commentaire